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 Kilian ∞ Perhaps it is on these levels that moons and comets meet, fables and seas

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MessageSujet: Kilian ∞ Perhaps it is on these levels that moons and comets meet, fables and seas   Jeu 6 Mar - 6:04



Kilian Davis
"Perhaps it is on these levels that moons and comets meet, fables and seas"



date & lieu de naissance ∞ 10 juin 1985. ; âge ∞ 28 ans. ; nationalité & origines ∞ Néo-Zélandais ; métier ∞ Pilote de ligne ; orientation sexuelle ∞ Hétérosexuel. ; Situation amoureuse ∞ Papa poule, ou peu s'en faut. ; dans ton ipod ∞ Madness - Muse. ; groupe ∞ Spicy.; crédit ∞ Tumblr. ; célébrité ∞ Heath Ledger


Caractère
J'ai l'sang chaud, p't'être de vagues racines italiennes qui font surface à certains moments. Disons qu'il faut pas m'chercher, j'cogne assez facilement. Qu'des p'tits merdeux s'en prennent à moi ou ceux qu'j'aime, c'la même chose, et généralement ils comprennent assez bien la leçon. J'commence jamais la bagarre, mais j'la termine assez bien. Et encore, c'rien par rapport à c'que ce fut quand j'étais plus jeune, j'me maîtrise maintenant, et j'cogne d'autres trucs. Des trucs qui craignent moins. Là où j'pourrais devenir vraiment dangereux, façon Liam Neeson dans Taken, c'est si on s'en prend à Kieran, Iloa, Jillian ou Antho. Un poil surprotecteur, surtout avec mon petit frère qui a failli y passer. Il est la seule famille qu'j'ai. 'fin, y'a papa évidemment. Mais à part lors de ses nombreux mariages (et divorces), j'le vois pas tellement. Pour lui dire quoi ? Avec Kieran, on s'marre bien. On fait des paris, sur le temps qu'va durer sa prochaine relation. J'suis souvent trop optimiste malgré tout, et c'est Kieran qui gagne bien souvent. C'pour ça que Kieran et moi, on est c'qu'on est. On enchaîne les conquêtes. Et on s'attache pas, jamais. Et on s'marrie pas, jamais. On profite d'la compagnie féminine pour c'qu'elle a à nous offrir et c'est tout. L'engagement, ça m'fait peur. L'amour aussi. Mais on s'en fou, puisque j'ai jamais été amoureux. En revanche, ma technique de drague est au point. Et ça marche à tous les coups, ou presque. Des regards, une approche indirecte, une belle gueule, des sous entendus et paf, c'partit. Mon égo ? Il s'porte bien, merci. Entre nous, il faut être réaliste. Et la fausse modestie, ça a l'don d'm'agacer. Et puis j'connais mes limites. J'suis pas parfait. Pas loin, mais pas parfait. J'connais les moments où j'dois faire profil bas, et ceux où j'dois m'imposer. Ces derniers sont plus nombreux, c'est vrai. J'ouvre souvent ma gueule, j'donne opinion, même si on m'la demande pas. Grande gueule ouais, ça m'ressemble bien. En même temps, il est rare que j'aime parler d'moi, ou des sujets difficiles. J'tourne tout en dérision, comme la fois où j'suis allé retrouver Kieran à l'hôpital. J'pas pu m'empêcher d'faire de l'humour. C'ma façon à moi d'faire passer la pilule plus facilement. Et y'a Tobby aussi, mon chien. J'l'aime comme un membre d'ma famille. Il vient courir avec moi chaque matin. C'le seul animal que j'supporte. Même quand il chie dans l'appart'. C'pas facile d'avoir un animal alors qu'j'suis souvent obligé d'partir pendant quelques jours, mais Kieran est là pour prendre la relève quand j'ai b'soin. Et il me tient compagnie, quand j'ai b'soin d'être seul. J'suis fêtard, c'est vrai. Mais j'ai aussi envie d'me retrouver tranquille par moment. Seul, sans personne. Et dans ces moments là, j'aime pas être dérangé. J'ai vécu seul trop longtemps pour supporter d'vivre avec quelqu'un. J'suis vraiment invivable comme mec en fait.


Manies
Ouais j'suis pas parfait. J'suis un mec quoi. Mais j'pense que j'suis un modèle si on doit se rapprocher l'plus possible d'la perfection. Y'a juste deux-trois manies à corriger. J'vais en faire la liste, ça ira vite.

• J'me lève tôt tous les matins, pour aller courir. J'commence jamais la journée sans un footing matinal. Et j'termine jamais une journée sans faire la même chose. Avec d'la musique sur les oreilles, une serviette autour du coup. Tel Apollon s'élançant sur la vague. Ouais, j'suis très modeste aussi.
• Quand j'pars à l'étranger pour plusieurs jour, j'emmène toujours MON oreiller. J'arrive pas à dormir sans. Et ceux des hôtels n'sont pas comparables. Rien ne vaut mon coussin pour passer une bonne nuit.
• J'dors toujours seul. Passer la nuit en charmante compagnie, c'est une chose. Mais dormir à ses côtés en est une autre. Et qu'importe la nuit formidable qu'on vient d'passer, j'dors seul. J'prends d'la place, j'fais l'horloge. J'suis une plaie. C'mieux pour tout l'monde, vraiment.
• Bon, ça... J'baisse jamais la lunette des toilettes. En même temps, j'vis seul. Alors forcément, on pense plus vraiment aux filles qui passeraient après dans ces cas là. T'façon, aucune fille a jamais franchi les portes d'mon appart'. J'drague jamais dans les environs Irlandais. Question d'principe. Et ça signifierai passer après Marshall et ça j'veux pas.
• Comme j'vis seul, j'aime que tout soit propre et rangé. Attention, ça veut pas dire que j'suis maniaque ! Enfin... Pas trop. Juste c'qu'il faut. J'peux pas quitter ma chambre sans que mon lit soit fait, par exemple.
• Je ne jette rien. Enfin, rien d'utile. Ou qui peut l'être. Même si c'est cassé, ça peut s'réparer. J'aime bien bricoler d'ailleurs, essayer de tout remettre d'aplomb ! Bon, parfois c'pire qu'avant que j'fasse quelque chose, mais j'm'améliore ! Et en attendant, j'entasse les trucs dans un coin.
• J'me ronge les ongles. Mais dans la mesure où j'suis pas une fille qui ait besoin d'se faire une manucure, j'm'en tamponne le coquillard avec une patte de crocodile femelle.
• Pendant mon footing, j'passe toujours à la boulangerie et acheter la presse. Un bon p'tit déjeuner les journaux à la main, y'a qu'ça de vrai. J'en lis trois différents chaque matin : un local, un national, et un mondial. C'parfait pour se tenir informé.

Pour éviter d'frapper sur les gens, j'cogne des sacs. J'ai un peu essayé tous les types d'arts martiaux, pour canaliser mon énergie et m'défouler. Karaté, Judo... Seule la boxe a résisté et c'est ce sport que j'pratique quasi quotidiennement. J'ai même un sac de pendu dans mon appart', que j'frappe régulièrement. J'suis même déjà monté sur le ring, mais jamais en tant qu'professionnel. Pour avoir l'arcane de péter et bousiller ma belle gueule ? Faut pas rêver. D'une manière générale, j'aime le sport. Et je n'commence pas une journée sans un p'tit footing matinal. Pour garder la forme.
A côté d'ça, j'ai aussi des loisirs plus soft, comme la musique. J'ai commencé à apprendre l'piano avec le jazzman qui faisait des concerts dans l'bar du coin. Dès qu'il jouait, j'allais l'écouter, et il a pris pitié et m'a montré deux trois trucs. J'ai d'mandé à papa d'm'inscrire à des cours et depuis ça m'a plus lâcher. J'joue pas d'classique, il faut pas pousser. Et j'suis pas encore assez doué pour entrer au conservatoire de Dublin. Mais quand même. La plupart du temps, j'joue pour moi même. Mais il n'est pas impossible que j'prenne place sur l'estrade d'un bistrot et que j'me lance pendant des heures. Succès garanti auprès d'la gent féminine. Sauf que malheureusement pour elle, quand j'joue, je n'les vois plus.
Mais rien ne saurait surpasser mon passe temps préféré : faire la fête, emballer des nanas, et les emmener chez moi. J'ai vite compris comment il faut faire, et je ne m'en prive pas. Avec Antho et Kieran, on sort souvent picoler, ou montrer notre dextérité à remuer l'popotin en boîte. Antho est devenu très fort à ça, sûrement son entraînement en tant que strip-teaseur, quel frimeur. Faire la fête jusqu'au p'tit matin, ça n'a pas d'prix. Sauf celui à payer quand il faut s'lever pour transporter des passager de l'autre côté de l'Atlantique.
J'aime mon métier. J'aime voler. Et j'donne tout c'que j'ai pour réussir. C'pas pour rien que j'suis déjà commandant d'bord, alors que mon âge imposerai quelques années supplémentaire en tant que co-pilote. Mais j'suis l'meilleur, c'est comme ça. Et même quand j'suis pas d'service, j'vais à l'aérodrome du coin où j'ai mes entrées pour m’entraîner sur de plus petits bolides. J'ai jamais emmené aucune fille avec moi. D'ailleurs, elles connaissent pas grand chose d'ma vie à part la couleur d'mon dessus d'lit.
J'aime surtout passer du temps avec ceux qu'j'aime vraiment. Surveiller mon frère du coin d'l'oeil, embêter Jillian à son boulot, aller m'foutre d'la gueule d'Antho pendant qu'il se désape devant les filles, et emmener Iloa au parc pour bouffer une glace et faire les cons. Retour en enfance immédiat à ses côtés. Ça tombe bien, j'en ais pas eu moi, d'enfance, alors j'me rattrape. J'deviens incollable sur Charlotte aux fraises et Dora l'exploratrice.
Si j'joue pas mal aux jeux vidéos, c'pas pour autant qu'j'suis un grand fan de télé. J'peux y rester pour regarder deux ou trois bons films, mais les conneries qui passent sans arrêt à la télévision, c'peu pour moi. Y'a mieux à faire qu'de s'abrutir d'vant une émission à la con. Comme latter la gueule de thony à super smash bros brawl. Tout l'monde a ses péchés mignons.


Vie alternative
A Alternative, Kilian, il a pas eu autant d'chance. Suite à la mort d'sa mère, son père a sombré, et il a fini par coulé. Bye P'pa, bye la vie, b'jour la famille d'accueil. Des coups, il a continué à en prendre. Jusqu'à c'qu'il soit en âge d'en donner et qu'on l'foute à la porte. Pour s'en sortir, il a dû travailler. Il a enchainé les p'tits boulots, jusqu'à ce qu'il ait son diplôme en poche et qu'il puisse enfin grimper dans un avion et s'envoler, décoller, quitter l'sol et rêver un peu.
Puis il a rencontré Kit, aussi paumée qu'elle, aussi détruite, aussi seule. Ca les a rapproché, et ils ont fini par s'marier. Semblant d'bonheur, semblant d'famille. V'là qu'un chérubin est v'nu finir l'portrait d'famille. Mais Kilian a pris peur, et il est allé voir ailleurs. Souvent. En cachette. Loin. Les voyages à l'autre bout d'monde se sont multipliés. Mais l'bercail, il y retourne toujours. Et sa femme, il l'aime toujours. Il faut faire vivre sa famille, remplir les gamelles et faire semblant que l'bonheur, ça ressemble à ça.
Pour survenir aux besoins d'sa marmaille, Kilian s'est enrôlé chez les BD, main droite d'Marshall, il aide le trafique d'arme du gang en les embarquant en douce dans ses avions. Et ça rapporte d'la thune. C'tout bénef.



You, behind your computer
prénom/pseudo ∞ Aude/Ckyvi. ; âge ∞ Un an d'mois qu'l'année prochaine. ; Comment es-tu arrivé là ? ∞ Opération du saint esprit. ;  Je suis un ∞ inventé ; Que penses-tu du forum? ∞   ; Un dernier truc à dire? ∞ Les admins sont les plus belles *brosse dans l'sens du poil*. ;
Merci de remplir le code ci-dessous
Code:
<span class="bottin">Heath Ledger</span> ☪ <span class="pris">Kilian Davis</span>


©aslinn.


Dernière édition par Kilian Davis le Mar 11 Mar - 23:51, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Kilian ∞ Perhaps it is on these levels that moons and comets meet, fables and seas   Jeu 6 Mar - 6:06



This is my story
"For a kiss to be really good, you want it to mean something. You want it to be with someone you can’t get out of your head, so that when your lips finally touch you feel it everywhere. A kiss so hot and so deep you never want to come up for air. You can’t cheat your first kiss. Trust me, you don’t want to. ‘Cause when you find that right person for a first kiss, it’s everything."



21 mai 1995, Orphelinat de Christchurch
•••
•• Non ! Vous avez pas l'droit d'faire ça ! Vous pouvez pas nous séparer ! •• J'tiens la p'tite main d'mon frère dans la mienne, et j'la serre, comme si ça peut réussir à les coller l'une à l'autre pour toujours. Les grands, ils ont rien compris. Ils sont bêtes. Kieran, il parle plus d'puis c'jour là. Il reste collé à moi, alors vous voyez bien qu'on peut pas nous séparer. J'suis l'seul à pouvoir l'protéger. Et si y'avait pas les stupides règles des adultes, ben j'aurai pu m'en occuper tout seul. C'pas sur papa qu'on peut compter t'façon. Lui tout c'qu'il a réussi à faire, c'est d'nous amener là. Y'a une dame qui essaye de m'dire que j'ai pas l'choix, que ce sera pas long, qu'c'est juste le temps qu'papa arrête de faire des conneries. Enfin, elle a pas dit ça, mais c'pareil. J'traduis. Alors c'est l'père qui fait des bêtises et c'est les enfants qu'on puni ? C'quoi cette règle ? Quand j'ai tiré les ch'veux d'la fille devant moi en classe, c'moi qui suis allé au coin, pas mon papa. Mais quand lui il boit et qu'il a plus d'emploi, tout d'suite, c'nous qu'on vient chercher. C'pas juste. J'ai rien demandé. Kieran, il manquait de rien. Et moi non plus. Si maman était là, ça se serait jamais passé comme ça. Elle aurait jamais laissé faire ça. La dame fait un pas vers moi, et j'recule. Elle soupire. Elle me touchera pas, elle touchera pas un cheveux d'Kieran. Sinon, j'lui tire les cheveux à elle aussi. T'façon, d'puis qu'maman est plus là, on m'passe tout. Il paraît que j'ai des circonstances atténuantes. J'sais pas c'que ça veut dire, mais j'en profite. Mais pour rester avec papa, les circonstances, elles marchent plus. J'aime pas c'ton mielleux dans la voix des adultes. Ils m'parlent comme si j'suis malade. Comme si j'ai la peste. Comme s'ils pouvaient comprendre c'que ça fait d'retrouver sa mère baignant dans une mare de sang, et d'voir sa famille s'décomposer sous ses yeux. On a foutu maman dans une boite, puis tout droit au fond d'un trou. Et papa il s'est laissé aller, et nous a oublié. C'Kieran qui a trouvé maman. Moi, j'savais pas pourquoi il mettait autant d'temps à v'nir goûter. Mais j'ai vite compris. Maman avait accroché les numéros d'urgence sur l'frigo. J'savais c'que j'devais faire. Alors j'ai appelé papa, la police et les pompiers. J'ai pris Kieran par la main, et j'l'ai emmené dans l'salon en attendant les secours. Y'avait personne d'autre pour le faire, alors c'moi qui ait tout prix en charge. Les grands, ils disent que c'pas d'ma responsabilité, qu'j'suis trop jeune. Mais qu'est-ce qu'ils en savent ? Il paraît qu'c'est quelqu'un qui voulait se venger. Parce que maman elle avait pas réussi à sauver sa petite amie. Maman, elle est médecin. Elle était médecin. C'était trop bien, quand on était malade, elle savait toujours quoi faire. Mais elle a pas su quoi faire pour la dame, alors elle est morte. Et maman aussi, maintenant.

La dame parle avec un monsieur. Ils disent qu'ils vont nous placer dans une nouvelle famille. J'en veux pas d'leur famille en carton. J'en ais une de famille. Et j'ai une maison aussi. Et à côté d'ma maison, y'a la maison de Jillian. J'veux pas la laisser, elle non plus. Mais on nous abandonne dans une maison où y'a plein d'autres enfants. Des orphelins, comme nous. Sauf que moi j'ai Kieran, et Kieran il m'a moi. Tant qu'on restera ensemble, on s'ra toujours une famille. Mais il n'y a pas de places pour deux. Puis moi, j'suis un enfant difficile qu'ils disent. J'vais leur en donner du difficile. Kieran, c'est le premier à partir. Les traîtres. Ils ont attendu que j'aille aux toilettes pour le prendre. J'ai couru, j'ai hurlé, j'me suis débattu. Mais ils ont rien voulu savoir. Ils m'ont enlevé mon frère. Les salauds. Qu'est-ce qu'il va devenir sans moi ? Et moi sans lui ? J'espère que sa nouvelle famille est mieux qu'la mienne. J'leur ais piqué des crises, alors ils ont dit qu'ils allaient m'dresser. J'ai vite compris c'que ça veut dire. Ils m'donnent des coups. J'leur rend la monnaie d'leur pièce. Mais j'suis pas assez fort. J'suis qu'un enfant. J'veux être grand. J'veux être fort. Et j'veux pouvoir me défendre. Contre les coups d'cravache, les coups d'ceinture, les mégots d'cigarette et les poings. Surtout celui d'mon nouveau « papa ». Ça fait mal. Mon père, c'est p't'être pas un modèle de sainteté, mais au moins, il nous a jamais frappé. Il nous a juste oublié, et on crevait d'faim. Mais maintenant, j'crève de rage.

Avril 2001, Lycée de Christchurch
•••
Appuyé contre l'portail du lycée, j'donne un coup d'coude à Anthony et lui désigne d'un signe de tête un maigrelet qui essaye de passer en s'faisant tout p'tit. Mais ça marche pas, moi j'l'ai repéré, le p'tit Conrad. Rien qu'le nom, il était prédestiné. J'sais pas pourquoi, mais sa gueule m'reviens pas. La donne a changé, j'ai grandi, j'me suis musclé, et j'ai appris à donné des coups. Maintenant les baffes, c'moi qui les administre. D'un même pas, mon pote et moi on s'dirige vers l'encapuchonné. D'un accord tacite, Thony s'met à droite et moi à gauche. J'passe un bras autour d'ses épaules, alors qu'on passe d'vant la surveillante. •• Alors l'Amerloque, comment ça s'passe chez les indiens ? •• Thony lui retire sa capuche et ébouriffe ses cheveux. •• Hey faut pas être crispé comme ça, on va pas t'faire de mal ! On fait pas d'mal à nos copains. Pas vrai Thony ? •• Mon meilleur ami n'a pas l'temps d'répondre qu'la cloche signalant l'début des cours sonne. L'amerloque réplique rien. Il réplique jamais rien. Il subit en silence. Il devrait pas. Il devrait rendre les coups, et on s'foutrait sur la gueule comme avec les Shaw. Eux au moins, ils valent la peine d'être combattus. Des durs à cuir. On fait souvent match nul, et on fini par aller s'bourrer la gueule au parc du coin tous ensemble. C'pas méchant. On est juste des ados ayant b'soin d'se défouler. Et d'évacuer toute la rage accumulée pendant deux ans. Deux putains d'longues années avant qu'le padre s'reprenne, qu'il se remarie, et remette à flot son cabinet d'architecte. Il voudrait que j'fasse comme lui, mais construire des maisons, ça m'tente pas trop. Mes profs disent qu'avec mes notes et mon dossier, j'peux tout faire. C'est rempli d'possibilités ça, tout. •• On s'voit à la sortie, Conrad. Nous oublie pas ! •• Thony pars d'son côté et moi du mien. On suit pas les mêmes cours. J'ai pris des options renforcés pour me donner encore plus de chances. Plus de chances pour quoi, j'sais pas trop. Mais on m'a proposé, et j'ai dit ok. Les cours, c'la seule chose qui me maintenait la tête hors de l'eau quand j'étais chez cette famille d'connards. L'école, c'facile. On t'pose des questions et il suffit que tu donnes la bonne réponse pour gagner. J'aime ça, gagner. Et en cours, c'est facile.

J'tapote le rebord de la table avec mon stylo, en regardant ma montre toutes les cinq secondes. Putain c'est bon, on a tous compris c'que c'était qu'un logarithme décimal. Sauf la prof, visiblement, qui se sent obligée d'nous fournir encore une dizaine d'exemples avant qu'la cloche sonne la libération. J'referme mon classeur que j'foure pèle mêle dans mon sac à dos. Une fille d'la classe s'approche timidement. J'crois qu'elle est « populaire ». Mais c'qu'il peut bien s'dire ici, j'men soucis comme d'ma première paire de chaussette. Une soirée, pour son anniversaire ? J'hausse un sourcil. En quoi ça m'concerne ? J'la connais même pas, pourquoi j'irai ? Elle m'propose d'amener l'grand brun avec moi. J'suppose que c'est Thony. •• Ouais, j'lui demanderai. •• En attendant, on a d'autres chats à fouetter avec Antho. J'le rejoins sur l'muret d'la cafet', notre endroit. On est à l'abri des endroits indiscrets, au moins. J'sors un paquet d'clopes piqué au père et une boite d'allumettes. J'sais pas pourquoi j'ai commencé à fumer. J'ai vu les grands l'faire, et j'me suis dit qu'ils avaient l'air cool. Alors j'ai fait pareil. Et finalement, ça m'calme. J'tire une bouffée, j'avale, j'recrache. C'est presque machinal. La première fois, j'ai failli m'étrangler à cause d'la fumée. Mais maintenant, ça m'parait aussi inoffensif qu'du p'tit lait. J'bois pas d'lait. J'bois rien qu'du café. T'façon, y'a personne pour m'dire quoi qu'ce soit à la maison. La vieille, c'pas ma mère, elle a rien à me dire. Et l'autre, il est jamais à la maison. Dès que j'ai l'âge, j'me tire. Avec Antho, on va devenir colocataire. On aura plus d'comptes à rendre à personne. Kieran s'amène, j'écrase ma clope à toute vitesse. •• Qu'est-ce que tu fous là ? Tu sais bien qu't'as pas l'droit d'venir ici ! Casse toi. Tu dois pas être au tennis, toi ? •• J'le repousse violemment, mais j'ai pas l'choix. J'veux pas passer mes nerfs sur lui, il mérite pas ça. On a été séparé, on a changé. Kieran, il sait pas c'que c'est. Il sait pas c'que ça fait. Il moufte pas, il fait rien qu'dégager. J'respire enfin, échangeant avec Anthony un regard éloquent. C'pour ça qu'c'est mon pote. On a b'soin d'se parler pour s'comprendre. C'est l'seul, le seul qu'est là pour moi. On s'en est collé des droites, avant de devenir inséparables.

On sort du trou, à la recherche d'l'amerloque. Mais il est pas là. Il est nul part. Dans aucune de ses planques habituelles où il se terre comme un rat. Il paraît qu'il se sentait pas bien, qu'il est rentré chez lui. J'ai jamais loupé d'cours. Même à moitié mort, j'viens toujours à l'école. Parce qu'au moins ici, ça peut pas être pire qu'à la maison. Mais lui, il est pas revenu. Ni le lendemain. Ni d'toute la semaine. Et la semaine d'après, il était toujours pas là. Jusqu'au jour où l'dirlo entre dans la classe, la mine déconfite, le regard sévère. Le Conrad, il est mort. C'pas un accident. Il s'est suicidé. J'regarde Antho, les yeux écarquillés. Putain, qu'est-ce qu'on a fait ?

Juin 2005, Christchurch
•••
•• C’qui la nana qui parle avec mon père ? •• Grande, blonde et probablement toujours lycéenne, ou à peine diplômée. •• M’dites pas qu’c’est ma future belle-mère. •• Il va les chercher dans l’bac à sable maintenant ? D’plus en plus jeune, c’pas possible. Il veut à c’point se sentir rajeunir ? Ca n’sert à rien d’toute façon j’sais déjà comment ça va s’terminer pour elle. Il vient d’essuyer son troisième divorce d’puis la mort d’maman alors… Elle n’fera pas long feu non plus. Tout c’qu’il réussi à faire c’est d’dilapider son fric en mariage puis en pension alimentaire. Il a passé les cinquante balais et il est toujours pas capable d’avoir une relation durable. T’parles d’un exemple, et après on s’permet d’me faire la morale. Moi au moins, j’compte pas m’marier. •• La nouvelle stagiaire. Elle est là pour quelques mois j’crois. •• Tiens donc, et elle a eu la chance d’avoir été accepté dans l’cabinet du père ? M’est avis qu’elle doit ça à son tour d’poitrine plutôt qu’à la qualité d’ses plans. Mais mon père s’cachera bien d’me l’avouer. J’oublie toujours à quel point il peut être renommé dans son métier. Mais c’vrai qu’après la mort d’maman il s’est lancé à corps perdu dans son travail. J’suppose qu’il avait pas d’autre but dans la vie, s’lon lui. Il a juste oublié qu’il avait deux gamins à la maison qui attendaient qu’il rentre l’soir. Ah ça non on a jamais manqué d’rien, à part d’une figure parentale p’t’être. Il s’attendait surement à c’que j’prenne la relève en tant qu’aîné. Ou Kieran, vu qu’j’ai choisi une autre voie. Mais aucun d’ses deux fils n’s’est montré intéressé par l’Architecture. Un bien grand mot quand on sait qu’il suffit d’caser trois chambres et une salle de bain dans quatre-vingt mètres carrés. N’importe quel abruti saurait faire ça. Enfin, l’père mieux qu’les autres faut croire, vu l’argent qu’ça ramène.

La blonde et l’padre s’avancent vers moi, toujours en discutant. Juste assez longtemps pour m’laisser finir d’la reluquer et d’me dire que si l’père n’en veut pas, moi j’cracherai pas d’sus. •• Kilian, je te présente Arizona Williams. Elle va rester parmi nous pendant deux mois, pour que je lui apprenne les ficelles du métier. Arizona, mon fils, Kilian.Enchanté. •• P’tit signe de tête, j’prends pas la peine de lui serrer la main. J’suis à deux doigts d’lui sortir que moi, j’lui apprendrai bien autre chose. Mais l’paternel m’reluque et j’suis pas certain qu’elle apprécie. Beaucoup trop prudes les nanas d’aujourd’hui. •• Je sais qu’on devait déjeuner ensemble mais ça ne t’embête pas qu’elle se joigne à nous ? •• Si ça m’embête d’avoir une sirène à table plutôt que de devoir discuter en tête avec mon père ? Probablement plus suspendu à son téléphone qu’à c’que j’pourrai bien avoir à lui raconter. Non vraiment j’vois pas pourquoi j’ferai l’difficile là. •• Pas du tout, t’fais c’que tu veux. •• Pis j’le connais c’pas comme si d’façon j’avais eu mon mot à dire hein. Il fait toujours c’qu’il lui chante, simple formalité d’me demander mon avis. J’me dis qu’au moins j’aurai pas perdu un déjeuner. C’salopiaud d’Kieran devait s’joindre à nous mais il s’est défilé au dernier moment. J’ai vraiment horreur d’être en tête à tête avec mon père. Tout simplement parce qu’au fond, on sait l’un et l’autre qu’on a rien à s’dire. On a jamais rien partagé, jamais rien échangé et c’pas maintenant que ça risque de commencer.

Ceci étant, j’aurai peut être mieux fait de m’éclipser pour les laisser en tête à tête. C’clair qu’on fait pas parti du même monde et ça commence à m’emmerder sévère de les entendre parler d’architectes illustres dont je n’ai que faire. Mon père a des rayons entiers de bouquins à leurs sujets, qu’il passe des heures à regarder et analyser pour « s’inspirer ». Il passe plus de temps avec eux qu’avec Kieran et moi, d’ailleurs. J’ai tout juste eu l’temps d’placer que j’vais avoir mon premier vrai cours d’pilotage la semaine prochaine qu’il est déjà repassé à sa voisine de table, lui demandant qui de Le Corbusier ou Franck Lloyd Wright elle préfère. Tête d’ampoule. J’sais pas si c’est qu’elle est réellement admirative ou simplement intimidée mais elle boit ses paroles et lui répond avec un certain enthousiasme. Feint ou pas d’ailleurs mais si c’est l’cas elle est très bonne comédienne. J’suppose qu’elle doit s’tenir à carreaux, après tout c’lui qui décide d’son avenir ou non là. La pauvre elle sait pas dans quoi elle s’embarque. L’téléphone du père fini par sonner – ç’m’étonne qu’il ne l’ai pas fait avant – et il s’lève pour aller répondre plus loin dans l’restaurant. La blonde s’adresse à moi pour la première fois d’puis l’début du repas. Exploit. •• Il est tout le temps comme ça ou c’est exceptionnel ? A ce rythme là, je ne dors plus pendant dans deux mois ! •• Si elle savait… •• Et au risque de te décevoir ça ne fait que commencer. •• J’ajoute en ponctuant ma phrase d’une grimace sévère. J’la plaindrai presque. •• Tu sais, il y a d’autres moyens plus amusant de se tenir éveillé la nuit, si jamais ça t’intéresse… •• J’sais pas si elle saisira l’allusion mais j’tente ma chance. Ceci dit elle n’a pas le temps de saisir la perche que le patriarche est déjà de retour. Mais bizarrement, ces quelques mots échangés ont tout changé et même si la conversation orale s’établie toujours entre Arizona et mon père, nous ne nous lâchons plus des yeux. C’presque à se demander si j’ai pas fait couler la sauce d’mon rôti sur le menton. Quelques fois, elle me lâche une grimace ou un soupire pendant qu’il parle, dissimulé évidemment et perceptible uniquement d’ma personne. Evidemment, j’éclate de rire. Ce qui n’est pas au goût du père. •• J’ignorai que le mouvement De Stijl pouvait être aussi amusant, il faudrait peut être me dire quelque chose que j’ignore, Kilian. •• J’grommelle une excuse et la conversation repart. En l’espace d’une heure et demie (montre en main) ils ont refait l’histoire de l’Architecture du 20ème siècle à eux tout seuls. Balèzes. On demande l’addition et mon père se lève. •• Tu ne nous en voudras pas Kilian ? On a rendez vous sur un chantier il faut qu’on te laisse. •• Pas d’problèmes, pas trop l’choix. J’vais rentrer à mon studio et m’regarder les derniers épisodes de Friends. Et ouais, c’beaucoup moins studieux que ce qui l’attends elle. Mon père est le premier à sortir du restaurant pendant qu’elle prend tout son temps à enfiler sa veste. Et dès qu’il est hors de vue, elle me glisse un bout d’papier dans la main accompagné d’un clin d’œil. Son numéro de téléphone accompagné d’un Appelle moi ! suivi d’un petit cœur. Certainement que j’vais l’faire. Et pas plus tard que tout de suite. J’sors mon téléphone et j’m’empresse de lui envoyer un sms. •• T’es libre ce soir ? ••

Aout 2005, Christchurch
•••
•• Je me suis occupé de tout, elle ne te causera plus de problèmes. •• J’suis prostré dans son bureau, la tête dans les mains, les coudes reposant sur mes g’noux. Mais j’me relève en entendant mon père, intrigué. Comment ça « il s’est occupé de tout ? ». C’pas c’que j’avais demandé, qu’est-ce qu’il a fait ? •• Comment ça ? Tu lui as dit quoi ? •• Il m’regarde, comme si il comprenait pas ma question. Quoi j’suis pas assez clair p’t’être, j’demande c’qu’il a fait c’tout. J’ai encore l’droit d’savoir. Si j’suis venu lui demander son aide, c’parce que j’étais paniqué, j’savais pas quoi faire. J’suis pas assez mature pour m’lancer dans c’genre de responsabilités. •• Et bien je l’ai mise à la porte, voilà ce que j’ai fait. Tu t’attendais à quoi ?Tu l’as quoi ? •• J’suis ahuri. J’m’attendais pas à ça. Certainement pas à ça. J’suis pas venu le trouver pour qu’il la foute dehors, j’suis v’nu l’trouver pour qu’il m’éclaire, du haut de ses cinquante balais et de ce que je croyais être une certaine forme d’sagesse. J’me suis bien gouré, comme d’hab’. Il n’pense qu’à lui, pas à moi ou à c’que j’veux. J’voulais juste des conseils, pas lui causer des problèmes. •• Quoi ? Ne me regarde pas comme ça ! C’est ce que tu voulais non ? C’est pour ça que tu es venu me voir. Ne t’inquiète pas pour elle, je lui ait donné dix mille dollars et je lui ai validé son stage. •• Ce que je voulais ? CE QUE JE VOULAIS ? Il pense vraiment que c’est ce que je voulais ? Ce n’est pas ce à quoi je m’attendais, non. Ce stage, elle en rêvait. Je le sais parce qu’elle me l’a dit. En trois mois, on a eu le temps d’parler, d’s’échanger des choses. J’ai même eu l’temps d’m’attacher, contre toute attente. Un pote m’a dit une fois qu’il savait qu’il était amoureux d’une fille quand il mettait des capotes avec les autres. Ça d’vait être mon cas alors, sauf qu’un préservatif j’aurai du en mettre avec elle aussi, parce qu’on en serait pas là aujourd’hui. •• Quoi, qu’est-ce qu’il y a ? T’as vingt et un ans. Qu’est-ce que tu voulais que je fasse ? La laisser gâcher ta vie ? Tu me remercieras plus tard. Ce n’est qu’une fille comme il y en a tant d’autres, tu trouveras vite quelqu’un pour la remplacer. •• J’en veux pas, j’veux personne d’autre. C’con de dire ça, mais elle était différente. Différente de toutes celles avec lesquelles j’ai déjà pu avoir « une aventure ». Et m’dire que je n’la reverrai plus, que je n’sentirai plus sa peau contre la mienne, l’odeur de ses cheveux enfouis dans l’creux d’ma nuque… Elle me manque d’jà. J’me retiens fortement d’pas bouillir, d’pas exploser en hurlant à la face d’mon père toute la haine qu’il m’inspire à l’heure actuelle. C’est à moi d’réparer les pots cassés, j’aurai jamais du v’nir le voir dans un premier temps. Il en aurait rien su. •• Où est-ce qu’elle est ? •• Il hausse les épaules, l’air de rien. L’air d’dire qu’il en a rien à foutre. Elle aurait tout aussi bien pu sauter par la fenêtre. Il aurait récupéré son blé et l’problème serait quand même résolu. •• Je lui ai dit de partir, elle doit être loin à l’heure qu’il est. ••

Ni une ni deux, j’décampe du bureau et j’me lance à sa poursuite. Avec un peu d’chances elle est encore dans le bâtiment. Ça fait pas si longtemps qu’il est allé la voir, elle n’a pas pu s’envoler en l’espace de quelques minutes. J’dois la rattraper. Elle n’peut pas penser que c’est d’ma faute, elle n’peut pas penser que cette idée vient d’moi. J’veux continuer à la revoir malgré tout. Malgré c’qu’il peut en penser, j’en ai rien a faire. Première et dernière fois qu’j’le laisse savoir c’qu’il se passe dans ma vie. J’passe devant la secrétaire en trombe et j’vois sa crinière blonde sur le trottoir. Elle s’engouffre dans un Taxi qui vient de s’arrêter devant l’immeuble. •• Zoe ! •• Soit elle n’m’entend pas, soit elle m’ignore. L’un dans l’autre je n’arrive pas à temps et le taxi démarre. J’sors mon téléphone et j’tente de l’appeler. A la première tentative, l’téléphone sonne mais j’finis par tomber sur sa boîte vocale. Deuxième fois, j’entends directement sa voix qui m’dis de laisser un message. •• Arizona, j’suis désolé. J’voulais pas qu’ça s’passe comme ça j’te jure. Rappelle moi s’t’eu plait. J’t’aime. •• Je l’ai jamais dit à personne. A aucune fille. Mais là, j’en ai b’soin. J’ai b’soin d’lui dire parce que j’sens qu’sinon j’vais la perdre et j’veux pas d’ça. J’suis en fureur contre mon père, j’ai envie d’tout péter et j’espère qu’elle va m’rappeler. J’remonte les marches pour retourner dans son bureau. •• T’avais pas l’droit ! T’avais pas l’droit décider pour moi ! C’était à moi d’décider si j’voulais être avec elle ou pas, si j’voulais avoir c’t’enfant ou pas. Pas à toi. A MOI.Elle est pas enceinte, Kilian.Hein ? •• C’pas possible. Elle m’a dit qu’elle avait du retard. Ça veut bien dire c’que ça veut dire. J’suis sur que c’est encore un de ses mensonges pour m’faire croire qu’il est pas si terrible qu’ça. •• Elle est pas enceinte. Vous les gamins, toujours à mettre la charrue avant les bœufs. Elle a fait un test, elle est pas enceinte. Il n’y a rien d’autre à rajouter. •• Alors là j’comprends plus, si elle était pas enceinte alors pourquoi il l’a viré ? ça a aucun sens c’qu’il m’dit. Aucun. Sois cohérent avec toi même mec. •• Mais alors pourquoi t’l’as mis à la porte ?Pour toi ! Son contrat finissait dans une semaine de toute manière. J’ai fait ça pour toi. Vous n’auriez jamais du coucher ensemble dans un premier temps, c’est contre la politique du cabinet. •• Mais moi, je fais pas parti d’son cabinet d’architectes d’merde. J’suis pas soumis à ses règles. Il a pas su m’en inculquer en vingt ans d’vie et tout à coup il veut remporter la médaille du père idéal. C’rien qu’un merdeux. Il peut s’marier et divorcer avec qui il veut mais pas moi. •• Ah, parce que soudainement tu t’soucis de c’qui peut m’arriver ? Tu t’es jamais occupé que d’toi et ça aurait mieux fait d’continuer comme ça. ••

Novembre 2008, Christchurch
•••
Je la pousse d'une main sur le lit, alors qu'elle commence à déboutonner ma chemise en gloussant. Je la fais taire en posant mes lèvres sur les siennes. Pendant que ma main droite glisse le long de sa cuisse, remontant distraitement la jupe de son tailleur, la gauche repose sur le matelas de la chambre d'hôtel, prenant appui dessus. Je sens sa main frôler mon dos et je me raidis quand elle y plante doucement ses ongles. Pourquoi les femmes s'imaginent-elles toujours qu'elles doivent être à ce point sauvages ? Je m'apprête à détacher son soutien gorge quand la musique de Rocky résonne dans la pièce. La jeune fille se met à rire alors que je pousse un soupir à fendre l'âme, m'affalant à côté d'elle. Je roule sur le ventre, pour tendre la main vers la veste de mon costume qui traîne au pied du lit, à l'intérieur duquel se trouve mon téléphone. •• Ne réponds pas... •• Minaude-t-elle en déposant un léger baiser au creux de mon cou. L'idée est tentante, et j'songe un bref instant à écouter ses conseils. Mais la photo qui s'affiche sur l'écran de mon Iphone m'oblige à décrocher. Si Anthony savait que j'utilise cette photo pour l'illustrer dans mes contacts... Je repousse Sarah (ou est-ce Anna ? A moins que ce ne soit Clara...) d'une main tout en appuyant sur la touche verte pour répondre. •• Ici Kilian Davis, Dieu du sexe et de la débauche, celui qui tient une vilaine fille entre ses cuisses... •• Clara se fend d'un sourire et je regrette un instant d'avoir décroché. Qu'est-ce qu'Antho peut avoir à me dire qui ne puisse pas attendre une heure ou deux... ? •• Ça a intérêt à être important vieux, tu me coupes au pire moment, là. •• La fille s'approche à quatre pattes de moi et se relève sur ses genoux pour me masser le dos, en dévorant mon cou de baisers. Je la laisse faire, avant de me décomposer en écoutant mon meilleur ami m'annoncer la nouvelle. Putain, il me fait une blague, c'est ça ? Il est jaloux, encore une fois, que j'ai réussi à ramener une superbe fille dans mon lit pendant qu'il traîne dans un bar miteux. Je me lève, la chemise déboutonné, déboussolé en regardant par terre à la recherche de mes affaires. •• Il est où ? Il va bien ? Qu'est-ce qui s'est passé, putain ? •• J'attrape mon pantalon et je l'enfile à la va vite, ainsi que mes chaussures, sans même prendre le temps de remettre mes chaussettes. J'me trompe de pieds, je jure, et je recommence. •• J'arrive. •• Je jette le téléphone sur le lit, boutonne un bouton sur deux à ma chemise, et même pas dans les bons trous. Mais j'm'en fou. J'dois m'barrer d'ici, et vite.

L'autre essaye de me retenir, mais je ne l'entends plus, j'la vois plus. J'claque la porte et j'me tire. Puis je reviens, pour prendre ma casquette de pilote, et j'claque à nouveau la porte. Mais j'ai oublié les clés d'ma voiture, alors j'y retourne. C'quoi c'bordel ? Qu'est-ce qui lui est passé par la tête ? A quoi il pensait ce crétin ? Il peut pas me laisser seul. Il peut pas me laisser avec papa. J'ai besoin de lui. Je m'en rends compte maintenant. C'est une fois hors de l'immeuble, alors qu'le putain d'froid m'assaille que j'vois qu'j'ai pas ma veste sur le dos. Pas grave, on fera sans. J'veux pas faire marche arrière, il est peut être déjà trop tard. La caisse veut pas démarrer. Elle fait râle peu commode et pas son ronronnement habituel. Ah, ça vaut bien l'coup d'se payer des voitures de luxe si c'est pour qu'elles démarrent pas. J'frappe le volant d'mes poings rageurs, tourne une fois d'plus la clé d'contact, et enfin, elle prend son envol. J'ai bien du griller un ou deux feux, ignorer quelques panneaux d'signalisation, et m'garer sur une place réservée aux livraisons. Mais j'm'en care. On paiera l'amende. J'claque la portière d'la bagnole, sans prendre le temps d'la fermer et j'monte les marches de l'hôpital quatre à quatre. Antho est là, contre un mur. J'aime pas c'regard. Fais un sourire. Dis moi qu'tu t'es gouré. J'connais mon frère, il a pas pu faire ça. C'pas possible. On m'dis que j'peux pas l'voir, c'quoi cette connerie ? J'suis son frère. Évidemment que j'peux le voir. Mais non, j'reste là pendant des heures, dans cette salle d'attente toute blanche qui t'donne envie de t'exploser les phalanges contre les murs. J'me retiens d'pas exploser l'médecin qui m'dis qu'mon frère est dans un état critique. C'est un Davis, il est costaud, il va s'en sortir. J'peux enfin l'voir. Mais j'aime pas c'que j'vois. J'aime pas l'voir allongé, les yeux fermés, avec des tubes dans les bras. J'me laisse choir dans un fauteuil, pas très loin. Toute mon énergie est vidée, d'un coup. J'lui prends la main, comme dans les films. •• M'laisse pas Kieran. T'imagine si j'dois être l'seul témoin d'papa au mariage ? C'est l'horreur. J'ai b'soin d'toi. M'laisse pas. •• J'sens un truc qui coule. C'pas normal. Des larmes ? J'pleurs pas. J'ai pas pleuré d'puis que ces chiens galeux m'ont tapé d'sus pour la dernière fois. J'pose la tête sur le rebord du lit, sa main dans la mienne, et les larmes coulent jusqu'à c'que j'finisse par m'endormir. •• Kilian ? •• J'émerge tranquillement, n'sachant pas si ça fait partit du rêve ou si c'bien la vérité. Mais non. Il a les yeux ouverts. Et il m'regarde d'un air inquiet. P'tain, j'espère que j'ai pas une tête de con. J'passe une main dans mes cheveux, et j'esquisse un pâle sourire. •• Hey, t'aurai mieux pu choisir ton moment quand même. T'imagine pas la fille super sexy qu'j'ai du laisser pour v'nir te voir. •• Il est là, il est vivant. Jamais plus j'le laisserai tomber. Jamais.

Février 2013, Christchurch
•••
•• [...]Nous espérons que vous avez un agréable voyage avec notre compagnie et que nous vous reverrons sur nos lignes. Le commandant de bord et ses hôtesses vous souhaite un agréable séjour à Christchurch. •• Et blablablaaaaa. Dégagez. Si seulement on peut s'contenter d'voler, ça arrangerait tout l'monde. Pourquoi j'suis pas parti dans l'armée, d'jà ? Ah ouais, parce que les hôtesses de l'air sont sacrément plus mignonne qu'les militaires. Ceci dit, j'ai vite compris que mélanger vie privée et vie professionnel, c'pas la meilleure idée du siècle. J'm'en tiens à mes maîtresses inter-continentales. Une à chaque port, et pas d'jalouses. T'façon, elles connaissent les règles. J'suis pas là pour me marier et avoir une tripotée d'gosses. Avec mon métier, c'pas possible. J'compte sur Kieran pour me donner plein d'neveux auxquels j'pourrai apprendre à manier la batte de base-ball. En attendant, j'me contente de mener ma vie, et d'voyager à travers le monde. Ça, on nous avait pas menti. J'ai vu tout c'qu'il est possible de voir. J'ai survolé tous les océans, visité tous les pays. Et je vole, je vole. La liberté, ça n'a pas d'prix. Et c'est exactement c'que j'ressens en maintenant l'avion dans les airs. En attendant qu'les passagers sortent de l'avion, j'allume mon téléphone, dernier joujou apple acheté à bas prix au japon. C'fou les affaires qu'on peut faire dans les pays étrangers. Suffit d'connaitre les trucs. Et les japonaises, elle adorent te faire visiter leur pays. Et leur lit. Hum... C'est en songeant à ma dernière visite à Tokyo que j'vois un message s'afficher. C'est Jillian qui m'souhaite bon vol et m'demande quand j'passe la voir. Un sourire illumine mon visage sans qu'j'en prenne conscience, et on m'interrompt trop vite à mon goût pour m'dire qu'on peut bouger. J'prends ma valise de voyage, rajuste mes lunettes de soleil et sors de l'avion. Une petite voiture de transport nous attend au pied de l'escalier d'l'avion.

J'regagne ma caisse, une voiture rétro qu'Antho m'a aidé à retaper. J'l'ai acheté une bouchée d'pain, elle vaut cinq fois plus maintenant. Mais j'm'en séparerais pour rien au monde. Et l'bruit qu'elle fait quand j'tourne la clé d'contact, impayable. Allons emmener ma 'tite princesse en promenade. Elle et moi, c'pas d'la rigolade. Ça dure depuis presque quatre ans. Ma plus longue relation. J'aime tout chez elle : son rire, ses longs cheveux bruns, sa p'tite frimousse quand elle fait des conneries. Elle me guette à la fenêtre d'sa grande tante quand j'arrive et vient s'jeter dans mes bras à toute allure. J'la porte à bout d'bras, lui faisant faire l'avion. J'en profite, tant qu'elle est pas encore trop lourde, ou trop grande et qu'elle fasse sa crise d'ado et qu'elle veuille plus d'moi. •• T'as été sage ? •• c'la première chose qu'j'lui dis en arrivant, et la dernière chose qu'j'lui demande en partant. J'peux pas la voir autant qu'j'le voudrais. Mais toujours plus qu'sa mère, alors j'essaye de veiller sur elle. C'est la tentative de suicide de Kieran, qui a tout changé. J'ai vraiment compris qu'avec Antho, on a brisé une famille. Alors si j'peux me rattraper, j'le ferai. J'essaye en tout cas. Et ça commence par prendre soin d'Iloa. •• Tiens, c'est pour toi. •• Un souvenir du brésil, ma dernière destination. Sa chambre est remplie d'petits trucs que j'lui ramène de mes voyages. J'la considère pas pourrie gâtée. Ça compense c'qu'elle a pas. L'amour de ses parents. C'même pas ma fille. C'est celle de Shannon, la sœur de Lincoln, l'amerloque. Toutes les deux, j'essaye de faire c'que j'peux pour les aider. Bien sur, Shane n'est au courant de rien. D'ailleurs, c'est à peine si elle sait tout c'que j'fais pour elle. Mais j'veux pas. J'ai b'soin de rien, et surtout pas d'sa gratitude. Parce que j'la mérite pas. Si j'avais laissé son frère tranquille, elle en serait peut être pas là où elle est aujourd'hui. Shane est dans l'armée, et Iloa a pas d'père. 'fin, pas un qui veuille d'elle en tout cas, à part moi. Alors j'm'occupe d'elle dès que j'peux. Puis la gamine, elle a réussi à m'toucher mon cœur de pierre. C'la seule fille qu'j'aime vraiment. Dommage qu'elle soit si p'tite.

Après avoir dit bonjour à ses tuteurs (La sœur du grand-père d'Shane, à c'que j'ai compris. J'suis pas trop sur. Des ancêtres quoi...), j'l'embarque avec moi au parc, pour lui acheter une glace et la faire glisser sur l'toboggan. J'suis encore en uniforme. Mais j'm'en fiche. J'veux pas rater un seul moment en sa compagnie. T'façon, à Christchurch, j'ai qu'ça à faire. J'ai mis un point d'honneur à ne pas établir de terrain d'chasse là où j'habite. J'laisse la place à Marshall qui ma foi fait ça très bien. Même si j'le bas de deux filles pour le moment. Il s'ramolli l'vieux. J'pensais qu'il se remettrait jamais d'Lisbeth, mais c'était l'sous estimer, lui et son poireau. C'pas comme Thony qui déprime dès qu'sa belle le trompe. Je l'savais, que Kit était pas une fille pour lui. J'lui ais dit pourtant, mais il m'écoute jamais. J'consulte ma montre. Il va être 11 h en Afghanistan. •• Iloa ! On rentre ? Viens on va slyper m'man. •• Les fossiles qui lui servent de tuteurs n'comprennent rien à la technologie. Alors même pour appeler Shane qui vit à l'autre bout d'la terre, c'moi qui m'y colle. Heureusement que j'bosse dans un réseau d'transport fort commode. Ça m'permet d'lui trouver tous les billets d'avion dont elle a besoin dès qu'elle peut rentrer. Bien sur, elle sait pas d'où ça vient. Elle croit qu'c'est normal. Comme tout c'que j'lui envoi pour son confort personnel. Ouais ben, on fait c'qu'on peut hein. J'échange juste deux-trois banalités avec Shannon, on s'fout sur la gueule gentiment, et j'laisse Iloa en tête à tête avec sa maman. J'me poste dans l'entrebaillure de la porte, espionnant discrètement la conversation. J'ai hâte que Shannon rentre. Pour qu'Iloa passe du temps avec elle. Et pour la revoir.

Mars 2014, Christchurch
•••
Ça m’est tombé d’sus sans crier gare, sans que j’m’en rende compte, sans que j’puisse faire quoi qu’ce soit. Ça s’est installé à mon insu et quand j’m’en suis rendu compte, c’était d’jà trop tard. J’peux m’foutre d’la gueule d’Thony, d’juger sa relation avec Kit, j’sais bien qu’au fond j’suis pas mieux qu’lui. J’pensais dur comme fer qu’j’en avais rien à foutre, qu’c’était pas grave, qu’le principal c’était d’avoir Iloa avec moi. Shane est rev’nue, puis elle est r’partie. That’s all. Parmi toutes les femmes de c’monde, il a fallu qu’ce soit elle. Et pourtant, j’avais l’choix. Mais j’ai pris la plus chiante, la plus insupportable, la plus incontrôlable. Mais elle en a rien a foutre elle, puisqu’elle est r’partie. Alors j’fais comme si j’en avais rien à faire aussi. Jusqu’à c’que ça sorte, jusqu’à c’que ça explose. J’m’engueule avec Thony, et en plus d’la perdre elle j’le perds lui. J’enchaine les conneries, j’merde en tout, sauf avec la p’tite. Une fois Shane partie, j’l’ai prise avec moi. T’façon, elle avait déjà sa chambre, ses jouets, et la moitié d’ses affaires dans ma baraque. Il suffisait d’ramener l’reste et d’engager une nounou pour toutes les fois où j’étais dans les airs. C’me tue encore plus qu’avant d’la laisser, et j’fais tout pour passer un maximum d’temps avec elle. Quitte à m’embrouiller avec la majorité d’mes collègues dans l’espoir d’obtenir des congés pour noël. Chacun son tour, j’ai souvent laissé passer l’mien. Mais maintenant c’fini. Maintenant c’est elle et plus personne. Shane n’a qu’à rester là bas, et Thony n’a qu’a r’tourner avec Kit. Maintenant j’m’en fou d’tout ça.

©aslinn.


Dernière édition par Kilian Davis le Jeu 20 Mar - 3:58, édité 3 fois
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Oliver O'Reilly

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MessageSujet: Re: Kilian ∞ Perhaps it is on these levels that moons and comets meet, fables and seas   Jeu 6 Mar - 6:30

Kiki a un kiki riquiqui ! (JE T'AIME)   
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MessageSujet: Re: Kilian ∞ Perhaps it is on these levels that moons and comets meet, fables and seas   Ven 7 Mar - 3:02

    

*sort*
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MessageSujet: Re: Kilian ∞ Perhaps it is on these levels that moons and comets meet, fables and seas   Dim 9 Mar - 7:34

Kiki a un gros kiki !!!!! *sors*

MON MAMOUREUUUUUUX ! MA CÔTE DE BOEUF ! MON PESTO *-*
*fait plein de mamours puis se tire* Ouais faut pas pousser non plus, j'suis une Conrad ! x2 en plus, donc pour dire mon cas fini hein What a Face

Contente de revoir mon Kiki-tchou-tchou !    
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Louisianna Inch-Conrad

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MessageSujet: Re: Kilian ∞ Perhaps it is on these levels that moons and comets meet, fables and seas   Jeu 20 Mar - 8:34


Tu fais parti des nôtres

KIKI KIKI KIKI ! C'est Shane qui saute de joie ! Bon TMTC, j'kiffe ta fiche, ça n'a pas changé ! Et d'ailleurs, le dernier paragraphe ! BOUHOUHOUHOU ! Bref, t'es chez toi ! Have fun ! ( avec moi /zbam/ )

Tu es maintenant validé et membre à part entière de cet asile hum ce forum !

☪ Si ce n'est pas déjà fait, tu peux lire les annexes concernant le monde alternatif ou la Nouvelle-Zélande, ça peut toujours être utile. N'oublie pas de faire un tour du côté des intrigues pour te tenir au courant de ce qui se passe sur le forum

☪ Tu peux poster ta fiche de liens pour te trouver des partenaires aussi tarés que toi. C'est par ici. Tu peux aussi lister tes rp en te rendant

☪ Tu peux recenser le métier de ton personnage ici et si tu veux pas qu'il dorme dans un carton dans la rue, tu peux lui attribuer une maison par là-bas

☪ Tu peux désormais poster tes scénarios en les balançant là-bas

☪ Tu as une semaine pour poster ton premier RP

☪ N'oublies pas de signaler si tu dois t'absenter ! Sinon c'est la fessée ! Même si on sait que t'aime ça

Merci de remplir ton profil et surtout ta feuille de personnage qui peut s'avérer être super méga utile !

☪ Amuse-toi bien, petit membre ! Et si tu rencontres le moindre soucis, n'hésite pas, le staff est là

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