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 Le rire sincère est l'éloquence vraie, il est plus efficace que la parole.

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Casey Ottley-Tinorau

∾ Incantations : 13
∾ Avatar : Tom Hardy-du-zizi


MessageSujet: Le rire sincère est l'éloquence vraie, il est plus efficace que la parole.   Lun 28 Avr - 8:47



Casey Ottley-Tinorau
" Si on me presse de dire pourquoi je l'aime, je sens que cela ne peut s'exprimer, qu'en répondant:
Parce que c''est lui, parce que c'est moi. "



Nom ∞ Nom composé. Deux origines. Deux sections de vie. Celle plus heureuse et celle sans mots, sans rien de plus qu'un goût amer. Ottley, une origine meurtrie qui a perdu de son importance au fil du temps ; des lettres mises bout à bout mais qui ne veulent plus rien dire. Tinorau, l'origine des jours heureux, son nom, son patrimoine, son essence, LUI ; Prénoms ∞ Casey surnommé Kopere car monsieur était le plus doué avec un lance-pierre dans son enfance parmi ses frères ; date & lieu de naissance ∞ né à Oamaru, N-Z ; âge ∞ 36 ans ; nationalité & origines ∞ Nationalité et origine Neo-zélandaises ; métier ∞ Rugbymen évoluant en  troisième ligne aile dans l'équipe des ALL BLACK et assistant vétérinaire à ses heures perdues  ; orientation sexuelle ∞ Homosexuel. ; Situation amoureuse ∞ Marié même si l'alliance, il ne la porte jamais. Il en a pas besoin de toute évidence, il sait à qui il est relié et certaines choses n'ont pas de fin ... ne peuvent PAS en avoir en tout cas ; dans ton ipod ∞ Bon Iver - flume ; groupe ∞ Sweet.; crédit ∞ tumblr. ; célébrité ∞ Tom Hardy


Caractère
Bon vivant • Agréable à vivre et à fréquenter. Casey aime la vie, ça se voit, ça s'entend, ça se sent. Il a une bonne humeur assez solide à toutes épreuves et une patience qu'il ne perd pas facilement sauf en cas de journée particulièrement exhaustive • Franc • Même s'il a une tendance je-m’en-foutiste et à beaucoup user d'humour pour s'exprimer – ce qui en soi peut être une qualité mais aussi un défaut – Casey a une langue bien pendue qu'il ne bride jamais quand il s'agit de dire ce qu'il pense. C'est lui qui décide s'il peut l'ouvrir ou pas, pas les autres • Pacifiste • Les joutes verbales sont ces péchés mignons mais c'est pas lui qui irait chercher baguarre. Quand il s'agit d'en venir en poing, il préfère la discussion et si y'a pas moyen, ses qualités de plaqueur deviennent un atout pour calmer le jeu et éviter de frapper. Option qui s'annule direct si on touche trois cibles : Eachan, sa mère et sa sœur. Là, un conseil : courez et vite • Provocateur • Il aime choquer et/ou susciter des silences gênés en jouant sur le politiquement-correct et les stéréotypes, ça l'amuse. Ses limites varient en fonction des personnes mais généralement, il fait comme bon lui semble et puis basta. On aime ou on aime pas : il s'enfout. • Maniaque • Le désordre, ça l'agace. Il ne peut pas se retenir de ranger, classer, organiser : tout doit être nickel et si ça ne l'est pas, il ne sera pas tranquille tant qu'il ne l'aura pas fait. • Organisé • Il respect un planning vigoureux : heures d'entrainement, menu précis pour tel jour et tel jour etc... Fait exacerbé en préparation d'un match national. Par contre, le week-end, au feeling • Sportif • Une journée sans sport ? Impossible. Si ce n'est pas ces entraînement, il fait du footing, de la natation etc... ou pratique le sport de chambre avec plaisir • Fidèle • Même s'il aime à plaire et flirter – surtout avec la gente féminine parce que c'est drôle les femmes, il suffit de peu – il aime qu'un homme qui lui apporte tout ce dont il a besoin en tout plan : pas besoin d'un autre. En amitié, on peut compter sur lui et accordera toujours une seconde chance • Ironique • Toujours le prendre au second degré, parfois au troisième • Patriotique • Son pays, sa terre. Il aime voyager et voir d'autres horizons mais aucun pays n'arrivera à la cheville de la Nouvelle-Zélande. Pas contre à l'idée de vivre ailleurs mais il est clair et net qu'il y reviendra toujours. Il l'a dans le sang • Sensible • Il a la larme facile et n'en a pas honte. Après il ne pleure pas pour tout et rien, faut pas pousser • Enfantin • Pour déconner, y'a toujours moyen. Plus il est ridicule, mieux c'est. La honte ? What's that ? Il sera toujours partant pour jouer à toutes sortes de jeu, même ceux qui ne sont plus de son âge. Sûrement pour ça qu'il se débrouille si bien avec les enfants • Polyvalent • Il s'adapte à l'environnement dans lequel il se trouve. Casey peut très bien se comporter  à avoir des discussions philosophiques – sans pouvoir s'empêcher d'avoir une phrase comique ci et là – comme il peut avoir des discussions qui ne volent pas plus haut que le sol. Il aime de tout et se formalise pas de peu • Sociale • Timidité n'a jamais fait parti de sa façon d'être et ce n'est pas demain la veille que ça changera • Entêté • Oh il peut changer d'avis comme de chaussettes quand ça lui prend mais s'il a une idée en tête bien précise, il peut être patient pour y arriver et surtout ne pas en démordre • Très famille • Les Ottley peuvent crever la bouche ouverte, il en va de soi mais les Tinorau, il sera toujours là envers et contre tout, point barre. Fair-play • S'il perd, il perd. Pas besoin de geindre pour rien. Quand il a tort, il sait l'admettre mais pour faire chier le peuple, il aime continuer à tenir tête • Colérique • Rare, très rare mais si on le pousse à bout,  trop longtemps et dans la mauvaise période et/ou qu'il prend sur lui trop longtemps, les objets se poussent des ailes et vous avez tout intérêt à prend des boules quies. Bon après, il regrette toujours même si l'autre l'a bien cherché • Expressif • S'il ne dit pas je t'aime à tout bout de champs, il montre très facilement son affection en démonstrations diverses. Tactile donc avec option main baladeuse pour Eachan


Manies
Insultez le autant que vous voudrez, il s’en foutra. Répétez ce que vous venez de dire en Maori, ça fera mouche direct. Dites Pakeha et il ne répond plus de lui • Dès que le contenu de son assiette le lui permet, il mange avec les doigts • Des chaussures, encore et toujours. Un placard rempli surtout de chaussures de sport, il collectionne • Jamais, jamais commencer un match national en étant fâché avec Eachan. Superstition : ça apporte le mauvais mana donc il fera tout pour faire la paix quitte à user de son corps • Il recueille toujours les animaux abandonnés et les mets dans un refuge quand Eachan dit stop • Pour Casey, qu'on lui intime de se taire alors qu'il en a pas envie, c'est une insulte alors quand il vous fait comprendre de la fermer en levant la main, ceci n'est pas anodin et ne veut dire qu'une chose : tu m'emmerde profond et tagueule. Oui, ces tagueules orales sont affectueux, sa main moins, cherchez pas à comprendre • Il raffole des bonbons acidulés • Il adore grignoter des cornichons devant la télé ou en manger quand il a un coup de déprime. Quand y'en a pas dans les placards : scandale assuré • Son corps est une map de sa vie, il y retranscrit tous les moment forts et il le fera jusqu'à sa mort • Il pige quedalle aux bugs d'ordinateur et sa phrase fétiche à ce moment-là : EACHAAAAAAAAAN ? • Ces je t'aime – ceux qui viennent du coeur – sont entre les lignes ou dans les gestes • Quand il a en horreur une personne, il l'ignore juste royalement. Pfiou existe plus • Quand il doit bien s'habiller pour une interview ou autres trucs de médias, il demande toujours conseil à Eachan • Qui doit toujours lui nouer sa cravate : il sait pas et il a pas envie d'apprendre • Regarder des Disney avec ou sans ses neveux. Pleurer devant aussi avec son pot de cornichons • Quand il est en entraînement, il est en entraînement, point barre. Il coupe son téléphone et n'aime pas être dérangé • Il aime ranger les livres d'Eachan par teneur de larmes, ça le fait marrer • Il dort à poil, hiver comme été. Prêt à consommer huhuhu • Il aime se déguiser, so fun • Un jour sans taquiner ? Inquiétez-vous • Casey  a un haut seuil de tolérance à la douleur mais n'hésitera pas à faire le malheureux qui n'en peut plus pour se faire chouchouter • Quand il rentre avec des blessures et autres hématomes en tout genre d'un match, il en est fier parce que c'un z'homme et qu'il a fighté comme un guerrier • Mercredi, jour du petit déjeuner liquide. Smoothie détox en tout genre et fait dans un tablier à fleurs, SVP ! Evitez les mercredis si vous voulez pas qu'il vous force à boire ces mélanges colorés • Il fume quand il est éméché mais sinon beurk caca ! •   


Vie alternative
Sa vie est identique à la vie réelle jusqu'à ses 17 ans. Papa'u ne succomba pas à la maladie, mieux que ça, il était en pleine forme. C'est Mama'u qui se retrouva avec une santé fragile. Il prit le chemin de l'Angleterre à ses 20 ans avec sa petite amie. Maimiti eut des doutes sur ce qu'il traficotait de son temps libre, le soupçonnant d'avoir un penchant pour les hommes. De peur de le perdre, elle le confronta à sa famille lors des vacances de noël, sachant pertinemment que sa famille se rangera de son côté à elle et le forcera à être « raisonnable ». Ce qui arriva avec une hospitalisation de Mama'u suite à la conversation houleuse. S'en suivit donc une confrontation musclée entre les hommes Tinorau : ta connerie ou tu sors de cette famille pour toujours. La loyauté et la peur de l'abandon prima sur le reste, il enterra son attirance pour les hommes et ça ne revint plus sur le tapis.

Il enchaîna échec sur échec en Angleterre, perdant sa bourse et éjecté de son club de rugby. Sans sa bourse, pas les moyens de rester sur le sol britannique : il rentra en N-Z où il aida papa'u dans ses plantations en tout genre. Maimiti et lui se marièrent, elle avocate, lui maraicher du coin, le meilleur du coin. 1, 2, 3 enfants plus tard, Maimiti prit un jour la porte pour un PDG russe, plus riche, plus cultivé, plus de plus. Père célibataire, il tente de de s'en sortir aidé de papa'u et mama'u, son penchant pour les hommes continuant de le hanter, surtout que le cuistot à qui il livre ses légumes est à son goût, trop mais nawh, bas les pattes.

Dans cette vie, Casey a une jovialité plantée d'aigreur et d'amertume : moins de patience, bagarreur pour se défaire de sa frustration, homophobe par dépit : pour faire genre devant les siens et parce que ça l'agace, il peut pas lui. Père de famille accompli, seul point heureux dans sa vie, sa famille avant tout, de toute façon, lui, il est relégué au dernier plan.




You, behind your computer
prénom/pseudo ∞ Yorah. ; âge ∞ Ca, on fait pas. ; Comment es-tu arrivé là ? ∞ Tom Hardy m'a dit : lève-toi et joue-moi. OKAY ;  Je suis un ∞ un scenario de MA LAMPE ; Que penses-tu du forum? ∞ C'moisi du slip ici  ; Un dernier truc à dire? ∞ C'PRESSANT. ;
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©aslinn.


Dernière édition par Casey Ottley-Tinorau le Mer 14 Mai - 12:26, édité 3 fois
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Casey Ottley-Tinorau

∾ Incantations : 13
∾ Avatar : Tom Hardy-du-zizi


MessageSujet: Re: Le rire sincère est l'éloquence vraie, il est plus efficace que la parole.   Lun 28 Avr - 8:48



This is my story
" I wanna hurry home to you
Put on a slow, dumb show for you and crack you up "





N-Z ; 1983
Elle était toujours de mauvaise humeur et si elle était de bonne humeur, cela ne durait jamais assez bien longtemps. Tout était une raison pour devenir grincheuse et hurler. Hurler : elle avait les cordes vocales pour. Des solides, trop solides et infatigables. Une voix horrible en sortait toujours, un son que Casey détestait par dessus tout. Alors il courbait toujours le dos et obéissait au doigt à l'oeil juste pour que le silence frappe ses tympans mais elle gueulait toujours, toujours, toujours. Il jouait dans le silence, il jouait en sachant pertinemment qu'il se fera tombé dessus par la reine mère qui trouvera forcément quelque chose à dire. Toujours en bonne chieuse de service. Pas étonnant que son père tira sa révérence pour un ailleurs au son plus doux, pour un ailleurs sans Casey, sans elle. L'hystérique vire tyrannique puis déserteuse. Casey, comme un chiot abandonné, planté à l'arrêt de bus, sac à dos dans les bras et un mot dans le creux de la main. Un mot qu'il garde précieusement contre les caprices de la météo, un mot important pour que sa mère vienne le récupérer. « Ne perd pas ce mot et donne-le à une personne » Qu'elle a dit avant de se tirer, qu'elle a dit rien de plus, rien de moins. Puis Madame Tinorau se pointe comme une colombe, l'enfant lui tend le papier alors qu'elle lui demande ce qu'il attend depuis le début de la journée à cet arrêt de bus. Son visage se fait sombre et sa bouche se retrousse en un rictus indigné avant de proposer au gamin de la suivre s'il veut un lait chaud avec des biscuits. Son anglais est chaotique mais l'accent sonne comique. Casey quitte son banc et suit la madame qui tort le papier avant de le déchirer en mille morceau en jurant dans un langage qu'il ne comprend pas … en tout cas pas pour l'instant. C'est ainsi qu'elle sortit de sa vie et qu'une autre entra pour ne plus en sortir. Maman. Un titre facile mais qui requière une tête haute pour en porter la couronne. Rangitea Tinorau en avait le port de tête et elle devint reine.
***
« Mama, tu te souviens quand tu m'as trouvé à l'arrêt de bus y'a des années » « Hmm » « Tu peux me dire maintenant ce qu'il y avait écrit sur le petit bout de papier ? » Mama regarde le sol puis soupire, ne pouvant plus retarder ce moment maintenant ayant promis de lui dire un jour, quand il sera plus grand. Maintenant, il est un adolescent, bien assez fort pour apprendre la vérité, pour l'encaisser. « C'était écrit : merci à celui ou celle qui lit ce mot d'emmener mon fils à l'orphelinat le plus proche » Elle récite par cœur ce bout de papier dont elle n'a jamais oublié les mots, le regard peiné qui enveloppe Casey, son fils. « La salope » « Casey ! » « Bah quoi ? Y'a pas d'autre mots qui peut la qualifier mieux que celui-là » « Oui mais ça reste ta mère, celle qui t'a donné la vie. Sois respectueux au moins pour ça » Casey hausse les épaules, rien à carrer clairement « Elle a fait une erreur en écrivant son mot. A la seconde où elle a pensé à m'abandonner, je n'étais plus son fils mais déjà le tien » Mama'u le regarde, le visage impassible mais sa main vient se poser sur celui de Casey. « Ae ra » Et ce fut la dernière fois que le sujet de sa mère biologique revint sur le tapis car pour Casey, elle était morte officiellement.

N-Z ; 1996
Des disputes, il y en a eu. Des bagarres, il y en a eu. Des tas. Normal dans une famille où trois garçons évoluent, des garçons ayant la gâchette facile, des garçons qui se cherchent constamment. Ce jour-là, ce fut différent. Vaheiana, toujours fourrée sur les pas de ses frères, sonne l'alarme et va chercher Mama'u pendant que Heiarii et Casey se rentre dans le lard pour une raison bête, un jeu qui a mal tourné, une insulte mal digérée et une démonstration de qui est le chef ici. Rainui s'improvise arbitre et encourage la mêlée plutôt que de les arrêter, le perdant lui refilera son argent de poche comme ça a toujours été convenu. Sauf que le réel chef de la famille se ramène et Rainui fait figure basse, Toofa a dans sa main une branche de Kava et ça présage rien de bon pour les trois réunis. Mama'u se serait contenter de leur hurler dessus mais Papa'u, c'est toujours à l'ancienne qu'il règle les conflits. La branche se claque contre chaque surface de corps qu'elle rencontre et les deux adolescents s'arrêtent finalement dénonçant l'un et l'autre comme fautif « Hoihoi » Le silence s'installe « E noho » Les trois posent leurs postérieurs sur le sol sans demander leurs restes, mâchoires contractées. Toofa part dans une engueulade dans sa langue natale avant de pointer Rainui de l'index pour qu'il affirme qui a commencé. Solidaire, il hausse les épaules ce qui agace encore plus l'homme. Vahei ramène sa fraise accompagnée de Mama et Tehotu « C'est Heiarii qui a commencé, Papa'u. Il a traité Casey de Pakeha » Son regard se pose sur Casey, une teinte de mépris dans l'iris car au fond, il est un Pakeha, un non-maori, c'est un blanc que sa femme lui a imposé mais il sait aussi que c'est une insulte blessante pour celui qui se sent Maori. « Je suis pas un Pakeha, je suis né ici et j'ai grandi ici » Toofa lève une main coupant la parole à tout ceux qui voudrait la prendre, le débat s'arrête là « E tū » Heiarii se lève, les dents serrées et au moment où il allait prendre sa raclée, Toofa se fige et tombe genou à terre. Etouffé dans son orgueil, il refuse l'aide des trois garçons pour se relever et se redresse avant de s'échouer à nouveau sur le sol, perdant connaissance.
***
L'ambiance est terne, lourde dans la maison. Tout le monde est posté sur le banc à l'extérieur et ils attendent le verdict. Finalement, Mama'u apparaît avec le docteur qui a une mine déconfite. Ils le savent tous à sa tête, Papa'u l'a envoyé balader n'ayant aucune confiance dans la médecine occidentale, il veut voir un guérisseur et ça sera son dernier mot. Les semaines s'enchaînent alors que Papa'u enchaîne les traitements à base de plante, si certains lui font reprendre des couleurs, son état ne s'améliore pas complètement. Il a suffit d'un hochement de tête du guérisseur pour savoir que c'est perdu et que tout ce qu'il peut faire c'est soulager sa souffrance le temps de s'en aller comme il se doit. « Papa'u veut dire au revoir à ses fils » Rainui se met en tête de ligne, ainé obligé, Heiarii et Tehotu se colle à sa suite tandis que Casey se met dans un coin. Il le sait que ses réels fils sont Rainui, Heiarii et Tehotu. Si Papa'u n'a jamais été mauvais avec lui, qu'il a toujours été juste si ce n'est froid et distant, l'adolescent sait qu'il ne l'a jamais considéré comme son fils sinon il l'aurait laissé porté son nom de famille depuis. Une demande qu'il n'a jamais cessé de mettre sur la table depuis ses quartorze ans mais à laquelle il s'est toujours pris un non ou un silence qui voulait dire la même chose. Son cœur se serre car pour lui, le vieux Toofa a toujours été comme son père et ce qu'il est aujourd'hui, il le lui doit autant qu'à Mama. Le guérisseur laisse passer chaque fils au compte goutte et alors que le tour de Tehotu arrive étant le troisième, le guérisseur lui barre le passage « Ce n'est pas ton tour mais celui de Casey » Etonné, le maori par adoption se laisse entraîné dans la pièce avant d'être laissé seul avec Toofa. Incertain, Casey se dandine sur ces deux pieds, ne sachant pas réellement ce qu'il fiche ici. « Haere mai » Il obéit simplement et s'approche du lit, se penchant vers l'homme comme il le lui indique. Sa main vient saisir le visage de Casey et fait toucher son front avec le sien. Leurs nez se frôlent et pendant un court instant, ils partagent le même souffle. Le contact s'arrête laissant un Casey au bord des larmes, prêt à pleurer comme un bébé face à cette reconnaissance plus forte qu'un milliard de mots. « Haere atu, Casey Tinorau, toku tama » La brèche se fissure et l'adolescent sanglote, muet par ses propres hoquets mais il écoute ce que lui a ordonné le mourant et sort de la pièce. Ce jour est l'un des moments le plus heureux pour Casey car il a été reconnu comme un fils, comme un membre à part entière de cette famille mais c'est aussi le jour le plus triste car il a perdu un père. Le temps n'oeuvre pas aussi rapidement sur l'orgueil mais l'appel de la mort, si.

Angleterre ; 1998
« Mama'u, t'es pas obligée de coller ta bouche au micro, je t'entends très bien ! Puis je vois que ta grosse poitrine. Je dis pas qu'elle est pas belle hein mais j'aimerais bien voir ton visage » Mama secoue la tête, mi-blasée, mi amusée et finit par bien se caler en face de la caméra. Elle apprend tout doucement à se servir d'un computer correctement aidée de Vahei mais reste encore ébahie devant toute cette technologie. « Alors ? T'en pense quoi ? Je suis belle hein ? » Casey fait un tour sur lui-même, montrant à sa mère son déguisement de rat d'opéra. Mama secoue la tête et lève les yeux au ciel avant de soupirer : son fils ne cessera jamais de faire le mariole faut croire. « Deux filles à moi maintenant » « Ouaip, chère mère. J'ai décidé de changer de sexe » « CASEY ! Ça, on fait pas ! Kao ! Kao ! » « Relax mama'u, je déconne. Je vais à une soirée déguisée avec Maimiti ce soir, elle se prépare, elle viendra te dire bonjour » Quand on parle du loup, Maimiti débarque en furie dans la pièce et balance un objet non identifié sur Casey qu'il évite de justesse. « C'est qui cette Dylan ? Hein ? C'est qui cette pute avec laquelle tu flirte par sms ? » Mama'u s'affole, témoin de la scène « Pute ? » « Attends mama'u, c'est pas ce que tu crois, d'ailleurs hum je vais raccrocher hein » « CASEY ! Les putes, ça aussi on fait pas ! Kao ! Ka...Clic » Casey referme son ordi avant de ramasser l'OVNI, son portable. « T'as fouillé dans mon cellphone ? » « Maintenant c'est moi la fautive dans l'histoire ?! » « Ecoute, c'est rien. Il s'est rien passé avec ce... cette Dylan ! C'est juste une rencontre pendant un match » « C'est ça ! Y'a rien ? » Maimiti s'empare du portable et lit à voix haute les sms et forcément, le c'est rien perd de sa légitimé dans les propos à connotations salaces qui défilent. « Ecoute bordel ! Je n'ai rien fait avec Dylan, rien du tout. Je l'ai pas touché ! Du flirt, oui, oui, j'avoue mais je ne t'ai pas trompé ! Tu peux le voir dans les sms, y'a eu proposition, j'ai refusé ! » « Tu sais quoi ? Je vais faire au plus simple, je vais l'appeler » Casey s'élance sur sa petite amie comme un diable sorti de sa boîte « Non, non, pas la peine ! Pas la peine ! Rends-moi mon téléphone » « Va te faire foutre » « J'irais promis mais rends-moi mon portable » « En plus, tu oses faire de l'humour ?! Lâche-moi … Allo ? Comment ça allo sexy ?! NON ! C'est pas Casey, c'est sa petite amie. C'est pas tes oignons qu'il en aie une et de toute façon, je veux parler à Dylan. Passe-moi cette salope … Ah c'est toi Dylan … Mais … t'es un mec ? … T'es sûr que t'es un mec ?! … Non merci, je ne veux pas de photo de ton entrejambe … CASEY NON PLUS ! »  Clic. Maimiti se retourne pour faire face à Casey, estomaquée. « Dis-moi que c'est une couverture pour couvrir la vraie Dylan, qu'il est de mèche ce mec » « Tu préfère que je te dise ce que tu veux entendre ou qu... » « Arrête Casey » « Dylan est un mec. Pour de vrai » La gifle siffle dans l'air avant de s'abattre sur sa joue. « Ok, celle-là, je la mérite » Vlam. Une autre copine gifle s'étale sur l'autre joue « Celle-là aussi, j'imagine mais avant de m'en foutre une autre, on pourrait parler ? Dis ? … Maimiti chiale pas ! Attends ! T'en va pas » Ce soir là, les habitants de l'immeuble ont pu voir un mec déguisé en rat d'opéra courser une brune déguisée en Bowser. Oui, Peach a le syndrome de Stockholm et voilà la vérité sur Mario Bros.

La porte s'ouvre ; visite surprise. Sur le seuil, Heiarii, une bouteille de whisky dans les mains tout sourire. Pour une surprise, ça en est une. Bonne, peut-être pas. Heiarii pose un regard amusé sur la nudité camouflée sommairement de son frère « Moi qui pensait que t'aurais besoin de soutien après ta rupture avec Maimiti, je me rend compte que tu t'en sors plutôt pas mal et que j'ai foutu en l'air un billet N-Z/Angleterre pour rien » « T'aurais pas dû te déplacer, ça va, ça va bien » « Je vois ça, tu veux que je repasse p'être ? » Alors qu'il s'apprête à répondre à l'affirmatif, le foutant quasi à la porte, sa conquête de la nuit passée sort de sa chambre en tenue d’Adam. Conquête de sexe masculin contre toute attente. « Hey toi ! T'sais où est mon boxer ? » Figé, Casey désigne d'un regard le tas de fringue planté dans le hall de l'entrée : oui, c'était pressant. « C'est une caméra cachée, c'est ça ? » Le regard de son frère passe de Casey à l'inconnu enfin rhabillé correctement. Pour sûr, il crève d'envie que ce soit une caméra cachée mais Casey en a marre de planquer l'évidence, il en a enfin pris conscience et c'est pas faire l'autruche encore. « Pas vraiment. Attends, je vais t'expliquer ... » « QUOI ?! C'est sérieux ? C'est pour ça que t'es plus avec Maimiti ?! Parce que tu préfère les queues ? » « Je l'aurais dit autrement, un peu plus joliment p'être mais c'est grosso modo ça, ouais » Il essaie de prendre un ton calme, léger pour faire passer la nouvelle mais Heiarii est Heiarii. « T'es une pédale ! J'hallucine, t'es une p'tain de pédale » La main se lève, en gage de paix, instaurer un dialogue ou un truc du genre et se pose sur l'épaule du visiteur « Ecoute, Hei... » Pas le temps de finir sa phrase, son frère lui décoche une droite bien ciblé, mâchoire atteinte, échec et maths. « Me touche pas, PD. Tu me dégoûte » Et Heiarii prend la porte lui-même non sans avoir balancer un gros cachat au passage. « Eh bien, je dois dire que ça, c'est un coming out musclé » « Ouaip … Si tu pouvais suivre son exemple et dégager, ça serait bien » Deux gifles, un coup de poing, ça fait mal d'assumer sa sexualité, bordel. Il reste le reste de la famille, va falloir qu'il prenne une combi rembourrée.

N-Z ; 1999
L'ambiance est joviale, festive, normal en période de fête. Y'a ce froid qui persiste entre Heiarii et Casey que personne comprend alors qu'ils ont toujours été comme les deux doigts d'une main mais soit, la famille apprécie d'être enfin réunie après une année d'absence des enfants dispatchés ci et là par les études, la vie etc... « Casey, t'as des nouvelles de Maimiti ? Tu vas te remettre avec elle ou pas, hein ? » Casey continue de se servir tranquillement, se contentant de faire un sourire de façade à sa petite soeur. Son frère n'en rate pas une et pose sa fourchette « Oui, dis-nous donc comment est ta vie amoureuse en Angleterre, t'as fait des rencontres intéressantes ? » Sans perdre la face, Casey meuble avec des réponses bateaux, devinant très bien où Heiarii veut en venir. « C'est ça, rien d'intéressant » « Arrête, Heiarii » « Non mais dis-leur ! Aurais-tu perdu tes couilles en cours de route ? » « T'as mis une fille enceinte ?! » « Oh bah ça ! Ca risque pas d'arriver » « Tagueule Heiarii » le coup d'envoi et tout flambe « Tu n'aurais pas dû revenir, t'aurais dû rester dans ton Angleterre à la con à souiller le nom que papa'u t'a laissé prendre » « On a passé l'âge de se taper dessus, Heiarii mais me pousse pas à bout. Je t'ai toujours mis ta raclée quand on était ado » « Je ne laisserai pas une tafiote poser la main sur moi » D'un raclement de chaise, les deux frères se redressent, se fixent, animosité tangible « Ca suffit vous deux ! » Casey soupire, envolé le sourire de courtoisie et sa bonne humeur pourtant solide à toute épreuve. Il balance sa serviette dans son assiette encore pleine et baisse les armes. « Je suis gay, c'est pour ça que Maimiti et moi on a rompu, non c'est pas une blague et non ce n'est pas une crise passagère. Ouais c'est scandaleux, oh la la la ! Bouh ! Bla bla bla ... Joyeux Noël, moi, je rentre en Angleterre » Sans dire plus, Casey tire sa révérence et basta. Tout est avoué, y'a plus à faire semblant.
***
Son sac de voyage en oreiller sur ce banc qu'il a très bien connu à ses 5 ans, il attend que le dernier bus de la soirée passe. Il dormira à l'aéroport en attendant le prochain vol et puis c'est tout. C'est marrant comment des années plus tard, il se retrouve encore ici, solitude en seule compagnie, à pas savoir réellement quoi faire, quoi penser. La donne différente, c'est que Mama'u n'est pas comme sa mère biologique, nope. Elle apparaît avec sa lampe torche et impose son large postérieur, forçant Casey à s'asseoir. « Moi, je comprend pas trop à tout ça ... » « Non mais c'est bon » « OH ! Je parle là ! Tais-toi » Reine mère ordonne alors il se la ferme. « C'est une information soudaine, va falloir du temps  » « Je sais » « J'ai dit : tais-toi » Okay okay. Motus et bouche cousue « Pour moi, ça, on fait pas : aimer les garçons quand on est un garçon. Avec le temps, peut-être ça changera, les idées, c'est comme les nuages, ça changent mais ce qui est sûr, Casey, c'est que peu importe qui tu aime ou ce que tu choisis de faire de ta vie t'es mon fils et tu le resteras toujours. Tu comprends ? Rien ne changera dans mon coeur et ça, on fait quand on est une maman » Soulagement et larmes, un poids qui s'envole, il respire à nouveau en enroulant ses bras autour de sa mère. « Je pensais que tu venais me donner un bout de papier qui dirait : Merci  à celui ou celle qui trouve mon gay de fils de l'emmener au dépotoir le plus proche » « Idiot bête ! » La claque qu'il se prend à l'arrière du crâne, ouais, il l'a mérité. « Moi qui voulais te dire de rentrer, dors finalement là. Tu reviendras que demain matin pour le petit déjeuner et je balance tes cadeaux de Noël à la poubelle. Ca, on fait quand on a un fils bête comme ses pieds » « Mama'u, boude paaas ! Je plaisantais ! Y fait froid ! » « Kao ! Dors dehors avec les kiwis » Et il a dormi dehors comme il a dû aller chercher ses paquets-cadeaux dans la poubelle. Mama n'a qu'une seule parole surtout quand elle est vexée.

N-Z ; Fin 2006
Casey s'applique autant qu'il peut même si les effluves du vernis lui donne envie de s'enfoncer du coton dans les narines. Vahei, installée confortablement, lit ses magazines d'ado et autres conneries. « Bouge pas » « Mais je bouge pas » « Tu veux des paillettes roses ou mauves ? » « Je sais pas … T'en pense quoi ? » « Ecoute, je me sacrifie déjà sur l'autel de ma virilité en te faisant tes ongles, ne pousse pas le bouchon » « Rose ! … Oh oh ! Tu as reçu un sms … d'un certain Eashane » Réflexe, l'homme se redresse avant de se détendre : il a bien pensé à mettre un code à son cellphone, aucun risque que sa sœur puisse lire ses sms et surtout pas la teneur des sms qu'il échange avec Eachan : y'a toujours moyen de rendre les choses pressantes. « Pouah ! T'as mis un code à ton portable » « Je me demande pourquoi j'ai fait ça » « C'est qui ? C'est quiiiiiiiiiiiiii ? » « Gigote pas et donne-moi mon portable » « Pourquoi ? Il faut que tu répondes de suite, immééééédiatement à ce … Eashane ? » « Déjà, d'un, tu prononce très mal son prénom, c'est Eachan. De deux, arrête de gigoter. De trois, … de trois … mêles-toi de tes affaires d'adolescente en pleine puberté » Mais ayé, foutu pour foutu. Vahei a agrippé son attention sur un sujet et n'en démordra plus : satané pitbull. La curiosité est un vilain défaut mais chez elle, c'est un défaut démoniaque : Vahei doit savoir ! C'est impératif. Elle ne cessa pendant les deux semaines de séjours de Casey de l'observer, de l'espionner, de tenter de lui voler son cellphone, d'essayer d'attraper au vol des bribes de conversations – mission à laquelle elle échouait à chaque fois – ou bien de parvenir à lire un bout de sms, bref la moindre petite parcelle d'indices pour satisfaire sa curiosité. Mais au final, elle était parvenue à une conclusion qui dépassait en terme d'intensité toutes les questions qu'elle se posait. « Tu souris quand tu lis un sms de lui, tu rigole toujours à gorge déployée, tu regarde toujours ton portable, tout le temps, tout le temps ! Puis t'y met pas de code habituellement donc c'est qu'il est spécial ou juste que vous êtes de gros pervers quand vous êtes ensemble et surtout d'habitude, tu n'as pas hâte de rentrer en Angleterre » Inspecteur Vahei enquête et plante le lampe aveuglante sur son coupable de frère qui fait sa valise. « T'as des sentiments pour lui, hein ? Hein ? Hein ? » Le sourire incontrôlé qui étire le visage du coupable est une réponse mais c'est la seule réponse qu'Vahei obtiendra.  

Angleterre ; 2007
Les cartons disparaissent petit à petit et Casey ne dévie pas de son objectif : tout ranger le jour-même parce que l'ordre doit régner et l'amas de carton l'agace profondément. Il s'autorise néanmoins une pause rapide pour ouvrir au facteur «  Whaiaipo ! Y'a un colis à ton nom venant de … ma sœur ?! Pourquoi elle met pas mon nom celle-là ? » « Eachan ça sonne mieux que Casey » « Eashan tu veux dire ? » « Sonne toujours mieux que Casey » Casey s'arrête, quittant enfin ses rangements des yeux pour voir ce que son homme traficote depuis qu'il a commencé à faire son maniaque. « Mais qu'est ce que tu fais ? C'est le tas à recycler là ! Tu fous le bordel » « Une table basse » « Ca y ressemble pas » « T'as pas l'oeil artistique, c'est tout » « Et toi, pas réellement des mains douées » « Tu disais pas ça hier soir » « Bref ! Ouvre le colis ou je le fais moi-même » « Bas les pattes, c'est mon colis » Eachan le lui prend des mains et l'installe sur sa table basse en carton « Tu vois, elle tient » « Ca ira quand même à la poubelle » Haussant les épaules, le néo-zélandais retourne à ses rangements quand il se stoppe direct, intrigué par le rire franc de son homme à côté de lui. « Quoi ? Elle a envoyé quoi cette saleté ?! » Impossible pour Eachan de répondre, perdu dans un fou rire incontrôlable. D'un grognement, il quitte son poste et vient se pencher au dessus de son homme, prenant enfin connaissance du contenu du colis : des photos très ridicules de lui tout le long de son enfance avec des annotations de la main de Vahei sur des post-it en forme de fleurs. Bon emménagement, soit-disant. Tu parles « Alors comme ça, tu avais un doudou en forme de kiwi jusqu'à 14 ans ?! » Les photos défilent chaque fois ponctuées d'un rire d'Eachan « Je te trouve bien silencieux » « J'échafaude ma vengeance pour mon prochain retour en N-Z » « A ce que je vois, tu étais déjà exhibitionniste à te balader partout tout nu » « Eh ! Je savais déjà que j'aurais un corps d’athlète, je m'habituais à ne pas le cacher » « Par contre, je dois avouer que même en grandissant, ça a gardé sa taille d'enfant » « J'espère que t'aime ta table basse, tu dormiras dessus ce soir » « Tu m'y rejoindras à coup sûr » « Tu peux toujours courir »

N-Z ; 2010
« Entre, entre » Casey se recule pour laisser entrer Rainui et sa dernière fille, Rangitea. « Viens voir Tonton Casey toi » Oncle gâteau la prend dans ses bras et la faire tourner avec lui. « Elle vient de manger une glace, à tes risques et périls » « M'enfout, tu nettoieras » « Je te donnerais clairement pas un bain, je laisse ça à Eachan » « Ca lui fera plaisir » « Vous vous êtes bien installés et bien entendu, t'as déjà bazardé les cartons. C'est quoi ce truc là-bas ? » « Une étagère en carton … cherche pas à comprendre. D'ailleurs, merci d'avoir superviser les travaux de la maison » « Pas de soucis, faut bien fouetter de temps à autre les ouvriers » Les deux frères vont s'installer dans le salon, Rangitea agrippée au dos de son oncle. « On est venu t'annoncer une nouvelle. Rangitea, tu lui dis ? » « Ouais, dis-moi tout princesse » La nouvelle tombe, Rangitea va être grande sœur et Rainui, papa à nouveau. Pour une fois qu'il apprend pas ça par skype ou email, là, en live. Peut-être que c'est ce détail qui change la donne mais l'oncle gaga se fige avant de se laisser submerger par l'émotion. « Félicitation … C'est super … ouah ! C'est super » Trémolos dans la voix, il se retient, se contient, essayant de détecter ce sentiment qui grouille en lui. « On en a discuté avec Nath' et on se disait que pour ce bébé, tu pourrais être le parrain, si ça te dit, vu que tu n'as pas d'enfant » la dernière phrase, elle va se nicher direct dans son ventricule. En plein dans le mille. Vrai, il en a pas, pas encore. C'est toujours ce qu'il disait au fond, pas encore mais un jour  puis il pensait à autre chose ne se posant jamais réellement face à cette question. N'y tenant plus, ses yeux deviennent humides, perdu entre la joie pour son frère et ce vide qu'il ressent, là de suite : il n'a pas d'enfant. « Si ça me dit ? Déconne pas ! J'en serais honoré ! » Il met le doigt enfin sur ce sentiment en latence : l'envie.

Casey est avachi dans le canapé, pieds sur la table basse, une pas construite par Eachan. Il attend son retour, les doigts plantés dans un pot de cornichon, semblant de réconfort en attendant celui qui ne tarde pas à rentrer. « La télévision est éteinte et le pot de cornichon est de sorti … T'as encore regardé Bambi ? » « Viens-là » Il saisit la main de son homme et l'attire sur le canapé contre lui. « Rainui est passé tout à l'heure, Nath' et lui vont avoir leur quatrième enfant et il m'a proposé d'en être le parrain » « C'est super comme nouvelle, pourquoi cette tête ? » « Ca fait envie … Pas toi ? » Un silence vague s'installe alors que leurs doigts s'entremêlent « Je sais pas … Tu sais avec les parents que j'ai eu,  je crois pas que je serais un candidat idéal puis quand je vois au boulot, des personnes qui reproduisent le même schéma parental inconsciemment … Non, je … non » « Je suis sûr que tu feras mieux que tes propres parents parce que justement tu as vu les erreurs qu'ils ont fait tout le long » « Peut-être que tu as raison, peut-être pas. » « J'ai toujours raison » « T'en as des bonnes encore comme ça ? »

Le temps passa, ponctué ci et là de périodes où Casey laissait des signaux plus ou moins subtiles concernant son envie d'être père. Les enfants de ses frères apparaissaient comme par magie chez lui, beaucoup plus qu'avant. La pièce à débarras fut nettoyée de fond en comble et vidée : au cas-où un jour ils auraient besoin de cette pièce. Pièce qui fut repeinte en jaune parce que c'est une couleur mixte. Pollution intensive d'articles en tout genre et site internet concernant les enfants des historiques internet. Achat de chaussettes en trop à accrocher à la cheminée pour Noël « Ils les vendent par lot, deux grandes puis des toutes petites, c'est mignon. Je vais les accrocher aussi » Comme ça, juste pour voir, right ? Halloween : mais si c'est amusant d'accompagner les enfants faire du porte à porte. Pâques : on fait une chasse aux œufs dans notre jardin. Coup d'envoi : « Eachan, Gimli, Gimli, Eachan » « Un chien ? Sérieusement ? » « Bah oui, ça pourrait faire un bon entraînement » Tout était bon pour être un entraînement de toute manière.

N-Z ; 2011
Le paysage est chaotique, vestige d'une colère piquée par Dame nature rappelant à l'homme qui est le chef sur cette terre. Casey prend la relève de Vahei au chevet de Heiarii, plongé encore dans un sommeil artificiel, traumatisme crânien. Bien entendu, il n'est pas obligé d'être là, il pourrait très bien être chez lui à passer une soirée plus agréable aux côtés de son mari surtout après le comportement plus que merdique de son frère à son égard mais il est là, Casey. Là pour celui qui a été des années plus tôt son meilleur ami, son confident, son frère. Il est là parce que les souvenirs ne s'effacent pas, parce que Heiarii a été le premier à accepter le blanc qu'il était lors de ses premières semaines chez les Tinorau mais aussi le premier à l'avoir rejeter. Il n'est pas rancunier, surtout pas avec sa famille d'adoption et si Heiarii est Heiarii, Casey est Casey. C'est ainsi. Heiarii aura besoin de soutien à son réveil, il apprendra qu'il est veuf et qu'en plus d'avoir perdu sa femme dans ce tremblement de terre, il a perdu ses jambes, celle qui faisait de lui un sprinteur accompli, sa fierté.

Les hurlements sont plaintifs, douleur à l'état brut. Le docteur sort en trombe de la chambre en recherche d'un membre de la famille ou quelqu'un pour tenter de calmer le paraplégique fraîchement réveillé sinon il devra se prendre une injection de calmant. Casey entre, évite de justesse le plateau repas que Heiarii balance sous l'impulsion de rage qui émane de lui. Ses poings viennent frapper ses jambes mais rien, il ne sent rien. Il y plante ses ongles : toujours rien. Sortant de sa torpeur au moment où son frère s'empare du couteau en plastique, Casey le maîtrise sur le lit d'hôpital, le forçant à rester allongé. « Arrête Heiarii, arrête. Stop ! » Mobilisé, empêchant sa rage de s'évader, l'infirme se répand en larmes de désespoir agrippant le t-shirt de Casey, seul support qu'il a à ce moment précis. Un support qui pleure avec lui, partageant sa peine.

« Etre de mauvaise humeur constamment, je veux bien, être impoli, c'est okay mais me balancer la nourriture que je t'apporte, c'est moyen moyen. Pour une fois que je réussis ce plat en plus sans suivre le bouquin » Tentative d'humour qui rencontre un échec cuisant « Tu m'emmerde ! Je t'ai rien demandé ! J'ai pas besoin de toi » La patience de Casey rencontre sa limite et lui aussi explose. Il veut bien croire que c'est difficile mais ça fait trois semaines qu'il l'endure à temps plein. Ouais, il sait gueuler aussi, preuve : « C'est toi qui m'emmerde, d'ailleurs tu m'emmerde depuis des années maintenant ! Alors tu vas arrêter de me briser les couilles parce que oui, tu as besoin d'une putain de personne en attendant que tu daigne ravaler ta fierté de merde et faire cette foutue rééducation pour apprendre à vivre avec ton handicap. Alors, ouais, Rainui, Tehotu et Vahei ont leur vie de famille, Mama'u peut pas s'occuper de toi seule, il te reste que le gay qui comme un con veut bien se dévouer. Fais avec ou crève de faim, j'en ai rien à foutre » Bim. Le verre d'eau part se briser contre le mur : il sait balancer aussi. Les mots sont durs, certains sont pensés, d'autres juste balancés sous la colère mais Casey claque la porte, soufflant un bon coup pour se calmer avant de rejoindre Eachan « Bon, je vais me changer et on va se faire un ciné. Il se démerdera pour aujourd'hui »

Après une réconciliation bancale, bien entendu enclenchée par Casey, Heiarii se décida enfin à partir en centre de rééducation, laissant enfin Casey et Eachan reprendre leur train de vie. Il avait bien assez imposé la présence de son frère à son homme et enfin, c'était fini. Sauf que les drames de famille ne prennent jamais congé. Quand un se règle, un autre débarque, travail d'équipe.

2013 ; Irlande

La porte claque du bureau claque « Il est où le dossier jaune ? Je le retrouve pas, t'as rangé le bureau. Quand tu range tout, je m'y retrouve pas » « Dans le tiroir de gauche, avec les autres dossiers de l'avocat » « Rha ! Ca m'agace, ça m'agace vraiment que tu range tout. Trouve-toi une autre occupation, bon sang ! » « Je le ferais » « Tu m'énerve vraiment » « J'entends ça » La porte claque à nouveau. Casey s'étire avant de soupirer, lui aussi, il a hâte que ce soit fini. Qu'ils rentrent enfin dans leur maison à reprendre leur vie tranquillement et non vivre à des kilomètres l'un de l'autre. Dormir seul, il en a perdu l'habitude depuis des années maintenant et sans Eachan, la maison est vide, trop vide. Il s’ennuie, d'Eachan surtout, sa vie se résumant à la même chose : entraînement-maison-skype-dodo. Quitte à être parfois le punching ball de service, ça le dérange pas pour quelque jours avec son homme et l'Irlande, c'est un beau pays.

Sentant une main dans ses cheveux, Casey ouvre un œil et se redresse légèrement « Tu viens regarder la télé avec moi ? » « C'est plutôt la télévision qui te regarde » « Décalage horaire » « Pour tout à l'heure, j'étais à cran à cause de la paperasse, je voulais pas être désagréable » « C'est okay, c'est okay. On va se coucher ? Je t'attendais pour y aller » « Oh comme c'est mignon » « Garde cette réplique en mémoire, tu me la ressortiras demain matin » « Je boirais pas ta mixture dégueulasse » « On verra ça demain. J'ai de nouvelles idées pour te la servir » « Je doute que ça me fasse changer d'avis » « En attendant, moi, j'ai changé d'avis, j'ai plus envie d'aller me coucher » Il attrape son homme et l'attire à lui. Rapidement, les fringues s'entassent sur le sol : c'est pressant voyez-vous. 2 mois quand même. Et tant pis pour les oreilles des voisins

N-Z ; fin 2013
L'oeil passe de personnes en personnes, pressé, impatient. Casey ressemble à un gamin qui attend ces cadeaux de noël et le sien vient tout droit d'Irlande. « Tu le vois ? » « Non » Casey s'impatiente, déjà que le vol a eu du retard en plus de ça. Sa sœur est dans le même état que lui, hâte de voir son beau-frère préféré, bien que bon, Eachan gagne haut la main : c'est le seul qu'elle a. « Je suis prioritaire bien entendu » « Je crois pas non, c'est mon homme, okay ? » « Mais tu l'as vu y'a trois mois, moi, je l'ai pas vu en un an ! » « T'auras qu'à courir plus vite que moi » « Pffff » Le flot d'arrivés s'écoulent et toujours pas d'Eachan en vue. Ah ! Ah ! Ah quoique ! Le cri strident de Vahei sonne le départ de la course et les deux Tinorau se ruent vers celui par alliance. Câlin à trois têtes et profusion d'émotion. « Plus haut la main, Vahei. Je te vois ! » « C'est mon cul ou moi qui t'a manqué ? » « Et dire que c'est à moi que devrait revenir cette question » Vahei, amusée, fait un clin d'oeil à son beau-frère alors que Casey se recule, à contre-coeur. Eclair de lucidité : aéroport dit parfois paparazzi et vu sa notoriété croissante, il faut qu'il renvoie une image qui satisfasse le public. Qui sait ? La loi du Marriage Equality vient d'être votée et comme l'a dit Mama'u un jour, les idées, c'est comme les nuages, ça changent. Viendra peut-être enfin le moment de ne plus faire semblant. Conversation silencieuse, Eachan capte et passe un bras autour de ses épaules. A la maison, ça sera une autre histoire … dès que Casey aurait réussi à foutre Vahei dehors.

©aslinn.


Dernière édition par Casey Ottley-Tinorau le Jeu 8 Mai - 20:12, édité 3 fois
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Eachan Flanagan

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∾ Avatar : j. mcavoy


MessageSujet: Re: Le rire sincère est l'éloquence vraie, il est plus efficace que la parole.   Lun 28 Avr - 9:13

lemme die.

                                                                                          

       

VIENS ICI QU'ON FASSE DES BÉBÉS.

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Casey Ottley-Tinorau

∾ Incantations : 13
∾ Avatar : Tom Hardy-du-zizi


MessageSujet: Re: Le rire sincère est l'éloquence vraie, il est plus efficace que la parole.   Lun 28 Avr - 9:16

MY BODY IS READYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYY
enzejfnegfneihgergerjhgbehbehbgekrgberg

  

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Garrett Fairfax

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∾ Job : À la tête d'une compagnie de publicité


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Relation du perso:

MessageSujet: Re: Le rire sincère est l'éloquence vraie, il est plus efficace que la parole.   Lun 28 Avr - 10:48

TOI ! Viens qu'on s'aime pas !   

  
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Casey Ottley-Tinorau

∾ Incantations : 13
∾ Avatar : Tom Hardy-du-zizi


MessageSujet: Re: Le rire sincère est l'éloquence vraie, il est plus efficace que la parole.   Lun 28 Avr - 11:06

YAAAAAY BABY !!


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Freddie Lee Conrad

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MessageSujet: Re: Le rire sincère est l'éloquence vraie, il est plus efficace que la parole.   Lun 28 Avr - 18:59

RIEN QUE TU CASSES LE MYTHE   

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Simon Costelloe

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MessageSujet: Re: Le rire sincère est l'éloquence vraie, il est plus efficace que la parole.   Lun 28 Avr - 19:05

myaaaggaaood c'est quoi ce gif Eachan? *pleure de rire*

FAIIIBLEEEE FAAIIBLEE FAIIIBLLEEEE  norah norah norah norah norah  j'ai hâte de voir ce que vous allez nous pondre comme histoire bande de couquines norah
Enfin met pas des avatar comme ça Yoyo ça donne envie de faire des tites tresses avec de perles dans ta barbe  What a Face What a Face What a Face 
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Casey Ottley-Tinorau

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∾ Avatar : Tom Hardy-du-zizi


MessageSujet: Re: Le rire sincère est l'éloquence vraie, il est plus efficace que la parole.   Mer 14 Mai - 12:31

J'me valide

Simon, y'a d'autre endroit pour m'faire des tresses t'sé norah

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MessageSujet: Re: Le rire sincère est l'éloquence vraie, il est plus efficace que la parole.   

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Le rire sincère est l'éloquence vraie, il est plus efficace que la parole.

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