Partagez | .
 

 flanagan | same rules apply

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Eachan Flanagan

∾ Incantations : 8
∾ Avatar : j. mcavoy


MessageSujet: flanagan | same rules apply   Dim 27 Avr - 1:24



Eachan Cameron Flanagan
"try to be speechless for a minute"



Nom ∞ Flanagan ; Prénoms ∞ Eachan Cameron ; date & lieu de naissance ∞ 31 mars à Dublin, Irlande. ; âge ∞ Trente et un ans ; nationalité & origines ∞ De nationalités et d'origines françaises et irlandaises ; métier ∞ Psychiatre ; orientation sexuelle ∞ Pansexuel ; Situation amoureuse ∞ Marié. ; dans ton ipod ∞ Demons, The National. ; groupe ∞ sweet.; crédit ∞ header – happymacmaniac @ tumblr + icons – mcavoying @ tumblr ; célébrité ∞ James McAvoy


Caractère
Abordable. Boulot oblige, mais ce n’est pas qu’apprit en travaillant. Eachan est réellement quelqu’un facile d’approche. Certes, parfois il peut se donner un petit air, mais ça ne dure pas bien longtemps. Il ne s’agit que des restants de son éducation un peu élitiste qu’il a reçu durant son enfance qui, malgré son profond dégout pour ses géniteurs, lui colle à la peau.
Arrogant. Alors, là, voilà le véritable lègue de sa famille. Eachan est arrogant et il le sait. Est-ce qu’il essaie de changer la chose ? Aucunement. C’est son arrogance qui lui a donné les armes pour se rendre ou il est en ce moment – niveau carrière, du moins – alors il ne va certainement pas se départir de ce trait de caractère. De toute façon, les Flanagan Jr sont d’une arrogance élitiste. Si, physiquement, ils ne se ressemblent pas vraiment, on les reconnait d’un coup au caractère.
Brillant. Pas pour se vanter, mais Eachan a quelque chose entre les deux oreilles et il ne s’agit pas que d’un petit pois. Il est quelqu’un avec une grande culture générale – surtout littéraire – et son ouverture sur le monde l’aide, obligatoirement, à comprendre des choses qui échappent normalement à ceux qui restent assis sur leurs fesses.
Bordélique. Ça, c’est aussi un de ces problèmes. Il est un véritable champ de bataille. Il a toujours vécu dans un bordel organisé et ne voit pas l’utilité du rangement. Le rangement le rend complètement fou parce qu’il n’arrive pas à trouver la moindre petite chose. Quand tout est un bordel, il est chez lui et se sent physiquement et émotionnellement mieux.
Charismatique. Il sait, habituellement, parler aux gens. Il possède une voix et une prestance qui l’aide à réussir à faire passer le message escompté. C’est plutôt utile étant un psychiatre, les gens ont naturellement préférence à l’écouter plutôt que de faire fi de ce qu’il peut bien conseiller.
Charmeur. Ce n’est pas de sa faute : si l’on drague, il drague en retour. Après tout, c’est comme ça qu’il a rencontré son présent-mari. En fait, il ne flirt pas à qui veut bien l’entendre. C’est assez subtil, dans ce qui est omis et dans les actions et les mouvements.
Compétitif. Ahaha. Ça aussi, c’est dans ses veines. Toujours tenter d’être le meilleur… C’est plus fort que lui. Lorsqu’on le met au défi, il ne se défilera sous aucun prétexte.
Direct. Habituellement, dire son point de vue est quelque chose de tout à fait naturel à faire. Il n’aime pas quelque chose ? Vous le saurez pratiquement instantanément. Il fait difficilement dans la dentelle sur ce côté, mais il est de ceux qui pense qu’enlever le pansement d’un coup est mieux que d’y aller à petits coups.
Fier. Comme un paon. Il est ce qu’il est et si quelqu’un n’est pas content avec ça ? La porte est là, s’il vous plait, foutez le camp. Il n’a rien à faire à se justifier devant qui que ce soit pour ce qu’il est ou ceux qu’il fréquente. Il est libre de faire ce qu’il veut et de s’afficher avec qui il veut. Tout simplement.
Gourmand. Pour entrer facilement dans ses bonnes grâces, qu’un seul conseil : passer par son estomac. Il est un très bon critique culinaire et bouffe carrément de tout. Ou à une exception presque. Un restant de semi-traumatisme fait par ses parents qui imposait un régime strict et trop rigoureux à leurs enfants. Pour dire, il n’a jamais mangé de gâteau chez lui, lorsqu’il était gamin.
Observateur. C’est encore un peu à cause du boulot. Il a appris à observer les gens, à les analyser, à les comprendre que par les mouvements et ce qu’ils veulent réellement dire lorsqu’ils parlent. C’est une fonction qui se fait automatiquement chez lui. Sa première impression d’une personne dure tout le long de sa petite enquête visuelle.
Orgueilleux. Se référer à son orgueil, Eachan aussi à beaucoup de difficulté à avouer ses torts. C’est que, voyez-vous, il n’est pas censé se tromper, il n’est pas censé avoir faux dans une histoire ou une dispute. Il essaie, cependant, de ravaler la plupart des commentaires qu’il aimerait bien envoyer aux gens dans ces moments-là, mais voilà. Il lui arrive, de plus en plus, de s’excuser. C’est rare, mais pas impossible.  


Manies
◊ Il se ronge les ongles lorsqu’il est perdu dans ses pensées ou bien qu’il lit. Il mâchouille également le bout de ses stylos, sale tic.
◊ Il ne possède pas de permis de conduire. Ça n’a jamais fait partie de sa liste de priorités.
◊ Il prétend depuis très longtemps qu'il est orphelin alors que ses parents (en tout cas, son père) sont bien vivant et toujours à Dublin.
◊ Il est obsédé par la littérature. Il en possède des bibliothèques et des bibliothèques. Le Carré, Schmitt, Tolkien, Welsh, Tolstoï, Balzac, Nothomb, Hemingway, Poe, Stoker, Brontë, Steinbeck, Beaudelair, Twain, Siken, etc. Auteurs francophone ou anglophone, il possède presque toutes les collections complètes. Il ne les a pas encore tous lu, mais il essai. Tranquillement, pas vite. S'il n'était pas psychiatre, il aurait très certainement étudier en littérature.
◊ Lorsqu’il veut se concentrer, de la musique classique ou des opéras sont ses grands alliés.
◊ Il est un très mauvais dormeur, étant fréquemment insomniaque. Il n’est pas rare qu’il se couche très tard et se lève en même temps que le soleil.
◊ Le sucre est sa bête noire. N’ayant jamais vraiment accès à des sucreries lorsqu’il était jeune à cause du régime de sa sœur, il est pire qu’un gamin lorsqu’il entre dans une confiserie.
◊  Il a toujours vécu dans un bordel organisé. C’est le désastre si quelqu’un touche à ses choses. Il ne trouve plus rien.
◊ Il déteste regarder la télévision. Il ne sait pas pourquoi, mais lorsqu’il regarde la telly, il trouve qu’il devient trop abruti.
◊ Mieux vaut ne pas le mettre au défi.


Vie alternative
Dans sa vie alternative, il n'est ni irlandais, ni français. Du moins, c'est ce qu'il croit. Ses parents, dès la nouvelle de sa conception, firent tout ce qui était en leur pouvoir pour légué leurs droits sur l'enfant à l'état. Pour le travail du père, le père et la mère étaient à Auckland d'où les origines peu communes pour l'endroit. Il est né, a été emporté par les services sociaux et fut placé en adoption dans une famille d'accueil de la capitale économique. Il grandit, lentement mais sûrement, avant d'être placé, à ses sept ans, dans sa troisième et dernière famille d'accueil à Christchurch. Cette famille, composée d'une charmante dame nommée Gladys et de son imposant mari Temuera, prenait le jeune Eachan sous leur toit dans l'espoir de pouvoir adopter cet enfant. Il s'agissait, en fait, d'un test, d'une évaluation. Heureusement, le courant passa et l'adoption fut rendue officielle aux treize ans d'Eachan.

Dans cette vie, il ne possède pas son assurance à toutes épreuves, ni son charisme, d'ailleurs. Il est beaucoup plus discret, il ne se connaît pas aussi bien et, le plus différent, il ne s'accepte pas au même niveau. Il a, certes, fait la paix avec son orientation sexuelle depuis le temps, mais il n'est pas aussi vocal qu'il ne le serait normalement. Il vit sa sexualité en secret, d'ailleurs, il n'en a jamais parlé à ses parents adoptifs, quoi que, durant son adolescence, Gladys l'observait d'une certaine manière lorsque son meilleur ami Marshall était dans les parages. Elle lâchait des « ah » particuliers lorsqu'elle lui demandait ce qu'il allait faire et qu'il disait aller rencontrer Marshall. Eachan ne préfère pas y penser, mais très certainement que Gladys est au courant de son intérêt pour les hommes, dû moins, qu'il leur porte un intérêt similaire à celui qu'un adolescent de son âge aurait porté à des adolescentes.

Bref, depuis son adolescence, il n'arrive pas passer par-dessus son crush nocif sur son meilleur ami. Chaque fois qu'il croit enfin avoir réussit, ça lui ressaute au visage et lui sert les tripes encore plus fort que la fois précédente. Et ça l'enrage parce qu'Eachan se rend compte que son ami n'est pas des plus net. Il ne faut pas énormément de jugeote pour s'en rendre compte, en fait. Les Black Dogs ne sont pas de bonnes fréquentations. C'est pourquoi il se fait davantage distant envers lui et préfère plutôt bosser avec sa copine de longue durée dans leur petit bistro d'inspiration française. Lui, il est chef-cuisinier alors qu'elle s'occupe du service à l'avant. Sa copine et lui ne vivent pas encore ensemble, les deux étant beaucoup trop attacher à leur bulle d'intimité. Quoi que, dernièrement, Eachan commence à lui faire comprendre qu'ils pourraient passer le pas et cohabiter. Ils sauveraient des tas de dollars ainsi.



You, behind your computer
prénom/pseudo ∞ dey ; âge ∞ il me manque trop de dents pour que ça fasse du sens ; Comment es-tu arrivé là ? ∞ troupidou ;  Je suis un ∞ "inventé" ; Que penses-tu du forum? ∞ pénis  ; Un dernier truc à dire? ∞ pénis ; 
Merci de remplir le code ci-dessous  
Code:
<span class="bottin">James McAvoy</span> ☪ <span class="pris">Eachan Flanagan</span>
 

©aslinn.


Dernière édition par Eachan Flanagan le Mar 20 Mai - 23:52, édité 8 fois
Revenir en haut Aller en bas
Eachan Flanagan

∾ Incantations : 8
∾ Avatar : j. mcavoy


MessageSujet: Re: flanagan | same rules apply   Dim 27 Avr - 1:25



This is my story
"calm down, it's alright, keep my arms the rest of the night."


juillet 1995, Dublin IR.

« Oh mais regarde-la ! Elle est splendide. Posée. En contrôle. Parfaite. Elle est simplement parfaite.
- C’est vrai qu’elle est meilleure que les autres.
- Elle est tout simplement la fille de sa mère ! Elle. Est. Parfaite. Une véritable ballerine.
- Elle est douée : c’est vrai.
- Douée ? Cesses de me contredire, William. Arrête. C'est énervant à la fin. »

Mes yeux étaient rivés sur mon livre. Récital de danse ou pas, je n’en avais rien à faire. J’étais assis à la gauche de mon père, ne voulant absolument rien savoir d’entendre ma mère glousser de plaisir à la simple vu de ma stupide petite sœur danser avec cet affreux tutu rose bonbon. Ma chère mère avait une vision tellement arrêté sur tous les points de la vie que j’avais cessé de l’écouter. Elle n'avait d'yeux que pour ma soeur et ma soeur seulement. Je ne méritais qu'on m'écoute lorsque je jouais à mon Steinway, sinon, rien.

« Eachan ! »

Sa voix siffla jusqu’à mes oreilles et je levai lentement mon regard de mon roman. Elle allait en faire une scène plus tard. Encore. La bouche de mon père s’était transformée en une mince ligne, son dos s’était redressé et ses mains se joignirent devant lui. Je me mordis l’intérieur de la joue, sachant ce qui allait suivre et, sans le vouloir, mes doigts se refermèrent sur les pages de mon livre. Mes jointures tournaient au blanc, mais ça, ça n’allait certainement pas empêcher ma mère de passer le moindre commentaire. Ses yeux devinrent deux fentes brillantes de colère, regard qui m'était exclusivement réservé.

« Qu’est-ce que tu oses faire ?
- Je lis.
- Range tout de suite ce livre.
- Non.
- Je n’en ai rien à faire ! C’est le récital de ta sœ-
- J’en ai rien à chier ! »

Ma mère se figea, dirigeant vers moi toute la haine qu'elle pouvait me transmettre sans prononcer le moindre mot. Encore une fois, je creusai plus profondément le faussé qui me séparait de ma mère. Je devais me considéré chanceux que nous étions entouré d’une foule – et que ma ô chère sœur présentait sa millième heure de gloire – parce que j’aurai certainement eut droit à une engueulade magistrale. Peut-être, même, aurais-je reçu une gifle. Élevée en fille de riche, ma mère était consciente des convenances et se refusait de créer une scène un public. Dans le privé, par contre, là, c'était toute une autre histoire.

« J'en ai rien à chier de toi et de ton enfant préféré. J'me barre. »

Mon père m’attrapa la main lorsque je me levai pour m’en aller. Je pouvais lire dans son regard qu’il était franchement désolé. Il me força à me pencher vers lui, alors que ma mère était complètement sidérée. Mon père me refila discrètement quelques billets de banque pour le taxi. Je l’observai quelques instants de plus, échangeant une courte conversation silencieuse avant que sa poigne relâcha ma main.

« Files directement à la maison, Eachan. On s’y revoit. »

J’hochai absentement la tête avant de tourner les talons et de m’excuser aux autres spectateurs. Je me frayai un chemin jusqu’au corridor central et détalai en vitesse. Sans même regarder derrière moi. Cependant, je sentais le regard furieux de ma mère brûler mon dos alors que m’efforçai de quitter sans faire trop de bruit. Oui, je n’en avais rien à faire du ballet – je détestais ça –, mais je pouvais quand même épargner la distraction à ma sœur. Déjà que notre mère allait être d’une terrible humeur à cause de moi, Ava n’avait pas besoin que notre mère tombe dans une profonde crise d’hystérie parce qu’un faux mouvement fut fait sur scène. On allait s’en passer.

Dehors, je marchai le long de la rue, m’arrangeai pour rejoindre le campus d'Oxford et le longeai quelques minutes. J’avais besoin de reprendre mon calme, j’avais besoin de l’oublier. Elle était une parfaite idiote. Et je l’avais comme mère… Je devais me changer les idées, et au plus vite. Je m’arrêtai, donc, dans un petit marché, trouvai un petit bouquet de fleurs et une boite de chocolat. Je les payai avec l’argent que mon père m’avait donné et m’en retournai sur la rue. Deux minutes plus tard, j’étais déjà assis dans un taxi en direction de ma maison. Le chauffeur fit le trajet en moins de temps qu’il en fallait réellement – et me demanda qui allait être la chanceuse – et je lui laissai la totalité de l’argent que mon père m’avait refilé. À la maison familiale, je me dépêchai d’aller poser les fleurs et le chocolat – que je cachai parce que je savais que ma mère allait péter un câble si seulement elle savait que sa ô parfaite petite ballerine trichait parfois dans son régime à cause de moi – avant d’aller me planquer chez mon meilleur ami. C’était ma façon de faire comprendre à ma sœur que je m’excusais d’avoir manqué le trois quart de son récital. Et de la laisser prise au piège avec notre mère déjà partiellement échauffée.

Je pouvais disparaître comme ça chez les Schrödinger sans que personne chez moi ne soit perturbé de mon absence. Je savais pertinemment que ma mère allait m’ignorer jusqu’à ma prochaine offense. J'allais être victime du traitement du silence. Et sincèrement, je préférais être carrément ignoré que publiquement détesté. De toute façon, j’étais le mouton noir, le fantôme de notre famille. À ça aussi, je m’y étais habitué.

◊◊◊
mai 1997, Oxford, UK.

Mes mains tremblaient alors que je le regardais s'approcher. Il avait cette assurance, cette aisance que je lui enviais déjà. On ne se connaissait pas beaucoup, on s'était adressé la parole dans notre cours d'histoire à propos d'un examen à venir et il m'avait fait l'un de ses sourires qui m'avait figé sur place. Depuis ce temps, je ne pouvais faire autrement que de gravité dans son espace. Non parce que je ressentais des sentiments romantiques à son égard, mais plutôt parce qu'il m'attirait. Il n'avait besoin de rien d'autre que son arrogance et ce constant air de je-m'en-foutisme. Et il arrivait même à garder cette confiance alors qu'il s'approchait de moi, nu.

J'avais les mains tremblantes. J'allais plonger avec un garçon de mon âge. Et il me regardait avec cet air de prédateur qui fixe sa proie. Ce qu'il ne savait pas, c'était qu'il était également la mienne. Il n'était pas le seul à être rempli d'arrogance. L'arrogance était et est encore mon carburant premier. C'était ce qui me faisait prendre des choix égoïste, mais qui me permettait de m'assumer de plus en plus.

Ce ne fut rien d'extraordinaire. Une baise maladroite qui ne sera jamais écrite dans les romans à l'eau de rose, mais pour moi, dans le temps sans avoir la moindre autre échelle de mesure, il s'agissait d'une première baise pas trop mal. J'y avais définitivement pris goût.

Brandon m'avait ramené chez lui au lieu de chez moi. Il avait prétendu oublié son porte-feuille et parce qu'il m'avait dit de rester dans la voiture, je sorti et le suivis dans sa maison, du vestibule jusqu'au premier étage, jusqu'à sa chambre et jusqu'à son lit.

Voilà. Brandon avait été celui qui m'avait fait manquer le récital de ma sœur. Son troisième de fil, celui pour lequel notre mère avait meurtrie les oreilles de tout le monde en exigeant notre présence pour l'encourager. Ma mère avait tout fait pour que nous ne soyons pas en retard à ce grand moment. J'avais tout fait en mon pouvoir pour manquer le spectacle. Brandon avait été l'excuse parfaite, la distraction idéale.

Chez moi, Ava était furieuse de mon absence. Elle fulminait parce qu'elle n'avait pas pu croiser mon regard pendant un moment de stress. Elle avait compté sur moi et je l'avais laissé tomber.

Mon père n'osa même pas lever la tête vers moi, courbant l'échine alors que ma mère hurlait à s'en déchirer les cordes vocales. J'étais le pire fils, j'étais la honte de la famille, je les avais abandonné alors que le tout allait nous solidifier en tant que famille. Elle hurlait que je ne devrais plus jamais refaire un tel affront, qu'elle ne revenait toujours pas de mon effronterie. Et, en désespoir de cause parce qu'elle n'arrivait pas à me faire broncher, elle me lança au visage qu'elle allait vendre mon Steinway. Celui de Grams, celui qui était dans la famille Flanagan depuis des générations et qui m'appartenait désormais.

Une claque n'aurait même pas réussit à me choquer autant que je l'étais. Je reprochais beaucoup de choses à mes parents. Je leur reprochais des injustices bien réelles, mais celle-là, celle-là signifiait la fin de tout. Tout ce que je pourrais faire pour quitter cette famille qui n'était plus la mienne, n'allait jamais être assez rapide, jamais assez efficace.

En désespoir de cause, je me tournais vers mon père, ignorant Caroline, et lui supplia d'arrêter sa stupide femme qui allait dilapider notre héritage familial. Il murmura qu'il s'agissait d'une décision qui avait été prise depuis longtemps, que le Steinway prenait beaucoup de place dans la maison et qu'il était cher d’entretien, que je n'y jouais plus vraiment dernièrement. C'était leur conclusion logique : vendons le Steinway.

Vendons mon Steinway.
Vendons les derniers liens qui me rattachaient à cette famille.

Ava hurla à son tour qu'il ne fallait pas vendre mon piano.
Moi, je lui hurlais de fermer sa sale gueule de traître.

◊◊◊
mai 2001, Oxford, UK

De retour à la vraie vie, de retour dans la routine mondaine d’étudiants. La fin de semaine s’était achevée trop rapidement. De retour derrière le comptoir de mon pub, de retour dans l’appartement partagé avec Marshall. Sincèrement, j’ai traversé l’âge honteux de la puberté avec ce gars et, depuis le retour de ce weekend, à peine pouvions-nous nous regarder sans que soudainement, un livre, un parapluie ou encore, une crevasse dans le mur ne devienne source d’attention démesurée. Nous nous fuyions. Marsh et moi étions complètement ridicules et stupidement infantiles. J’avais réussi à ne rien « laisser paraître » depuis mes quatorze ans et voilà que six ans plus tard, je m’étais trahi sans la moindre arrière-pensée. Je le respectai et l'appréciai depuis un très jeune âge.

C’était ici, dans notre appartement et dans ma nouvelle vie d'étudiant universitaire, que j’avais adonné à ce côté de moi que j’avais gardé en laisse depuis mon auto-acceptation. J’avais préféré garder cette constatation pour moi, préférant franchement ne pas révéler à mon meilleur que c’était très certainement à cause de lui que je m’étais éventuellement rendu compte qu’en plus du corps splendide et invitant des femmes, les hommes avaient aussi quelque chose à offrir.

J’avais, jusqu’à ce weekend dernier, réussi à être discret en fréquentant des gens qui n'étaient pas dans notre cercle immédiat. À cette maison louée pour le weekend, l’une de nos amies communes – un peu éméchée. Nous l’étions tous, en fait – avait lancé un regard suspicieux en direction de Marshall et moi avant de laisser entendre un commentaire bien sentie, quoi que quelque peu accentué par l’alcool.

« Je comprends pas comment vous faites, vous puez la tension sexuelle, les gars. Eachan, Marsh : faites la baisser, c’est insoutenable.
- Pourquoi pas ? Si c’est si désagréable pour les autres. »

J’avais, alors, jeté un regard enjôleur vers l’allemand – alors que nos amis avaient trouvé un sujet de conversation beaucoup plus intéressant que les cris du cœur d’une fille saoule – et, le plus nonchalamment du monde j'haussai les épaules.

J’avais doucement prit une gorgée de la bouteille de bière que je tenais, sans briser notre contact visuel. Si Marshall me le demanderait plus tard, très certainement que j’aurai blâmé l’excès d’alcool. Le comment nous nous sommes éclipsés dans une pièce inoccupée de la résidence – manoir pour être plus précis – que nous occupions pour le weekend à Bath m’était encore inconnu. D’autant plus que personne n’avait semblé remarquer notre disparition plus ou moins soudaine ni notre retour parmi eux le lendemain. Tout le monde était trop saouls pour s'en être rendu compte, apparemment.. Même notre amie, qui semblait être sur le point d’imploser, ne passa pas le moindre commentaire sur la diminution de la tension sexuelle entre l’allemand et moi.

Bah, tant mieux alors. Ce n’était certainement pas moi qui allais m’en plaindre, cependant, notre interaction avait changé. Les discussions – ou le manque de, en fait – ne s’éternisaient jamais, nous nous évitions… Le retour à l’appartement, après ces deux jours, était désagréablement pénible. J’avais même préféré marcher plutôt que de prendre le bus après le travail, me justifiant avec l’idée que j’avais bien le besoin d’une – ou quatre – cigarette avant de retourner à notre appartement. Je n’avais pas envie de croiser Marshall. Quoi que, techniquement, à cette heure, il serait sûrement déjà endormit, ou au moins dans sa chambre.

Je fus misérablement surpris en entrant dans notre appartement pour me rendre compte que la lumière dans le salon était toujours ouverte et que la telly manifestait son existence. Pendant un moment, j’avais envie de râler, pensant que Marshall s’était encore endormi sur le sofa, mais lorsque je m’approchai pour vérifier, celui-ci ne tourna même pas la tête vers moi. Ça y est.

« Encore debout. »

C’était rhétorique comme commentaire. Je ne m'attendais pas à une réponse et encore moins une réaction. J’inspirai en silence, faisant sauter mes clés dans la paume de ma main, gardant mon attention fixé vers l’écran.

À mon avis, c’était bien mieux que d’ouvrir une grande discussion avec Marshall. Après tout, qu’est-ce que je pouvais bien lui dire ? Que j’étais désolé de notre soirée passé ensemble ? Non, du tout. J’en serais seulement désolé si cela signait le début de la fin de notre amitié, mais pas pour le reste. J’inspirai, pour me donner du courage, et allais m’étendre sur l’autre fauteuil, prenant mon aise en m’y écrasant et en jouant avec ma sixième cigarette – non allumée – de la soirée.

« Ça va ? Je veux dire… T’es okay ? »

J’osai un court regard de reconnaissance en direction de l’allemand. Évidemment, avec le ton que j’avais employé, il ne devait certainement se douter que je ne lui demandais pas s’il allait bien que pour commencer une conversation stérile et qui ne mènerait à rien. Je coinçai la clope entre mes lèvres et fouillai dans mes poches à la recherche de mon briquet. Moi, qui m’efforçais de ne plus fumer à l’intérieur… Peine perdue avec la discussion que je voulais obstinément commencer. J'allais fumer pour me calmer les nerfs.

◊◊◊
novembre 2004, Dublin, IR

Je sentais sa main faire des allés-retours contre mon dos. Une chance qu’il était là, sinon j’aurai changé d’idée et aurai passé ma soirée dans un pub. Par contre, j’avais vraiment hâte de voir ma petite sœur dans sa robe. Je n’avais pas pu la voir s’exciter à cette nouvelle perspective de vie avec cet homme. Je devais faire office de grand frère et au moins m’y pointer. Au moins lui dire qu’elle était belle. Pas besoin de rester toute la soirée, juste au moins lui offrir un verre, la serrer dans mes bras et l’embrasser sur la joue. J’allais lui épargner le sermon fraternel. J’allais être présent et si jamais Caroline décidait de péter un câble parce qu’une mèche de cheveux était de travers, je savais que j’allais pouvoir créer une diversion. Une diversion bien sentie. Jusque… Je ne voulais pas voler la vedette de ma sœur. Cette journée n’était pas pour moi, elle était pour elle.

« C’est tellement une mauvaise idée.
- Arrête de te plaindre.
- Tu ne connais pas Caroline. Elle est folle.
- Terme clinique ?
- Évidemment. T’as pas entendu les millions de messages sur notre répondeur ?
- Hystérique, peut-être. Folle ? J’ai encore mes réserves.
- Oh, bloody hell. »

Je soupirai longuement, levai mes yeux au ciel suite au commentaire trop optimiste de Casey. Il me sourit avec cet air trop content de lui. Je ravalais un commentaire, serrant les dents.

« Bon. La Réception.
- J’adore la bouffe gratuite. »

Il éclata de rire et j’allai l’embrasser – sachant que nous n’allions pas vraiment nous permettre plus pour le reste de la soirée. Du moins tant que nous restions à la réception – avant de pousser les portes de la salle ou tout le monde se trouvait. Évidemment, nous arrivions en retard. Tous avaient un verre à la main avec des petits hors-d’œuvre. Casey m’embrassa rapidement sur la joue avant de foncer directement au le bar. J’inspirai pour prendre confiance, replaçai mon veston puis m’avançai vers les mariés.

« Oi beautiful.
- EACHAN ! »

Ses yeux ne pouvaient pas s’ouvrir plus grands. J’éclatai de rire alors que ma petite sœur réussit par un quelconque miracle à me sauter au cou. Je la soutenus, le temps de laisser à ses émotions le temps de se faire à ma présence. J’embrassai sa joue puis la redéposai au sol. Je me retins une nouvelle fois de rire en la voyant débordé de joie. Elle était splendide. Elle semblait très heureuse.

« Je ne pensais pas que tu allais venir !
- Mon genre de pas me pointer à un open bar.
- Je suis contente que tu sois là. C'est ce que je voulais dire. OH ! Casey est avec toi ?
- Hmm, oui oui.
- Où elle est ? Montre-la-moi.
- Le.
- Quoi ? »

Je remarquai ses sourcils se froncer lorsque je pointai en direction du bar où Casey se tenait. Il n’avait pas l’air à sortir du cadre : il discutait déjà avec des amies d’Ava et avec quelques cousines. Je me mordis l’intérieur de la joue pour ne pas rouler des yeux au comportement de mon… De mon copain. Je murmurai à l’oreille de ma sœur les indications pour qu’elle regarde le bon homme puis baissai la tête. Patientant. Elle resta silencieuse un moment – l’assimilation de l’information, faut croire – avant qu’un autre large sourire illumina à nouveau son visage. Elle me frappa sur le torse en hochant la tête.

« Donc, tu me le présentes, alors ? »

Elle s’accrocha à mon bras et fraya elle-même le chemin jusqu’à mon homme. Nous voyant arriver, Casey, s’excusa auprès de ses interlocutrices et s’approcha de nous. Il leva son verre au-dessus de nos têtes, sourire illuminant son visage, et il osa même faire un semblant de révérence. Si je n’étais pas entouré de ma famille, je ne me serai pas empêché de le corriger. Lui et sa manie de tout faire en grand.

« Casey, je te présente ma petite sœur : Ava. Ma chère petite sœur, je te présente ma copine : Casey.
- C’est ça. Entretiens le mystère encore quand que je suis juste devant elle. »

J’haussai les épaules en guise de réponse et Casey leva les yeux au ciel. Je sentis sa main migrer vers mon dos, comme il le faisait tout le temps. La soirée allait superbement bien. Et même lorsqu’il fallut aller prendre place à table pour le repas. Là, Caroline remarqua Casey à ma droite. J’avais remarqué ses sourcils disparaître dans ses cheveux et je fis un homme de moi. Étant quand même bien élevé, je les présentai officiellement. Caroline ne m’adressa plus la parole de la soirée. Elle ne leva même plus son regard sur moi ou Casey. William non plus, d’ailleurs. Étrangement, l’atmosphère ne changea pas. Tous restèrent festifs et amicaux. Ce ne fut que lorsque Casey et moi allions quitter, je remarquai William se faire un chemin jusqu’à nous. Il m’enlaça à m’en rompre les os avant d’aller serrer chaudement la main de Casey. Puis, il piqua vers le bar pour prendre deux coupes de vins. Casey arqua un sourcil, ne sachant pas vraiment quoi penser.

« Au moins, William m’accepte. C'est un bon début.
- On s'en fout, c'est pas comme si on allait les revoir bientôt. Aller on dégage.
- Caroline... Par contre j'adhère. C’est une vraie folle.
- Terme clinique ?
- C’est toi le spécialiste. »

◊◊◊
avril 2005, Christchurch NZ.

J'inspirai, faisant pianoté mes doigts sur l'appui-bras de mon siège. L'avion est posé sur la piste et fait son avancé vers le quais de débarquement. Je sentais Casey fébrile à mes côtés. Je l'étais aussi, mais peut-être pas pour les mêmes raisons que lui. J'avais hâte de me barrer de cet avion et de poser pied, finalement, en Nouvelle-Zélande. L'atterrissage à Auckland ne comptait pas. Je n'avais même pas pu mettre le nez dehors, devant courir pour ne pas manquer notre transfert jusqu'à Christchurch, alors, là, j'avais vraiment envie de respirer de l'air frais. D'autant plus que j'étais à mon deuxième paquet de gomme à mâcher; je n'en pouvais plus.

Là, on pouvait se lever, prendre nos sacs et quitter l'avion. J'avais pratiquement sauté hors de mon siège, arrachai mon sac du compartiment sous mon banc et m'imposai dans l'allée. Je sortais d'ici au plus vite, merci bonsoir. En plus, j'avais un sale décalage horaire et je me sentais foncièrement dégouttant. C'était ce que ça faisait, trop d'heures d'avions dans les mêmes vêtements. Léger coup d'oeil en direction de mon homme voir s'il me suivait, je réussi à sortir de l'avion, marchai dans le couloir de fortune jusqu'à, enfin, sortir de n'importe quel endroit confinée. Je n'étais pas claustrophobe, mais j'en avais ma claque de respirer de l'air recyclé.

Douanes passées, bagages récupérés, nous marchions enfin vers le couloir des arrivées. Vahei, sa sœur, nous avait dit qu'elle nous attendrait. Casey lui avait, d'ailleurs, lâché un coup de fil dès qu'il avait pu pour lui assuré que nous étions bel et bien arrivés. Je n'avais rien capté, parce qu'elle s'était mise à hurler en maori. Casey lui avait répondu dans la même langue et j'avais préféré les ignorer. C'était mieux ainsi. Donc, passant finalement le dernier poste de sécurité, une poignée de personnes se tenaient le long des barrières, certains avec des regards blasés et des petits écriteaux avec des noms griffonnés et il y avait elle. Énorme carton coloré d'un vert criard, des grosses lettres noires épelant « FLANAGAN » en plein centre... Voilà, Vahei était repérée.

« Flanagan ? Vraiment ? J'existe plus maintenant ?
- C'est que je suis plus important que toi.
- Ouais, c'est ça. C'est qu'elle te connaît pas encore.
- Pffft. Faut laisser planer le mystère. »

Cri strident, la pancarte foutue le camp sur le sol et une maōri fonçait directement sur moi. Vraiment, directement sur moi. Pas vers son frère ou sur un autre mec qui pouvait peut-être s'appeler Flanagan. Naw. Moi. Je figeai un moment alors qu'elle me serrait contre elle, d'un câlin puissant aux mains qui ne cessaient de changer de place sur mon dos. Okay.

« Tu peux le lâcher, maintenant. Il va flipper. Ou manquer d'air.
- Laisse-moi !
- Il est à moi. Bats les pattes ! »

En même temps, je sentis une main glissée plutôt bas contre mon dos. Une main qui prenait, avec certitude, la direction de mes fesses. Par réflexe, je les éloigne de son touché en mettant fin à cette embrassade. J'attrapai le bras de Casey et le poussai sur sa sœur. Aller, pas question de se faire tâter les fesses par la belle-soeur. Là, ils changèrent encore de langue, me laissant dans une ignorance des plus totale. Vahei me lança un regard particulier, accompagné d'un sourire malin. Casey força sa main devant les yeux de sa sœur. Main qu'elle chassa bien rapidement, rigolant et embrassant son frère sur la joue. Bon.

« Enchantée, Eachan.
- Parce que mon cul te plaisait ?
- Oui. Non. Peut-être. Tu ne le sauras jamais.
- C'est un oui, je te traduis l'anglais-Vahei.
- Arrête, Kopere. Tu brises le mythe. »

Là, j'y arrivais plus : j'éclatais de rire. Un espèce de fou rire de taré qui en peut plus. J'essuyais le coin de mes yeux, m'assurant qu'aucune larme d'hilarité oserait m'échapper. Là, Vahei décida qu'il était temps que nous sortions de l'aéroport, parce que Mama'u nous attendait pour une grande bouffe. La simple mention de la mère de mon homme eut l'effet d'une douche froide. Dès que nous passions les portes, je fouillais dans mon sac à la recherche d'une cigarette et m'en enfilai une à la vitesse de la lumière.

Dans la voiture, Vahei força son frère sur la banquette arrière, me laissant le siège passager. Elle prétendait que je devais être à l'avant pour ne pas avoir la vue obstruée pour observer la ville qui allait bientôt défiler devant nous. J'avais secoué la tête, m'asseyant à côté d'elle sans rien dire de plus. Elle conduit jusqu'à notre hôtel, sans pouvoir d’empêché de nous demandé si nous étions certains de ne pas vouloir rester chez elle. Là, je mis mon pied à terre. Pas question de rester chez elle. Pas envie de m'imposer chez elle, et encore moins l'envie de la savoir rôder pas trop loin. Déjà qu'elle ne pouvait pas s'empêcher de me serrer la cuisse pour bien ponctuer ses paroles. À l'hôtel, Casey et moi balancions nos bagages sur le lit, sautions dans la douche (l'un après l'autre. Vahei rôdait dans la chambre. Pas de possibilité de sauver un peu d'eau...ou pas.) et enfilons de nouveaux vêtements.

Rencontre avec mama'u. Fuck.

Là, pour la maison familiale, je pris la banquette arrière et fumai clope sur clope. Casey toussa et je l'ignorai, espérant reprendre contenance. Et me calmer. Surtout me calmer. Juste me calmer. High sur la nicotine, la voiture s'arrêta. La rencontre, plutôt moyen. La mère de Casey était difficile à lire. Elle avait cette face de bonne femme qui avait presque tout vu. Par contre, j'étais pas con. Je voyais que ma seule présence dérangeait. Pas parce que j'étais un invité désagréable, mais plutôt pour ce que je représentais. L'homosexuel qui pervertissait l'un des leurs. Bon, je ne le pervertissais pas; Casey avait eu d'autres relations avant moi, cependant, voilà. J'étais là, l'irlandais qu'on connaissait de nom, peut-être de visage, mais surtout par mon orientation sexuelle.

Être celui qui détonne, qui dérange dans une famille, j'y étais habitué depuis ma naissance. La bénédiction de Casey n'était pas primordial dans ma vie. Je pourrais facilement vivre sans. Si sa famille décidaient de me détester : je saurais vivre avec ça. Moi, j'étais habitué à être rejeté pour simplement respirer. La famille de sang n'était pas ce que je chérissais. Par contre, Casey, lui, il accordait une importance incroyable. C'était dans sa culture, et tant mieux pour lui. Ils avaient fait de grands efforts, sauf peut-être un, pour accepter ma présence à leur table, tolérer ma présence dans la vie de leu frère et fils, mais s'ils n'arrivaient pas à s'y faire: tant pis. Je n'allais pas être celui que je n'étais pas que pour faire plaisir à des gens à l'esprit fermé. Je ferais tout en mon pouvoir pour rendre mon homme heureux, mais je ne saurais m'effacer pour plaire à leurs mœurs.

C'était difficile de ne pas pouvoir poser ma main sur la cuisse de mon homme, de ne pas pouvoir mêler mes doigts aux siens. M'empêcher d'être trop tactile, en fait. Difficile. Ce fut une soirée longue et pénible, malgré la bonne humeur de Vahei, malgré le bonheur de Casey de revoir plusieurs membres de sa famille. Une fois de retour à l'hôtel, épuisés par le décalage horaire et le surplus de nourriture, je m'écrasais sur notre lit. Casey m'imita, léger sourire sur ses lèvres.

« J'crois que Mama'u te trouve trop pas mal. »

◊◊◊
avril 2013, Dublin, IR.

Si Grams ne m’avait pas tiré par l’oreille, jamais je n’aurai mis les pieds à l’enterrement de Caroline. Je n’en avais rien à faire et je me sentais comme le pire des hypocrites. Bon, l’hypocrisie avait été à son comble lorsque, encore une fois, Grams m’avait forcé à me présenter chez le notaire pour la lecture du testament. Sans grand étonnement, rien ne m’était légué – et je n’en aurais pas voulu de toute façon – laissant le tout à ma sœur et à William. Même Grams et Pops avaient le droit à des trucs et bidules. Mais pas moi.En fait, faux : on me laissait les factures médicales. Les énormes factures médicales. Alors, voilà pourquoi je détestai l’idée d’être présent à l’enterrement d’une femme qui avait catégoriquement nié mon existence, mais qui comptait sur je ne sais pas quelle étoile pour que je paie son hospitalisation et ses traitements. J’avais, cependant, rigolé lorsque Pops m’avait montré la nécrologie de Caroline qui allait passer dans le journal et sur les sites internet regroupant ce genre d'annones. Il y avait été écrit que Caroline laissait dans le deuil son mari William et ses deux enfants, Eachan et Ava. Pops m’avait imité à sa manière. Ce que cette garce aurait fait une sacrée scène si seulement elle avait été consulté.

Bref, le jour du service, j’étais le plus loin possible de William, tout en restant dans la file de la famille immédiate. C’était une véritable farce et j’avais l’impression que toutes les amies de Caroline n’avaient pas été mises au courant de ma présence. Ou même du fait que j’étais encore vivant. Certaines m’envoyaient des regards interrogatifs prononcés avant de, sagement, venir m’offrir leurs condoléances que je leur retournais, courtois. S'il voulait que je joue le jeu, j'allais le jouer. Les apparences étaient ce qu'il fallait toujours maintenir ici. Et ça ne me manquait pas du tout. J'enrageai à la simple idée de me retrouver ici, seul. Je ne pouvais pas compter ni sur Ava, ni sur William. Je ne le voulais pas, en fait. Autant qu'ils disparaissent du portrait. Je m'en porterais mieux. Quoi que je n'allais pas laisser cette femme horrible avoir droit à mon argent durement obtenu.

Le célébrant annonça qu'il était temps de débuter la cérémonie. Les gens défilèrent, donnèrent des hommages à cette femme que j'haïssais au plus profond de mon être. William parla quelques minutes avant de s'étouffer dans l'émotion au courant d'une anecdote d'une fausseté incroyable. Lui et moi ne nous souvenions pas du voyage familial en France de la même façon. Puis, lorsque le célébrant me demanda si je voulais prononcer un quelconque discours, je répondis que non, j'étais bien. Ce n'est qu'après que Grams me fit remarqué que mon ton de voix était beaucoup trop enjoué. Sans le moindre remord, je lui avouais que durant toute la cérémonie, je me retenais d'éclater de rire.

***
décembre 2013, Dublin, IR.

« J'ai hâte que ça finisse. »

Une confession que je lui faisais pas mal chaque fois que la conversation mourait un peu. Je ne voulais pas recevoir de sa pitié en disant ses mots, seulement, ils étaient bien réels. Cette stupide bataille juridique après le décès de Caroline me vidait complètement. L'Irlande n'était plus mon chez moi depuis des années et m'y revoilà confiné à cause de cette saloperie de femme. Au moins, mon avocat semblait de bonne humeur, comme si les procédures allaient se terminés sur une note positive. Peut-être pas bientôt (plus il est impliqué longtemps dans l'affaire, plus il est payé. Logique.), mais au moins, ça semblait être en ma faveur. Tant mieux.

« Je sais. Moi aussi.
- Tu te rends compte que même si je ne l'ai pas revu depuis le mariage d'Ava, elle arrive encore à mettre la merde partout. Même morte. Faut le faire.
- Ouais, mais c'est dans ses gênes faut pas trop s'en étonné. Et c'est pas comme si tu pouvais pas être aussi têtu qu'elle des fois.
- Fuck you.
- Quand tu reviendras. Promis. »

J'eus un sourire en coin amusé. Je jetais un regard à son image projetée sur l'écran de mon portable et mon sourire s'adoucit perdant de son arrogance. Je soupirai, passant une main contre mon visage avant d'attraper mon paquet de cigarettes qui trônai sur la table, hors de sa vue. J'y avais résisté deux bons mois, en revenant en Irlande, mais là, pratiquement huit mois plus tard, j'en avais ma claque et j'avais cédé. La fumée bleue s'élevant autour de moi, je soupirai, laissant ma tête tombée vers l'arrière.

« J'avais presque arrêté.
- L'accent est à mettre sur le ''presque.''
- En bonne voie ?
- C'est que tu t'ennuies de mes mixes. »

J'échappai un râlement amusé, secouai la tête me retenant de grimacer à l'idée de ses putains de mixes qui ne ressemblaient à rien d'autres que du vomi. C'était dégueulasse; personne ne pouvait me faire croire autrement.

« Ah, ça non.
- Menteur.
- Non. Pas vraiment. Toi qui les fait qu'avec ton tablier fleuri, okay. Mais pas du goût qui reste.
- Mmh. T'avais juste à le dire. On aurait pu s'arranger pour le camoufler avec autre chose.
- Ah. Ah. Ah. Rêve toujours.
- L'espoir fait vivre. »

◊◊◊

©aslinn.


Dernière édition par Eachan Flanagan le Mar 13 Mai - 15:43, édité 24 fois
Revenir en haut Aller en bas
Vincent Heathcote

∾ Incantations : 10
∾ Avatar : Liam McIntyre
∾ Job : Agent sous couverture / Agent immobilier


Infos supplémentaires
Relation du perso:

MessageSujet: Re: flanagan | same rules apply   Dim 27 Avr - 1:26

OH MY GAWD. Mon bro chéri muhahahahahaha !

Bienvenue et bonne chance pour ta fiche dey d'amour   

Flanagan is here motherfucker !   

Il me manquait, je suis contente ! Allons tuer nos foies ensemble  
Revenir en haut Aller en bas
Effie Pond

∾ Incantations : 87
∾ Avatar : Alison Brie
∾ Job : Larguée comme une vieille chaussette aussi - en dépression. Auteur de romans érotiques aussi.


MessageSujet: Re: flanagan | same rules apply   Dim 27 Avr - 1:28

TOI

                        
Revenir en haut Aller en bas
Vaughn O'Shanahan

∾ Incantations : 228
∾ Avatar : Nick Roux
∾ Job : Etudiant en dernière de stylisme


Infos supplémentaires
Relation du perso:

MessageSujet: Re: flanagan | same rules apply   Dim 27 Avr - 1:41

Le retour de psy le plus sexy du monde.
C'est officiel je suis dans une profonde dépression   .
Revenir en haut Aller en bas
Freddie Lee Conrad

∾ Incantations : 386
∾ Avatar : Charlie H.


MessageSujet: Re: flanagan | same rules apply   Dim 27 Avr - 2:35

TOUTE CETTE BEAUGOSSITUDE  norah 

BIENVENUE CHEZ TOI       

Si tu as la moindre question, j'te préviens, harcèle Yorah   


ps : ou moi, surtout moi,   
Revenir en haut Aller en bas
Simon Costelloe

∾ Incantations : 78
∾ Avatar : Henry Cavill sex machine :p
∾ Job : Entraineur Olympique de patinage artistique


MessageSujet: Re: flanagan | same rules apply   Dim 27 Avr - 6:14

bieeennveeennuuuuuueee    haaan mais vas y pourquoi le docteur Morrison est une femme je te prendrais bien comme psy OH PUTAIN!!!! imagine si c'était le psy de Simon j'ai une idée tordue qui me vient en écrivant mes conneries naaaah c'pas bien et puis ça fait pas parti de vos plans (attendez bien il s'agit bien du best de Marshall hein?) imaginez simplement parce que ça foutrait un sacré bordel drole mais un bordel =>
je sors c'est ça?
Allez bon courage pour ta fiche, mais je voudrais bien un lien quand même hein!
Revenir en haut Aller en bas
Eachan Flanagan

∾ Incantations : 8
∾ Avatar : j. mcavoy


MessageSujet: Re: flanagan | same rules apply   Dim 27 Avr - 7:16

Eireann Shaw a écrit:
OH MY GAWD. Mon bro chéri muhahahahahaha !

Bienvenue et bonne chance pour ta fiche dey d'amour   

Flanagan is here motherfucker !   

Il me manquait, je suis contente ! Allons tuer nos foies ensemble  
Fucking Flanagan's goddamn back, muthafuckaz.
Marchi SISTHA.
Allons tuer nos foies.
Et allons mettre à mort ta supposé fidélité.
  

Effie Pond a écrit:
TOI

                        
TOI.
MOI.
           norah 

Vaughn Ackerley a écrit:
Le retour de psy le plus sexy du monde.
C'est officiel je suis dans une profonde dépression   .
C'est ce que ma magnifique personne fait à beaucoup de gens. Pardon de ne pas pouvoir être partout à la fois, j'ai trop de gens à satisfaire.
  

Freddie Lee Conrad a écrit:
TOUTE CETTE BEAUGOSSITUDE  norah 

BIENVENUE CHEZ TOI       

Si tu as la moindre question, j'te préviens, harcèle Yorah   


ps : ou moi, surtout moi,   
Surtout toi. Ho.    
Y'a un bosquet pas loin.

Aller hophop.  

Simon Costelloe a écrit:
bieeennveeennuuuuuueee    haaan mais vas y pourquoi le docteur Morrison est une femme je te prendrais bien comme psy OH PUTAIN!!!! imagine si c'était le psy de Simon j'ai une idée tordue qui me vient en écrivant mes conneries naaaah c'pas bien et puis ça fait pas parti de vos plans (attendez bien il s'agit bien du best de Marshall hein?) imaginez simplement parce que ça foutrait un sacré bordel drole mais un bordel =>
je sors c'est ça?
Allez bon courage pour ta fiche, mais je voudrais bien un lien quand même hein!
Cause cause, TU M'INTÉRESSE QUAND ON PARLE DE TRUCS KINKY.
Aherm.   
Mais, diantre, quelle est cette étourderie qui vous a, apparemment, fait digresser de votre bienvenue initial ?
Aherm. Fuck it : si ça fout un bordel, c'est que c'est une histoire de fesses ? J'aime ça, moi, les histoires de fesses.
Revenir en haut Aller en bas
Louisianna Inch-Conrad

∾ Incantations : 897
∾ Avatar : Emily Browning
∾ Job : Infirmière en pédiatrie


Infos supplémentaires
Relation du perso:

MessageSujet: Re: flanagan | same rules apply   Dim 27 Avr - 15:59

HAAAAAAAAAAAAN.
TOI !



TOIIIII ! AVALANCHE DE FEEEEEEL !!!



JE REPETEEUUUH AVALANCHE DE FEEEEELS



WELCOME A LA MAISOOOOOOOON MA LAMPE !!!! HOLA LOVAAAAA !!!



ANNNNNNNNNNNND



J'suis HAPPY DE VOIIIIIR EACHAAAAAAN BABY SEXY LOVE A LOT OF LOVAAAAAH




PUIS EN MOT DE FIN *alerte kinky*



OK I'M OUT

_________________
Sharing different heartbeats

We had a promise made ; We were in love. Both under influence, we had divine scent to know what to say. Mind is a razor blade

Revenir en haut Aller en bas
http://mistymorning.forumgratuit.fr
Casey Ottley-Tinorau

∾ Incantations : 13
∾ Avatar : Tom Hardy-du-zizi


MessageSujet: Re: flanagan | same rules apply   Lun 28 Avr - 7:54

norah 

_________________
Waiho ma te tangata e mihi

UC

Revenir en haut Aller en bas
Eachan Flanagan

∾ Incantations : 8
∾ Avatar : j. mcavoy


MessageSujet: Re: flanagan | same rules apply   Lun 28 Avr - 9:38





Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Simon Costelloe

∾ Incantations : 78
∾ Avatar : Henry Cavill sex machine :p
∾ Job : Entraineur Olympique de patinage artistique


MessageSujet: Re: flanagan | same rules apply   Lun 28 Avr - 19:09

ooh merde mais ou trouves tu ces images ?

eeeh vas y pour UNE FOIS POUR UNE FOIS (oui j'insiste sur le côté exceptionnel de la chose) que je parlais pas de fesses quoi
Revenir en haut Aller en bas
Eachan Flanagan

∾ Incantations : 8
∾ Avatar : j. mcavoy


MessageSujet: Re: flanagan | same rules apply   Mar 29 Avr - 3:24

Où je les trouves ? Tu me donnes quoi en échange de cette information capitale ? D:
dans les méandres de mes likes sur tumblr

Et t'sais quoi ? J'TE CROIS PAS.
MAIS TU PARLAIS DE QUOI D:
Je suis intriguééééééée
Revenir en haut Aller en bas
Louisianna Inch-Conrad

∾ Incantations : 897
∾ Avatar : Emily Browning
∾ Job : Infirmière en pédiatrie


Infos supplémentaires
Relation du perso:

MessageSujet: Re: flanagan | same rules apply   Jeu 22 Mai - 19:00

TU ES VALIIIIIIDE tu peux doooonc me répondre (a)
Tu connais la maison, have fun ma lampe !  flower

_________________
Sharing different heartbeats

We had a promise made ; We were in love. Both under influence, we had divine scent to know what to say. Mind is a razor blade

Revenir en haut Aller en bas
http://mistymorning.forumgratuit.fr
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: flanagan | same rules apply   Aujourd'hui à 15:54

Revenir en haut Aller en bas
 

flanagan | same rules apply

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» option bbox games absente du menu apply jeux
» [vente] Rules of engagement + Highlanders guerre du Canada
» [Audition Rules] Comment postuler ? How to join eden ?

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Misty Morning :: II. ECUME DES JOURS ::  Bouteille à la mer :: 
Welcome Home
-