Partagez | .
 

 Aubrey ☼ Seul un acte de pur amour pourra faire fondre un coeur glacé.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar
Aubrey Keller

∾ Incantations : 395
∾ Avatar : Jane Levy
∾ Job : Patineuse Artistique


Infos supplémentaires
Relation du perso:

MessageSujet: Aubrey ☼ Seul un acte de pur amour pourra faire fondre un coeur glacé.   Mar 4 Fév - 10:26



Aubrey Keller
"On ne vit que d’illusions. Les apparences sont infiniment plus savoureuses que les réalités."


date & lieu de naissance ∞ Née le 04 septembre 1992 à Christchurch. ; âge ∞ 21 ans. ; nationalité & origines ∞ Néo-Zélandaise d'origine Française. ; métier ∞ Patineuse artistique. ; orientation sexuelle ∞ Bisexuelle. ; dans ton ipod ∞ Happy de Pharrell Williams. ; groupe ∞ Sweet.; crédit ∞ Tumblr. ; célébrité ∞ Jane Levy. ;


Caractère
Jalouse Possessive Impulsive Tête en l'air Impatiente Confiante Audacieuse Franche Bornée Gourmande Espiègle Persévérante Drôle Maligne Ouverte Amicale Curieuse Commère Optimiste Indépendante Loyale Digne de confiance Compréhensive Énergique Enthousiaste Sûre d'elle Dynamique Rancunière Susceptible Entière Passionnée Caractérielle Naturelle Simple Attentive Vierge Altruiste Sociable Manque de Tact Bruyante Extravertie Sensible Fêtarde Imprévisible Bordélique Enjouée Décalée Vive Gaie Protectrice Sportive Casse-cou Chiante Déterminée Exubérante


Merci de nous rejoindre. Ici Neassa, en direct sur canal 2, pour vous servir ! Vous l'attendiez tous, et nous l'avons fait pour vous ! Vous désiriez en apprendre plus sur la vie de notre future championne Olympique, Aubrey Keller ? Nous allons interroger ses plus proches amis pour vous ! Suivez la guide.

[Au lycée de Christchurch]
{A une ancienne camarade de classe} Vous connaissez Aubrey ? Bien sur, on a été dans la même classe pendant des années. C'est une fille géniale, elle a toujours le sourire aux lèvres et le mot pour vous faire rire, bien malgré elle parfois, il faut l'avouer. Elle sait s'entourer et est toujours partante pour faire la fête. Elle est bien plus espiègle que studieuse, pour sur. Mais au delà des apparences je sais que c'est une fille sur laquelle on peut compter. Ah oui ? C'est une fille très responsable, attentive et altruiste. Elle est à la fois le bout en train qui va te pousser à te lâcher mais aussi l'oreille attentive qui t'écoutera pendant des heures si tu as besoin de te confier. Tenez, moi par exemple, quand j'ai cassé la première fois avec Josh, c'était la seule qui était là pour me réconforter. Depuis, on est à nouveau ensemble mais... Vous connaissez Josh ? Grand, brun les yeux noisettes... Le sourire tombeur et une sale manie à regarder les jolies filles dans la rue. Vous vous rendez compte ?! Même quand je suis avec lui il ne peux pas s'en empêcher ! Je devrais faire quoi d'après vous ? Hum... Question difficile. Le larguer par exemple ? Oh excusez moi, j'ai à faire.
{A un professeur de lettres qui passait plus loin} Que pensez vous d'Aubrey ? Aubrey ? Si vous voulez mon avis, elle devrait arrêter de fricoter avec les étoiles et redescendre un peu plus sur terre. Combien de fois j'ai dû la rappeler à l'ordre dans mon cours, alors qu'elle avait la tête dans les nuages ? Ou alors, madame parlait sans cesse avec ses voisins de bureau. Mais que pouvais-je lui reprocher alors qu'elle me rendait toujours un devoir parfait ? C'est dommage qu'elle n'ait pas continuer dans cette voie. Quelle idée, patineuse... c'est pas avec ça qu'elle va gagner sa vie. Vous savez, mes auditeurs ne sont pas de cet avis, je trouve même qu'elle a un certain talent. Proust avait du talent, et vous savez comment il a fini ? Surtout quand on sait que tous les sportifs sont des drogués. J'espère qu'elle ne finira pas en cure de désintox à l'autre bout du pays. Ces gosses, en trente ans de carrière c'est toujours la même chose ! Donnez leur la main et ils vous prennent le bras ! Hum, certes... Passez le bonjour aux sœurs Brontë pour moi !

[A la patinoire de Christchurch]
{A une jeune fille dans les vestiaires} Excusez moi est-ce que... Kyaaaaaa. Y'en a qui se changent ici ! Vous voyez pas que vous dérangez ? Dégagez ! Ah hum. Désolée...
{A une patineuse tout juste sortie de la pièce} Quand vous entendez Aubrey, quel est le premier mot qui vous vient à l'esprit ? Là comme ça ? Connasse. Ah ? Nan mais franchement, elle se prend pour qui cette grognasse ? Avec ses grands airs et sa fierté mal placée. Franchement, elle pète plus haut que son cul et un jour je promet de la coiffer au poteau. Juste parce qu'elle est un peu plus douée que la moyenne elle se croit tout permis ? Pff, j'ai eu le malheur de lui dire tout haut ce que tout le monde pensait tout bas et Madame joue la susceptible et n'accepte pas les reproches. Elle devrait vraiment se poser des questions parfois. Désolée mais j'ai mieux à faire qu'à parler d'elle. Si je veux la battre, je dois partir m'entraîner. Tcho.
{A un garçon qui prenait le chemin inverse} Cette jeune fille est... Jalouse assurément. Comme la plupart des filles ici. Elles adoptent deux sortes de comportement : soit elles l'envient, soit elles l'admirent. Et quel est votre opinion ? Personnellement, je trouve qu'elle le mérite. Elle s'entraîne suffisamment pour ça. Certains diraient même beaucoup trop. Mais que voulez vous ? Je ne peux que la comprendre. Quand on est vraiment passionné, on donne tout ce qu'on a. Et Aubrey, quand elle s'élance sur la glace... elle est tout bonnement métamorphosée. La fille rigolote qui amuse la galerie se transforme en femme fatale hissée non pas sur des talons haut mais sur des patins. Vous semblez beaucoup l'apprécier... Est-ce que vous vous fréquentez en dehors des heures d'entraînement ? *rire* Je ne suis pas certain de pouvoir répondre à ça. Oh allez, les auditeurs meurent d'envie de savoir ! Au risque de vous décevoir... Il n'y a rien entre elle et moi. On s'entraîne ensemble, on se conseille, on s'entend bien... Mais ça n'ira jamais plus loin. Pourquoi ça ? Honnêtement, si ça devait se produire, je serais loin d'être contre. On ne va pas se mentir, elle est plutôt canon. Mais Aubrey... Ah je sais pas. C'est comme si elle mettait une barrière invisible entre elle et les hommes. Elle est pas farouche, loin de là. Mais toutes ses relations sont... amicales. Je me demande même si elle a déjà été amoureuse. En tout cas, j'en connais plus d'un qui s'y est cassé les dents. Et moi, je n'essaie même pas. Si vous deviez la résumer en un mot ? Un seul ? Bon allez, deux pour la route. Hum... Enthousiaste et Dynamique. Merci.
{A une gamine qui s'est jetée sur elle} Vous parlez d'Aubrey ???? Elle est classe hein !!! Elle est gentille en plus, elle fait pas comme d'autres à me virer des que je l'approche. Pis elle est toujours de bon conseil. Qu'est-ce qu'elle patine biiiiiien. Plus tard, j'voudrais bien être comme elle. Ma maman dit qu'elle est enjouée, je sais pas ce que ça veut dire mais j'aimerai bien l'être aussi. Dites vous croyez que plus tard je pourrais être comme elle, diiiiiiites. Mais... Certainement ! Je comprend mieux ce que voulait me dire le garçon de tout à l'heure...
{A son entraîneur} Qu'est-ce qui vous plaît le plus chez Aubrey ? Sa persévérance. Elle n'abandonne jamais et recommencera autant de fois qu'il le faut pour réussir. Ça n'a pas été évident de la motivée, mais elle ne s'est jamais découragée. Si vous ne deviez citer qu'une qualité ? Audacieuse. Et un seul défaut ? Impulsive ! Celle là, elle est imprévisible. Il faut s'attendre à tout avec elle. Vous croyez commencer à la cerner et à pouvoir la superviser et voilà qu'elle vous surprend encore. Ce serait une erreur de croire qu'elle peut entrer dans le moule... Je ne sais pas si c'est parce qu'elle n'a pas eu de père mais... Elle tient farouchement à sa liberté et à son indépendance. Ah ! Mais c'est pas moi qui vais le lui reprocher. J'étais pareil au même âge. Elle a son caractère, tout comme moi. C'pas évident de communiquer, quand elle a une idée en tête, elle s'y tient. Pire qu'une tête de mule. Mais je l'aime bien cette petite. J'espère qu'elle ira loin.

[Au salon de thé de sa mère]
{A une vieille dame, cliente des lieux} Vous pouvez me parler d'Aubrey ? La petite Aubrey ? La fille d'Abby ? Quelle petite fille adorable. Vous savez, quand elle était plus petite, c'était moi qui la gardait, avec sa soeur, quand sa maman travaillait. Un vrai bonheur. C'est simple, elle riait tout le temps. Et ça n'a pas changé d'ailleurs. C'est une optimiste dans l'âme cette gamine. Rolala, si elle m'entendait. La traiter de gamine. Je sais que c'est une jeune fille maintenant mais je la vois toujours comme une enfant. Si vive, si curieuse et... bruyante, il faut bien l'avouer. Et oui, que voulez vous ! Personne n'est parfait. Et gourmande avec ça, olala. Toujours une part de tarte de sa maman entre les mains. Il faut dire qu'ils sont si délicieux. Vous voulez pas goûter ? Puisque vous insistez... Julia ! Apporte nous deux cheesecakes aux fruits.
{A Julia, serveuse} Vous parlez d'Aubrey ? C'est exact... Ça tombe bien ! Si vous la croisez à l'occasion, dites lui de m'appelez ! Je le ferais, puisque j'ai rendez-vous avec elle tout à l'heure... Vous avez bien de la chance ! J'ai beau lui avoir envoyé une bonne centaine de sms et laissé autant de messages vocaux, je peux attendre que les poules aient des dents pour qu'elle me réponde. Celle là alors... Un soucis ? Aubrey et son téléphone ? C'est une grande histoire. Pour elle, ce n'est qu'un objet plus ou moins utile comme un autre. Je ne vous raconte pas le nombre de fois qu'elle l'a oublié ici... Alors chez elle vous pensez bien ! Surtout que, ce n'est pas pour critiquer, mais ce n'est pas la reine du rangement. Plutôt carrément bordélique même. Enfin bref, pour en revenir à son téléphone... Ou plutôt, la technologie devrais-je dire ! Tout juste si elle sais ce qu'est Google pour faire ses recherches. Pas de marques, s'il vous plaît. On a pas le droit. Enfin bref, vous m'avez comprise. Elle n'approche son ordinateur qu'à de grandes occasions et croyez moi, c'est encore moins que le nombre de jours fériés qui composent une année. Alors si vous la voyez... Je lui dirais d'allumer son téléphone, c'est promis.
{A Abby, sa mère} Alors comme ça on fait un reportage sur ma fille ? Je peux vous interroger ? Sérieusement ? Je serai loin d'être objective vous savez... C'est ma fille après tout ! Justement, vous êtes celle qui la connaissez le mieux.Si vous deviez la décrire le plus précisément possible en quelques mots... ? La première chose à savoir sur Aubrey, c'est qu'elle est... naturelle, entière et vraie. Elle ne fait rien dans la demi mesure. C'est pourquoi on peut la trouver un peu... exubérante. Elle est impatiente, très jalouse et carrément possessive ! Une vraie casse couille quoi. C'est une amie très loyale et fidèle, et en toute objectivité, la meilleure amie qu'il est possible d'avoir. Mais elle ne pardonne pas facilement, elle est très rancunière. Ça fait plus que quelques mots tout ça... Ce n'est pas évident de résumer son enfant comme ça ! Vous y arriveriez vous ? Je ne sais pas, je ne suis même pas mariée alors... Enfin nous ne sommes pas là pour parler de moi ! Haha, si Aubrey était là, elle vous sortirez les vers du nez. Une vrai commère. Elle n'hésite pas à dire tout ce qu'elle pense. Je ne sais pas si sa franchise est un atout ou un défaut, mais ce qui est sûr, c'est que ça lui a déjà joué des tours... Elle manque de tact, en fait. Et elle a horreur de l'hypocrisie. Elle vient souvent vous aider à la boutique ? Il n'y a encore pas si longtemps, oui. Mais depuis qu'elle allie son travail, le patin et qu'elle n'habite plus à la maison... Je comprends, ça doit être dur. Pas tant que ça, l'oiseau doit bien quitter son nid un jour ou l'autre. Et puis, on se voit quasiment tous les jours, ou peu s'en faut... Vous semblez très proches. C'est le cas. Le mot de la fin ? Aubrey est une fille comme les autres, qui vaut la peine d'être connue.


Manies
J'ai le plaisir de vous dire que je suis en présence d'Aubrey et qu'elle a accepté de nous accorder quelques minutes de son précieux temps pour nous répondre, quelle chance ! Franchement, ça intéresse des gens ? Aubrey, tu casses tout mon truc là... Mais t'es ma meilleure amie, pas un grand reporter sportif ! Tu pourrais faire semblant, c'est de l’entraînement, tu comprends pas!Ta mère a joué le jeu, elle. Ah ouais, elle a dit quoi ? Je te ferais écouter si tu réponds à mes questions... ! Pff, vas y, envoie la sauce. Alors Aubrey, comment vous sentez vous ? Là tout de suite ? Hilare. Mais tu t'en doutes. Pardon. Vous vous en doutez. Hum... Les auditeurs veulent tout savoir de vous ! Vos petites manies, vos habitudes, vos tics, vos tocs, tout ce qui fait l'apanage d'un grand champion ! Ah ben, j'aime les tic-tacs ! Nan plus sérieusement, ce serait super loooong de tout lister. Moi je pense que tout le monde a un petit côté Monk en lui. Vous connaissez Monk ? Le détective? Oui. Bon, pour commencez. Vous vous souvenez de cette émission où il fallait reconnaître des chansons qu'avec les premières notes? Ben moi, j'suis pareil: j'entends deux ou trois notes et je me mets à chanter... Ou même un mot, une expression et hop! Ça me déclenche une chanson... Ma meilleure amie, toi donc, m'a dit un jour que j'aurais fait fortune en tant que juke box... Ah ouais, j'ai dit ça quand moi? Tais toi ou je continue pas ! Bref, ça me branche pas tellement, de chanter. Je préfère écouter. D'ailleurs, par exemple, je règle toujours mon réveil une demi heure avant mon heure de lever pour écouter de la musique. Et tu en profites pour te rendormir... Et arrête de te ronger les ongles ! Mais c'est de ta faute aussi ! Je me ronge les ongles que lorsque je suis stressée ! Un rien te stresse... C'est pas faux. Mes mains par exemple. Vous savez combien de bactérie s'y déposent tous les jours ? A chaque fois que je touche un objet non identifié, ou que je fais une activité peu recommandable... Elle parle de sexe là. Nessie ! Tu sais que ce n'est pas possible. Et voilà, tu viens de briser toutes les illusions de nos auditeurs masculins en leur révélant ta virginité. Pour peu qu'il y ait des auditeurs un jour. Puis c'est toi qui vient de le faire ! Je disais donc, je me lave au moins une bonne centaine de fois par jour les mains. De même, si mes livres ne sont pas rangés par nom d'auteur, ça me travaille et je ne serait pas tranquille jusqu'à ce que je l'ai fait. Cette fille n'est pas normale. Je t'emmerde ! Pas de gros mots à la radio ! Ce que tu peux être vulgaire, j'vous jure. Vous connaissez mes bonbons préférés ? Les dragibus. Y'a rien de tel. Mais je ne peux pas m’empêcher de manger les dragibus noirs avant les autres. C'est idiot non ? D'autant qu'ils paraît qu'ils ont la même composition chimique, donc le même goût. Mais pour moi c'est les noirs les meilleurs, c'comme ça. D'ailleurs, je grignotte toute la journée. Tout plein de cochoncetés, les trucs que, rien qu'en les regardant tu prends déjà dix kilos. Sauf toi, monde cruel. Et ouais, je n'ai pas trop de problèmes avec mon poids, je dois avoir un métabolisme d'enfer. J'aime bien cuisiner, aussi, comme maman. Haha laisse moi rire, c'est immangeable ce que tu fais. J'ai pas son talent, je l'avoue. Mes expériences se terminent toujours en désastre culinaire. C'est un empoisonnement. C'est même pas vrai ! Et puis comme je vis seule, je n'ai pas souvent l'occasion de faire à manger. Enfin ça m'arrange car je déteste faire la vaisselle ! D'ailleurs c'est simple, je ne la fais jamais et je bénis chaque jour celui qui a inventé le lave-vaisselle. Un génie ce gars là ! Feignasse. Enfin, le véritable génie, c'est celui qui inventera un système capable de retrouver ses objets perdus en un claquement de doigt, sans avoir besoin de retourner toute sa maison pour se rendre compte qu'au final, non ses clefs n'étaient pas cachées sous le coussin du canapé mais bel et bien au fond de son sac ! Parce que, mine de rien, j'ai une fâcheuse tendance à perdre mes affaires. Clefs, téléphone portable... Pour le téléphone, ça a déjà été dit. Par qui ? Je ne vend pas mes sources, c'est ma déontologie. Déontologie, mes fesses. Bref, du coup, pour éviter de paumer des trucs, Je vérifie toujours derrière moi en me levant d'un siège/banc/canapé... Pour ne rien perdre ou oublier. Et en parlant de vérifier, en rentrant dans une pièce, je regarde toujours s'il n'y aurait pas quelqu'un derrière la porte. Pourquoi? Je ne sais pas. Un traumatisme d'enfance peut être? C'toi qui me traumatise, oui. Tu sais ce qui me traumatisme chez toi ? Ta fâcheuse tendance à ne jamais être à l'heure. Ou la quantité de café que tu peux avaler en une journée. Tu sais que c'est mauvais pour la santé ? Vu tout ce qui est non recommandé pour la santé... Autant s'arrêter de vivre. Et puis si je bois du café, je ne bois pas d'alcool. Menteuse !Simplement, tu ne tiens pas l'alcool. C'comme la fois où... Neassa, ta gueule ! Je sais, je fais tout ce qu'on me dit quand je suis bourrée, je sais. Pas la peine de donner l'astuce au monde entier. Tu viens de le faire. Tu m'agaces. Moi aussi je t'aime. Tu savais que je ne pouvais pas monter ou descendre un escalier sans en compter les marches ? Tout comme tu ne peux pas t'empêcher de renifler tout ce qui passe devant toi, nourriture incluse. Surtout la nourriture tu veux dire ! Des fois qu'on m'empoisonne. Tu t'empoisonnes toute seule avec toute la quantité de sel que tu mets. Tu as fait une faute là. Ça prends pas de e, sel. Tu peux pas t'en empêcher hein, corriger la grammaire et l'orthographe des gens. Ce sont des notes, oh! Ça t'empêche pas de bien écrire. Moi ça m'énerve... C'est comme les attaches de collier. Il faut toujours que je les mette au bon endroit. Sur la nuque. Je crois qu'on va s'arrêter là, tu vas vraiment faire peur aux gens. Quand j'avais dit que la liste serait longue...

On va faire vite, je n'ai presque plus de batterie à mon magnétophone... Quelle prévoyance ! Et sinon, des passions dans la vie ? Le patinage artistique. Ça je sais, nous savons. Je sais, vous savez. Les WC vont révolutionner la face du monde. Et qui saisira la référence aura droit à une sucette ! Et hormis le patinage ? Je dirais bien traîner avec ma meilleure amie mais elle risquerait de prendre la grosse tête. Merci... Je rigole ! Je suis une fille comme les autres, hein. J'aime faire la fête, sortir. Enfin, j'aime mes amis. Et qu'importe le prétexte, bowling, ciné ou restaurant, si c'est pour être avec eux je peux les suivre jusqu'au bout du monde. Jusqu'au bout du monde hein ? Si je n'ai pas besoin de prendre l'avion, oui. Toi et ta phobie.Ça nous a empêcher d'aller en Europe cet été ! Pour les JO tu seras bien obligée de prendre l'avion ma vieille ! M'en parle pas... Moi qui n'aime conduire que ma petite Vespa chérie... D'autres loisirs ? La télévision. Les études. Les boites de nuit. Cherchez l'erreur. Je crois savoir ce que c'est! Et avec les garçons ? Jocker. Ben tiens. Tu avais pas dit que tu n'avais plus de batterie ? Je rajouterai à ses nombreux loisirs qu'elle adooooore les blagues vaseuses, comme vous pouvez le constater. Tu peux parler. Justement, je parle.

Où te vois-tu dans 4 ans ? Aux J.O., médaillée d'or, sur le podium et chantant l'hymne de l'Irlande. Nous ne pouvons que te le souhaiter ! Et ton métier de serveuse ? Temporaire. Il faut bien nourrir les chats. Sincèrement, c'est cool, je m'entends bien avec mes collègues et toussah, mais ce n'est pas un projet de carrière établi. Comptes-tu reprendre tes études ? Je ne sais pas... J'aimerais pouvoir dire oui. Rien ne ferai plus plaisir à ma mère. Mais honnêtement ? Mais le patin, ça ne va pas durer toute ta vie... Je sais. Mais pour le moment, c'est ma vie. Je ne me vois pas faire autre chose. Et plus tard, que tu vois tu faire ? J'aimerai bien être commentatrice ! Avec ma propre réplique culte du genre « tout à fait Thierry », sauf que c'est déjà pris. Paix à son âme. Commentatrice, rien que ça ! Arrête, je vais tout déchirer, suffis de voir comment je m'en sors avec toi. Au pire, journaliste sportive, pourquoi pas. La place est déjà prise, bibiche. Me fais pas rire, t'es rien qu'un imposteur ! Je t'emmerde ! T'avais dit pas de gros mots ! J'm'en fou, j'ai plus de batteries, ça enregistre plus. Quoi ?? Depuis combien de temps ? Ben... Mesdames et messieurs, merci de nous avoir suivis jusque là ! Je m'excuse pour ces problèmes techniques... Et je m'excuse également pour le comportement de notre invitée. Je vous promet de veiller sur elle. Ce qui est sûr, c'est que c'est une graine de champion et que nous continuerons à la suivre de près ! Enfin, pas trop près quand même...


Vie alternative
A Alternative, Aubrey n'a pas été confiée à Abby. Aliénor, sa mère biologique, a décidé de la garder malgré tout. Mais trop jeune et trop inexpérimentée, elle n'a pas su comment l'élever... Préférant mille fois s'amuser et enchainer les relations avec les garçons, c'est bien souvent qu'Aubrey finissait seule ou gardée par la voisine. Elle n'en a pas pour autant plus mal finie, ceci dit, mais elle envie sa cousine qui a la chance d'avoir une famille stable et normale.
Elle a la même passion pour le patinage, mais elle a mis fin à tout espoir d'évolution professionnelle en tombant enceinte à l'âge de 19 ans, d'un certain Iollan. Pour faire bonne figure, ils se sont mariés et deux ans plus tard se sont retrouvés avec un autre enfant sur les bras. Loin de la patinoire, Aubrey travaille pour le ministère comme assistante administrative. Ce n'est pas un métier passion, mais ça paie les factures.
On pourrait croire qu'elle est plus mal lotie que dans la vie réelle, mais la vérité c'est qu'elle est heureuse comme ça. Ce n'est pas mieux, ou moins bien, c'est juste une vie différente, avec d'autres préoccupations, d'autres priorités. A défaut d'avoir l'amour du patinage, elle a l'amour d'une famille à elle. Et comme sa hantise est de finir comme sa propre mère et de mal s'occuper de ses enfants, elle fait tout l'inverse et c'est une mère formidable. Un peu dépassée parfois, peut être, mais formidable malgré tout.



You, behind your computer
prénom/pseudo ∞ Aude/Ckyvi. ; âge ∞ Majeure depuis quelques temps. ; Comment es-tu arrivé là ? ∞ Fred m'a dit que la rousse lui manquait (ne mens pas Norah, jelesais). ; Que penses-tu du forum? ∞ Stupide comme cette question.  ; Et le code dans tout ça ? ∞ Y'en a pas, ma belle gueule est exemptée. ; Un dernier truc à dire? ∞ Je vous aime. ;
©aslinn.


Dernière édition par Aubrey Keller le Mar 4 Mar - 20:04, édité 6 fois
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Aubrey Keller

∾ Incantations : 395
∾ Avatar : Jane Levy
∾ Job : Patineuse Artistique


Infos supplémentaires
Relation du perso:

MessageSujet: Re: Aubrey ☼ Seul un acte de pur amour pourra faire fondre un coeur glacé.   Mar 4 Fév - 10:28



This is my story
" La vie n’est qu’un tissu d’à-peu-près, de décisions hâtives, de situations instables sur lesquelles on bâtit pourtant un mur en plâtre qu’un coup de poing peut traverser. "



Septembre 1992, Christchurch
♫♫♫

•• Abby, s'il te plait.Non, Allie, non. Donne moi une seule bonne raison de faire ça pour toi. •• Après toutes ces années sans un mot, sans un coup de téléphone, sans même une carte pour les fêtes de fin d'année... Pensait-elle vraiment pouvoir se pointer comme une fleur et lui demander ce service ? Elle avait une vie nom de Dieu. Un petit salon de thé qui commençait tout juste à faire ses preuves, servant les meilleurs cheesecake de Greenfield : Lea's. Et une petite fille merveilleuse en la personne d'Alice, qui comblait déjà ses envies de maternité et l'empêchait de dormir la nuit. Elle était fière de ce qu'elle avait réussi à mettre en place, à la seule force de ses bras, avec pertes et fracas, elle avait fini par réaliser son rêve. Après avoir entretenu plusieurs relations tumultueuses avec des hommes pendant des années, elle commençait tout juste à construire quelque chose de plus ou moins concret avec Jorge. Enfin... Disons que cela faisait un bon mois qu'ils étaient ensemble et qu'elle lui avait donné l'autorisation de laisser une brosse à dent de rechange chez elle. Et, cerise sur le gâteau, il avait eu la chance de rencontrer Alice.Ce qui en soit est un grand cap. Et quoi ? Il suffisait qu'Aliénor arrive pour tout foutre en l'air, une fois encore ? Non, ça suffisait. Elle ne comptait plus le nombre de fois où elle était arrivée tel un prince charmant sur son cheval blanc à la rescousse de sa sœur. Encore et encore. Elle avait tout fait pour elle, sacrifié des rendez-vous galants, des entretiens d'embauche, mis sa fierté de côté pour la sortir du pétrin. Allie avait une fâcheuse manie à semer la merde partout où elle allait. Quand Aliénor passe, le reste du monde trépasse. Elle avait assez à faire pour ne pas prendre une gamine supplémentaire sous sa charge. SON enfant, SA fille. On parlait d'une vie là ! Pas d'un bout de chiffon qu'on peut laisser à droite et à gauche sous prétexte qu'il est encombrant.

Alors qu'Aliénor se tenait la tête entre les mains, perdue, dévastée, de l'autre côté de la table Abby prit sa tasse entre deux doigts et la porta à ses lèvres. Le liquide sucré avait particulièrement refroidi, et Abby n'en prit qu'une gorgée avant de pousser un soupir et de reposer la tasse sur sa soucoupe assortie. Elle avait acheté ce service à thé dans les tons pâles, pour l'assortir au reste de la boutique qu'elle voulait gaie et chaleureuse, sans virer cependant à la tendance trop fleurie qui sévissait dans le monde de la mode. Quelque chose de sobre et néanmoins de joli et vivant. Elle même portait un tablier qui laissait supposer une petite inspiration rétro. Il était clair qu'au milieu de tout ça, l'aura qui se dégageait de sa frangine contrastait terriblement avec l'ensemble du décors. Elle aurait pu, se laisser attendrir. Mais elle connaissait trop bien ces petits yeux larmoyants, ces promesses lancées en l'air. « Je te promets, ça va changer. Je vais changer. » Quel changement. Affligeant. •• Abby... Je ne peux pas... Je ne peux plus. Je ne suis même pas capable de m'occuper correctement de moi même, comment veux-tu que j'ai à ma charge une enfant ? Avec mon salaire de caissière qui plus est. Si... Si tu ne le fais pas pour moi, fais le pour elle, je t'en pris. ••

Ces yeux... Ces larmes... Deuxième soupir. Abby ne se sentant pas capable de soutenir ce regard plus longtemps détourna la tête. Son regard tomba sur le landau resté près de la porte. Pauvre petite. Il était vrai que je destin qui lui était réservé n'était pas franchement des meilleurs hospices. Et si elle n'acceptait pas de s'en charger, il était fort à parier qu'Allie s'en débarrasserait d'une façon ou d'une autre. Apposant ses deux mains sur la table, elle y prit appui pour se lever et se dirigea vers le chérubin qui roupillait paisiblement dans son berceau de fortune. Tout en prenant soin de ne pas la réveiller, elle la prit dans ses bras et la porta au creux de ses bras. Et là, un inexplicable sentiment l'envahie de tout son être, et enfin, elle comprit. Elle ne pourrait plus passer un seul moment de sa vie sans cette petite chose qui respirait avec mélodie. Et ce sifflement qui sortait de sa bouche à chaque expiration. Ces petites mains qui s’agrippaient aux siennes inconsciemment. Cette petite bouille d'amour qui criait sans un mot de la dévorer toute crue. Abby se surpris à sentir une larme couler au coin de l’œil. Elle secoua la tête pour la faire disparaître, leva le menton, repris de l'assurance et se tourna vers sa sœur, tout en gardant l'enfant lovée dans ses bras. •• C'est d'accord, Aliénor. Mais, et je dis bien mais, dès l'instant où j'aurais la garde définitive de l'enfant, ce sera MA fille. Tu perdras tous tes droits. Tu n'auras même plus le droit de la voir, ou même de lui parler. Je ne veux plus avoir de contact avec toi, et je ne veux pas que tu en ais avec elle. ••

Janvier 2000, Christchurch
♫♫♫

•• M’man, pourquoi les enfants à l’école ils disent qu’Alice elle est bizarre ? •• De but en blanc, la gamine pose sa question. C’vrai quoi, à l’école, ils sont méchant. Alors que sa sœur, c’la meilleure. En tout cas c’est la plus gentille. Aubrey, elle ne s’est jamais battue avec alors que sa copine Noémie elle arrête pas de dire que son frère fait rien que de l’embêter. C’est lui qui mériterait qu’on se moque de lui à l’école, en rigolant derrière son dos. Aubrey elle aimerait bien aller taper tous les grands qui s’foutent de la gueule de sa sœur. Mais c’est pas ses petits points inefficaces qui vont changer la donner. Elle est réaliste, la gamine. Alors elle préfère en parler à sa maman, parce qu’elle sait qu’Alice, elle le f’ra pas. •• Qu’est-ce que tu racontes ? Qui dit ça ? •• Aubrey pique allègrement dans ses coquillettes et rajoute un peu de gruyère râpé par dessus. Il n’y a jamais trop d’fromage. N’empêche que cette histoire, ça la travaille. Aubrey, mine de rien, elle a bien vu que quelque chose clochait. Elle est pas bizarre sa sœur, elle est juste différente. Et c’est bien la différence, mais les enfants, ils n’comprennent pas forcément ça. Ils sont méchants. •• Des gens, à l'école. Mais est-ce que c’est vrai, dis, qu’elle est bizarre Alice ? •• Abby regarde sa fille dans le blanc des yeux, et pousse à soupir à faire réveiller un mort. Elle se doutait bien qu’un jour, tout ceci aurait des répercutions. Et qu’Aubrey se poserait des questions. Mais elle ne penserait pas que ce serait aussi vite. Pourtant, tout se passait bien. Tout se passe bien. Voilà bientôt six ans qu'elle a obtenu la garde d'Aubrey. Alors qu'il lui semble parfois que c'était hier. Elle n'a plus eu de nouvelles d’Allie depuis, comme prévu. Quelques brides seulement, quand elle a sa propre mère au téléphone. Devrait-elle l'appeler de temps en temps ? Au moins pour lui donner des nouvelles d'Aubrey ? Elle n'a pas pu se résoudre à couper entièrement les ponts, et envoie chaque année une photo de la poupée à sa sœur, sans aucun retour. Pas qu'elle attend une quelconque réponse, mais... Après tout, c'était elle qui avait dicté ses règles. Non définitivement, elle ne regrette pas son choix et sait qu'Aubrey est mieux avec elle qu'avec sa sœur, ou un quelconque étranger. Elle ne fait aucune différence entre elle et Alice, qu’elle aime à part égale. Même s’il faut avouer à certains moments qu’il est bien plus simple de s’occuper de la plus jeune.

•• Tu sais ma chérie… Alice, elle est comme toi et moi. C’est juste que, parfois, Alice elle a plus de mal que toi et moi à… communiquer. A parler, à rire, à dire ce qu’elle pense et ce qu’elle ressent. Tu comprends ? •• La petite fille hoche la tête en signe d’affirmation, même si c’est loin d’être le cas. Elle comprend que c’est compliqué, trop compliqué pour elle du haut de ses sept ans. Mais elle ne tardera pas à comprendre par elle même. Et ça ne l’empêchera pas, loin de là, d’aimer sa grande sœur inconditionnellement. Elle a beau être la plus jeune, elle sent que c’est à elle d’épauler son aînée, de la soutenir et la protéger. Pas l’inverse. •• Aller, fini ton assiette, et tu auras droit à une part de tarte. Ensuite je te conduis à la patinoire. •• Outre le fait qu’Abby soit une très bonne pâtissière, preuve en était du succès de sa boutique, elle est une excellente cuisinière en règle générale. Chaque médaille ayant son revers, Aubrey ne peut pas manger autre chose que les bons petits plats de sa maman. Et il ne faut pas compter sur elle pour rester à la cantine le midi. Comme les trois filles Keller habitent pour le moment au dessus du salon de thé, mais plus pour longtemps puisque que la mère de famille a trouvé une plus grande maison, Aubrey et Alice accompagnent souvent leur maman à la boutique et en sont devenues la mascotte. Assises à une table près du comptoir, elles passent leurs journées à gribouiller sur une feuille ou, pour Aubrey, à discuter avec les clients, ravis de lui répondre. Parfois même, elle joue les serveuses, mais seulement s'il n'y a pas grand monde et qu'elle ne risque pas de tout faire tomber. Si on demande à Aubrey si elle est heureuse, elle répondra que oui. Bien qu'à sept ans, la définition du bonheur n'est pas tout à fait ancrée. Mais que peut-elle vouloir de plus que sa maman, sa sœur, son doudou Simon (un espèce d'ours rose foncé, poilu et tout doux, avec de trèèèès longs bras capables de faire deux fois le tour de son corps), la patinoire, la panoplie des cassettes de Disney et ses copains d'école ? Non vraiment, rien.

Février 2006, Patinoire de Christchurch
♬♬♬

•• Accélère. Double Flip. Voilà, bien. Fini sur une pirouette, les bras levées. Eeeeet, on abaisse. Lève la tête ! Souris. Parfait. C'est tout pour aujourd'hui Aubrey, je te revois demain. •• Alors que son entraîneur s'éloigne de la glace, récupère ses affaires pour rejoindre les vestiaires, Aubrey reste un peu plus longtemps sur la piste, mécontente de sa performance du jour. Il est rare qu'elle se donne à fond, plutôt du genre à commencer un millier de choses sans en finir une seule. Comme ce pull qu'elle a commencé à tricoter pendant l’hiver et qui est resté à un état d'ébauche, n'ayant que la manche droite de terminée. Pourtant, elle avait choisi la laine avec soin et s'y était mise d’arrache-pied dès le premier jour. Mais voilà, c'est le problème d'Aubrey. Toujours à fond quand elle débute quelque chose, elle est cependant incapable de terminer quoi que ce soit. Tout sauf le patinage. Elle avait enfilée sa première paire de patin à trois ans, accrochée au pantalon de sa mère pour glisser. Et depuis, elle ne les a plus enlevés. Dix ans qu'elle glisse sur un terrain gelé et tourbillonne dans les airs. Réel plaisir, elle aime tout dans cette discipline. L'air frais qui lui chatouille le visage, le risque qu'elle prend en s'élevant au dessus de la glace, la vitesse, l'adrénaline, les sauts, les figures et la fierté qu'elle lit dans le regard de sa mère après chaque enchaînement. Elle n'a jamais rien aimé d'autre et n'aimera jamais rien d'autre. Tant et si bien qu'à force de travail acharné elle est devenue une excellente patineuse. Son entraîneur essaye tant bien que mal de la pousser à concourir, mais ce n'est pas dans les objectifs de la jeune demoiselle.

Si elle patine, c'est par plaisir. Elle ne souhaite pas que cela devienne une contrainte, une rivalité, une compétition. La seule personne qu'elle s'autorise à défier, c'est elle même. Toujours plus haut, toujours plus loin, toujours plus fort. Mais elle n'a pas conscience que c'est justement ce plaisir qui la délivre de toute pression et en fait une meilleure artiste. Un jour, peut être. Les jeux Olympiques ? Un rêve inavouable. Une passion qui a failli pourtant s'éteindre il y a quelques années, quand on lui a découvert une maladie sanguine. Le syndrôme de Willebrand. Fort heureusement, pas assez important pour l'empêcher d'enfiler ses patins quand cela lui chante et de ne penser à rien d'autre qu'aux mouvements. Demi boucle, spirale puis pirouette, triple axel puis... Bam. Tapant d'un petit poing rageur sur la glace, elle retrousse ses jambes pour y poser la tête, essoufflée. Quand ça ne veut pas... ça ne veut pas... Rien ne sert de persister. Mais tout de même, c'est frustrant ! Se remettant sur ses jambes, elle patine jusqu'à la barre pour rejoindre la sortie.

Pendant qu'elle tape ses patins sur le rebord pour en faire tomber les résidus glacés, elle parcourt du regard les gradins avant de rencontrer le regard d'un inconnu. Bien qu'elle se croyait seule, la voilà finalement épiée. Faisant mine de ne pas s'y intéresser, elle attrape son sac et marche sans se retourner jusqu'à la porte. Mais une voix grave, qui résonne dans les locaux vides, lui fait faire volte face. •• C'est dur, hein ? De s'entraîner pendant plusieurs heures d’affilées en restant toujours au top. Tu sais, si tu le voulais, tu pourrais tenir plus longtemps. •• Intriguée, la jeune fille hausse un sourcil et se retourne, les bras croisés sur la poitrine face au garçon. Ce dernier saute des gradins pour s'approcher d'elle. Debout, il semble immense. Au moins... un mètre quatre-vingt dix. Cela semble encore plus vrai de près, comparé au mètre cinquante sept d'Aubrey qui l'oblige à lever la tête. Il s'est approché si près qu'elle peut sentir son parfum ainsi que son haleine, fortement mentholée dû au chewing-gum qu'il mastique sans arrêt. Impossible de savoir ce qu'il pense, derrière ce sourire sarcastique, ces yeux verts envoûtant et cet allure punk. Sans un mot, il lui saisi son poignet droit, d'une main douce mais néanmoins ferme. Il dépose dans sa paume, un petit sachet plastique et lui replie les doigts. Aubrey continue de dévisager l'étranger pendant toute sa manœuvre, et n'a un moment de recul que lorsqu'il approche son visage au plus près du sien. Il affiche un sourire devant ce mouvement de recul et se rapproche encore, penché à son oreille. Cette fois ci, Aubrey ne bouge pas, mais elle écarquille les yeux quand il lui chuchote à l'oreille. •• Profites-en, c'est gratuit la première fois. Et pour les suivantes, tu as mon numéro de noté. A plus, belle rousse. ••

Son épaule frôle la sienne alors qu'il se dirige vers la sortie. Mais la jeune demoiselle n'y prête pas attention, pas plus qu'elle ne se retourne pour le suivre des yeux. Non, elle reste immobile un long moment, le poing serré, les yeux dans le vide, immobile. Lorsqu'enfin elle bouge, prenant le sachet plastique entre deux doigts pour le porter devant ses yeux. Il contient des petites pilules blanches, ainsi qu'une carte de visite griffonnée à la main, d'une écriture rapide et peu lisible. Tellement masculin. Aubrey plisse le nez, contrariée et peu sûre d'elle. Boarf, après tout, ça ne peut pas lui faire de mal. Au contraire. Elle se dépêche d'avaler sa première dose, et d'enfouir le reste au fond de son sac. Elle repose ses affaires sur le banc destiné au public et retourne s’entraîner, boostée par ce qu'elle vient d'ingurgiter.

Mars 2008, Lycée de Christchurch
♫♫♫

•• Traînée. •• J’me retourne, les yeux lançant des éclairs envers celui qui osa m’traiter d’la sorte. Mais rien, personne. Tout l’monde est au beau milieu d’une conversation, en train de vider son casier ou encore de lire un roman d’gare. Personne qui m’regarde ou n’semble faire attention à moi. Depuis plus d’une semaine, ça n’arrête pas. J’regarde d’droite et d’gauche, un dernier coup d’œil en arrière avant d’reculer. Et d’un seul coup j’tombe sur l’cul. Une pétasse blonde m’a fait un croche-pied, j’le jurerai. •• Oups désolée Aubrey, je ne t’avais pas vu. •• Dit-elle en pouffant avec ses grognasses de copines, le rire étouffé par sa main devant sa bouche. Connasse. Je m’masse le postérieur endolori pendant qu’mon partenaire de travaux partagés vient m’offrir sa main pour m’aider à m’relever. Il n’ose pas ouvrir la bouche, d’peur que ça s’retourne contre lui. Il en a déjà assez vécu comme ça, des brimades. Il sait c’que c’est. Mais aujourd’hui, c’moi qu’en fait les frais, pour une obscure raison. Ça n’l’empêche pas de m’lancer un regard plein d’pitié, du genre que j’déteste, du genre qu’on lance aux têtes de turcs qu’on aimerait aider, sans n’pouvoir rien faire pour eux. Il a l’air de m’demander : « ça va ? » et moi j’lui réponds en époussetant mon pantalon et en haussant les épaules. Qu’est-ce que j’peux dire ? Qu’est-ce que j’peux faire ? Ca leur passera. Du moins, j’l’espère. J’pourrai bien en coller une à cette Guenon repoussante mais j’sais que l’reste de ses copines va m’tomber dessus et à cinq contre un, j’fais pas l’poids. Monde cruel. •• Fallait s’y attendre... •• Me souffle mon partenaire. J’le regarde, intriguée. Pourquoi ça ? J’comprends pas. J’me fais larguer par mon copain et c’normal qu’on m’fasse des croches pieds dans les couloirs du lycée ? Dans quel monde vit-on. J’crois qu’ma roue a tournée et de petite copine du mec le plus en vue d’la promo j’suis passée à bouc-émissaire au milieu d’une meute d’loups. C’était trop d’un coup, la déesse du destin n’a pas supporté. •• Pardon ? •• Il hausse les épaules et me tiens la porte pour que j’entre dans le labo d’chimie, notre prochain cours. On rejoint notre paillasse et je continue d’le fusiller du regard jusqu’à ce qu’il crache le morceau, que le cours ait commencé ou pas. •• Tu t’attendais à quoi ? Après ce que tu as fait, c’est normal qu’elles t’en veuillent. Elles sont jalouses c’est tout, ça leur passera. •• Ce que j’ai fait de quoi ? Elles sont jalouses de mon survêtement lacéré ? Des p’neux de mon vélo crevées ? Ou de mon sac qui arbore fièrement des noms d’oiseaux écrits dessus parce qu’un petit malin n’a rien trouvé de mieux à faire que d’écrire dessus avec un blanco. Il faut me dire ce qu’elles m’envient le plus, je le leur donne volontiers. •• Mais de quoi tu parles ? •• Il n’a pas le temps de me répondre, je me reçois une craie en plein visage et un regard du professeur qui en dit long. Faut se taire. Et je connais mon collègue suffisamment pour savoir qu’il ne dira plus un mot de plus si ça ne concerne pas une formule de chimie. Dieu que se fusse les deux heures les plus longues de ma vie.

Et dès que la cloche sonne, comme pris d’une soudaine envie d’aller aux toilettes, il se dépêche de ranger ses livres dans son sac et de prendre la poudre d’escampette. •• Jimmy ! •• Plus de Jimmy. Juste moi, mon sac, et des feuilles éparpillées partout sur la paillasse. Je déboutonne ma chemise de chimiste et la fourre pelle mêle dans mon sac. Lequel j’enfile sur une épaule avant d’aller aux toilettes à mon tour. Vides, heureusement. Je finis mes petites affaires rapidos avant de me rhabiller. Mais avant même d’sortir de la cabine, j’entends Cristie et sa bande de bimbos blondes rigoler, et ça m’donne pas envie d’sortir du tout. •• Nan mais vous avez vu sa tête ? On aurait dit un petit chaton abandonné. Oliver a bien fait de la larguer ! •• Jalouses, c’était donc ça. Elles devraient être satisfaites alors, vu qu’on est plus ensemble. De toute façon c’est qu’un sale con, elles n’ont qu’à le prendre si elles le veulent tant que ça. •• N’empêche, je me demande toujours pourquoi il a couché avec elle. Ou plutôt, comment il a pu.QUOIIIIIIIIIIIII ? •• C’était plus fort que moi, la porte vole en éclats et la tête de Cristie est à deux doigts de suivre le même chemin. •• C’est quoi cette histoire ? Qui a dit ça ? •• Qu’est-ce que c’est encore que ces conneries ? Une nouvelle blague pour m’humilier ? En fait, elles savaient que j’étais dans les toilettes et elles ont voulu m’voir m’énerver, c’est ça ? J’relâche le col de la blondasse et j’la laisse reprendre son souffle, pour m’répondre. •• Fais pas genre, Aubrey. Oliver nous a tout raconté. Enfin, il a tout raconté à Jordan et ses copains. Il n’a fait que de me le répéter. •• J’suis sur l’cul. En l’espace d’une journée, elle a réussi à m’faire tomber sur l’cul deux fois. Dont une métaphorique, faut l’faire. J’sais pas ce qu’elle raconte, mais vu l’regard de ses groupies, elles ont l’air de le croire en tout cas. Si Oliver et moi on est plus ensemble, c’est justement parce qu’on a rien fait. Parce que je n’ai rien voulu faire. Et parce qu’il en a une toute petite, j’ai envie de rajouter à voix haute. Mais j’suis pas aussi mesquine que lui, je n’m’abaisserai pas à ça. En revanche, j’vais aller lui dire ma façon d’penser. J’ramasse mon sac au sol et j’laisse l’groupe de filles pantoises à côté du lavabo. Je n’mets pas longtemps à le trouver, au milieu de tous les bouseux musclés qui lui servent d’amis, à la table centrale du réfectoire. Il y a encore une semaine, j’avais le « privilège » d’manger avec eux. Dieu me garde d’avoir retrouvé le calme paisible de ma place près de la fenêtre, un bouquin à la main. •• Oliver, faut qu’on parle. •• Il me regarde, comme un poisson frit qui s’demande ce qui va s’passer. Mais bizarrement, le rictus qu’il avait il y a cinq minutes disparaît subitement. •• Hey Aubrey, faudra qu’on s’voit bientôt. T’es libre demain soir ? A moins qu’tu préfères tout d’suite, dans les toilettes ?Ta gueule Jordan, va donc demander ça à ta pouffiasse de copine. •• Je reporte mon attention sur l’objet de mon intérêt, qui ne daigne pas bouger son derrière. Faites confiance à un garçon, accordez lui votre amour et voilà comment il vous remercie. Je déteste encore plus que tout le fait d’être incapable de le détester. •• Tu ne veux pas bouger ? •• Aucune réaction. Pas d’réponse, bonne réponse j’imagine. •• Parfait, dévoilons nos petits secrets à tout le monde. C’est déjà fait il paraît. Alors comme ça t’es allé raconter à tes copains qu’on s’envoyait en l’air ? Est-ce que tu leur a dit aussi que tu étais le seul à prendre ton pied, tellement ton pénis est petit ? Non ? Ce n’est pas le genre de choses dont tu te ventes, ça ? Quel dommage. •• Je le fusille du regard, lui ainsi que tous ses copains, qui un jour furent les miens, mais qui aujourd’hui se marrent à mon sujet comme des hyènes hystériques. •• BOUFFON. •• Pas la peine de continuer à discuter avec un mollusque de son espèce, je n’en tirerai rien de bon. Je tourne les talons et sors de la cafétéria le plus rapidement possible, renversant quelques plateaux dans le lot et bousculant quelques demeurés en mal d’action. C’est pas tous les jours un tel spectacle, régalez vous. Pour ma part, je rejoins à nouveau les toilettes, mais celles perpétuellement vides du troisième étage, pour m’y enfermer en paix. Et c’est en voyant mon prénom écrit sur l’une des portes, un pénis dessiné à côté que je m’effondre pour de bon, en larmes.

Février 2009, commissariat de Christchurch
♫♫♫

•• Bouuuuh hou hou. •• J’renifle, j’verse des torrents d’larmes, et les mouchoirs continuent de s’amonceler sur mon lit. De temps à temps, maman passe la tête par l’entrebâillure de la porte pour vérifier que je n’me suis pas encore coupé les veines. Ou avaler une boîte pleine de Smecta. Ou pendue. Il faut que je pense à la pendaison. Nouvelle crise de larmes, j’m’affale sur mon lit (ou plutôt sur les mouchoirs), les pieds au niveau de la tête de lit et la tête enfouie dans les couvertures. Il s’passe quelques instants avant que je ne sente la main d’maman qui se pose sur le somment d’mon crâne dans une tendre caresse. J’me relève et me réfugie illico-presto dans ses bras, meilleur refuge du monde. •• Mais… hic. Qu’est-ce que… hic. N’va pas… hic. Avec moiiiiii ? •• Elle me sert très fort tout en caressant mes boucles rousses, fidèles aux siennes, notre légendaire marque de fabrique. •• Ils ne savent pas ce qu’ils ratent, c’est tout. •• Moi j’en suis pas sûre, ils savent très bien au contraire. Et ils fuient, loin loin. Loin de la sorcière rousse qui leur empoisonne la vie. J’ai fait bonne figure devant Elia, mais au fond je n’en menais pas large. C’était la première fois que je m’entendais si bien avec un garçon. Tu m‘étonnes, tout s’explique. J’ai cru que ça pouvait marcher, avec le temps, que c’était le bon. Mais non, monsieur a décrété au bout de quelques mois qu’il préfère les hommes, finalement. Alors quoi, je l’ai tellement dégouté qu’il a subitement préféré les hommes ? J’suis repoussante à c’point ? J’ai des verrues sur l’nez, une barbe de trois jours, des poils dignes des portugaises ? Non ? Alors qu’est ce qui va pas chez moi ? J’ai compris la leçon. J’me suis faite avoir deux fois mais c’est fini, les petits copains c’est pas pour moi. J’m’entends très bien avec eux sans ça, alors on va continuer. Amis, c’est tout.

Le téléphone sonne et maman dépose un dernier baiser sur ma tempe avant de se lever pour aller décrocher. J’en profite pour attraper un nouveau mouchoir et renifler dedans. Quelques minutes plus tard, quand je ne suis hantée que de quelques soubresauts, maman réapparait, le téléphone à la main, comme interdite. •• Qu’est-ce que c’est ? •• Elle m’regarde comme si quelqu’un était mort et qu’elle sait pas comment me l’annoncer. Je le connais ce regard, c’est le même que quand elle m’a dit qu’Boule a été écrasé par une voiture y’a presque quatre ans. Et généralement ça n’annonce rien d’bon. •• C’est Elia… •• Quoi, il rappelle pour s’excuser ? Dire qu’il s’est trompé ? Qu’il a changé d’avis ? •• Il est à la prison de Christchurch. Je t’emmène, il faut qu’on aille le voir. •• En prison ? C’est quand même pas un délit d’être gay. Je l’ai même poussé à en parler à ses parents. Qu’il vive en paix avec lui même au moins. •• Qu’est-ce qui s’passe ?Je n’ai pas tout compris, mais apparemment c’est quelque chose qui s’est passé avec son père. Allez dépêche toi, je sors la voiture. •• Ni une ni deux, je fais un bond hors d’mon lit et j’enfile la première chose que j’ai sous la main : un survêtement. J’ai vraiment une tête de con, avec les yeux bouffis et le nez tout rouge. Mais dans l’instant, ça n’m’intéresse pas du tout. Le plus important c’est de rejoindre le poste le plus rapidement possible. Et en entrant, j’ai un choc, d’le voir aussi mal en point, tuméfié et visiblement battu. •• Elia ! •• J’me précipite vers lui et je le prends dans mes bras, maman suivant de peu le mouvement. •• Qu’est-ce qu’il s’est passé ? •• Il ne dit pas un mot, mais adresse un regard dans le fond de la salle qui en dit long. Je tourne les yeux et je vois son père, dans un état aussi pitoyable que son fils. Il ne m’en faut pas plus pour faire le rapprochement et comprendre ce qu’il s’est passé. •• Viens à la maison, y’a d’la place. Hein maman ? •• Elle pose un bras sur l’épaule de mon ami en toute délicatesse dans un signe d’affection maternelle que je lui connais bien. •• Bien sur, et tu pourras rester le temps qu’il te faudra. •• J’adresse un sourire à maman et reprends Elia dans mes bras, peut être un peu trop violemment vu le cri que ça lui tire. Mais je suis bien trop contente de le savoir en vie pour m’en préoccuper. Après tout, c’est aussi de ma faute si ses parents s’en sont pris à lui, alors c’est le moins que j’puisse faire.

Juin 2010, patinoire de Christchurch
♫♫♫

•• Hey Aubrey t’as la côte. •• M’dis Daisy en m’filant un coup de coude et m’désignant d’un signe de tête le brun qui est en train d’évoluer sur la glace. •• Qu’est-ce qu’tu racontes ?Vous êtes dégueu il a au moins trente ans c’mec.Et alors ? Il est plutôt mignon non ?Vous êtes stupides ou quoi ? Vous le reconnaissez pas ? •• Tout le monde se r’tourne vers Sasha, qui est la dernière à avoir pris la parole. Visiblement elle en sait plus qu’nous. •• C’est Simon Costelloe. Sa photo orne les murs de la patinoire et vous êtes pas fichu de le reconnaître ? •• Alors c’est lui ? Soudain, je n’le vois plus de la même façon. C’est ce genre de personnalités qui m’a poussé à continuer le patinage envers et contre tout. Pas pour les médailles qu’il a gagné, non, juste pour avoir la chance d’posséder un quart de son talent et d’être capable d’évoluer sur la glace avec la même grâce, la même finesse, et la même élégance qu’lui. Je n’aurai jamais un tel niveau, jamais. Mais je n’peux m’empêcher de rester admirative dans cet homme qui de mon point de vue, à tout pour lui. •• Quel dommage qu’il ait du arrêter.Enfin ça n’explique toujours pas pourquoi il ne quitte pas notre rouquine du regard.Il m’regarde pas, dis pas n’importe quoi. •• Et puis quoi encore ? Daisy s’fait des idées, c’est tout. Pourquoi il s’intéresserait à moi ? •• Je sais pas pourquoi, mais la rumeur dit qu’il est venu recruter l’une de nous pour l’entrainer !C’est pas plutôt toi qui vient de l’inventer ? Il a arrêté le patin il y a belle lurette.En tout cas si c’est vrai, ça veut dire qu’il va prendre Aubrey !Pfff n’importe quoi. •• Comme si ça pouvait arriver. C’vrai que j’ai certaines qualités, et l’espoir fou de voir certains rêves se concrétiser. Mais je n’suis pas folle, j’connais mes limites. Et il vaut mieux entrevoir le pire pour se laisser porter par le meilleur. Pour le moment, tout c’que j’peux continuer à faire, c’est m’entrainer, encore et encore et donner l’meilleur d’moi.

D’ailleurs, notre entraîneur rapplique et somme toutes les filles d’aller sur la glace pour s’échauffer. •• Pas toi, Aubrey. Suis moi dans mon bureau. •• Sasha me regarde et m’adresse un clin d’œil, avant de suivre le reste des filles et de franchir à son tour la barrière qui sépare la patinoire de l’estrade. J’me demande bien ce qu’il me veut. Pour une fois que je n’ai rien à me reprocher. A moins que… Non, c’pas possible. Il n’a pas pu découvrir ma drogue. Ils font des fouilles régulières dans les casiers, j’suis pas assez bête pour l’avoir planquée dedans. C’est forcément autre chose. Et même si c’est l’cas, j’peux toujours dit que c’pas à moi. •• Assieds toi. •• J’m’exécute et j’prends place en face de lui, derrière son bureau. J’ai toujours aimé c’lieu, rempli de coupes en or et en argent, de médailles et de photos des meilleurs patineurs ou hockeyeurs que la ville ait connu. Je sais que sur le mur de droite, à un mètre du sol, il y a une photo d’Oliver, lors de la dernière compétition de son équipe à Wellington. Mais j’évite expressément de la regarder, ne voulant pas ressasser de mauvais souvenirs. J’en entends déjà suffisamment. Il paraît même qu’il va partir pour le Canada dans quelques temps. Bon débarras. •• Alors comme ça, il paraît que tu t’es enfin décidée à passer professionnelle ? •• J’le regarde, surprise. Qui a craché l’morceau ? J’voulais l’annoncer en personne, quand le temps serait venu. C’est à dire dans deux semaines, une fois mon diplôme en poche. Ça n’a pas été une mince affaire, de convaincre maman. Je crois qu’elle n’est toujours pas vraiment d’accord avec ma décision, mais elle a compris que ça compte vraiment pour moi et a décidé de m’faire confiance, enfin. •• Oui, c’est ce que j’aimerai, je voulais t’en parler. •• Ne pas continuer mes études, et tenter l’impossible. Avoir ma photo qui rejoindra celle de Simon aux côtés des médaillés, et de remporter une coupe qui ferai la fierté du club et de la famille. Je n’sais pas si je réussirai, mais j’ai envie de tenter l’coup. Si j’me loupe, j’pourrai toujours reprendre mes études. J’aurai eu mon BAC au moins. •• Parfait, c’est parfait… J’ai quelqu’un à te présenter. •• Il s’lève et va ouvrir la porte d’son bureau, sur le pas de laquelle il y a Simon, qui lui sert la main et entre à son tour, posant son royal postérieur sur la chaise à côté de la mienne. Bon. C’quoi c’plan ? Il voulait vraiment recruter l’une de nous finalement ? •• Aubrey, je te présente Simon Costelloe.J’le connais déjà. •• A part ça, enchanté. •• C’est lui maintenant, ton entraineur. J’ai fais tout ce que je pouvais pour toi, j’peux pas faire mieux. Il va t’emmener là où tu veux aller. •• Où je veux aller ? Aux JO ? Je vais vraiment avoir le niveau ? J’en doute. J’ai encore du chemin à faire et c’est pas gagné. •• A partir de quand ?Tout de suite, si t’es d’accord. •• Me répond Simon en souriant. Si je suis d’accord ? Quelle patineuse seine d’esprit ne serait pas d’accord ? C’est une chance inespérée. Même en rêve, je ne l’aurai pas cru possible. Et même si je ne comprends toujours pas pourquoi moi, je ne cherche pas à répondre à cette question plus longtemps et j’accepte. On sert des poignées de mains et je sors du bureau pour laisser les deux hommes entre eux régler les détails. Je suis pantoise, estomaquée. Je ne réalise toujours pas ce qui m’arrive. Mais en voyant mes trois amies se diriger en courant vers moi pour me demander ce qu’ils voulaient, je réalise la chance que j’ai.

Mars 2012, Christchurch
♫♫♫

La nouvelle me fit l'effet d'une bombe. Comme si ma vie entière s'écroulait. Quand la base n'a plus lieu d'être, l'existence devient problématique. Ma mère est la pierre angulaire de toutes mes décisions, mes choix, mes actions. Elle m'a forgée, m'a éduquée, m'a fait telle que je suis. Et là, j’apprends que... NON ! Il doit y avoir un big soucis. Genre au moins 100 fois plus gros que la galaxie. Ou alors la terre a été aspirée par un trou noir. Je suis probablement en train d'être filmée pour cette émission télévisée stupide où les gens se marrent derrière leur écran alors qu'ils feraient la même chose dans la même situation. Je me souviens de cette fois où un gars demandait à des passant de garder son chien pendant qu'il allait pisser et que le clebs se tirait en sautant dans une bagnole où, comme par hasard, se trouvait une jolie p'tite chienne en chaleur. Alors, elles sont où les caméras ? C'est tout à fait le genre de blague stupide que maman est capable de me faire. Et samedi on se marrera ensemble devant la télévision, blotties l'une contre l'autre, une pizza posée sur la table et ma tête de déterrée qui passe à l'écran. Bien essayé, vraiment, j'ai failli y croire. Genre pendant 5 bonnes minutes, le temps que le choc soit passé. Maintenant, ça ne me fait plus rire. •• Si c'est une blague, elle est de mauvais goût.J'aurais aimé que s'en soit une, Aubrey, vraiment. Mais le fait est là. Je ne suis pas ta mère. Je veux dire, bien sûr que je suis ta mère. Mais pas dans le sens biologique du terme, du moins.Tu m'as... adoptée ?En quelque sorte.... ••

En quelque sorte ? Alors quoi ? Et puis, c'est quoi ce regard fuyant qu'elle me fait ? Je ne la reconnais pas. Non c'est clair. La femme en face de moi n'est décidément pas ma mère. Ah ok, c'est un remake de Men in Black. Ou d'Alien. J'hésite. Le choix est pas évident. J'espère qu'au moins, c'est un extraterrestre sympa qui a pris possession du corps de ma mère. Du genre d'E.T. Ou mieux, de Roger. Ça serait vraiment drôle. Je doute qu'Asling soit aussi emballé que moi à l'idée que ma mère ne soit plus vraiment ma mère mais j’essaierai de le convaincre de s'y habituer. •• Tu te souviens ma sœur, Aliénor ?Ouais et ? •• Un peu que j'm'en souviens. C'était à l'enterrement de mamie, ça s'oublie pas. D'ailleurs c'est la seule fois où on s'est croisée, elle et moi. Les gens pensaient d'ailleurs qu'c'était elle ma mère. « Oh qu'elles sont mignonnes » qu'ils répétaient. Pfff. Quels cons. Ils auraient mieux fait de pas venir. Heureusement qu'on se ressemble, on est de la même famille. Mais pas mère et fille quoi. On ne s'est pas trop parlé, elle et moi. Jamais je dirai, même. Vu que maman et Aliénor ne s'entendent pas. Elle ne m'a jamais trop dit pourquoi d'ailleurs. Et je n'ai jamais posé la question. Aliénor, elle n'existe pour ainsi dire pas. •• Et bien tu vois, Alice, ce n'est pas vraiment ta soeur.Si tu n'es pas vraiment ma mère c'est normal...Tu ne facilites pas les choses, Aubrey !Alors arrête de me parler comme à une enfant et viens en droit au but !Alice est ta cousine, voilà !Alors là, je ne comprends plus.Alice est bien ma fille et toi... toi, tu es la fille d'Aliénor. Elle m'a confiée ta garde à ta naissance. ••

Et s'ensuit une longue, très longue explication durant laquelle je ne sais pas quoi dire. Alors je préfère ne rien dire. Même une carpe serait plus bavarde que moi en de telles circonstances. Ça change. D'habitude je ne peux pas m'empêcher de déblatérer un flot inutile et continue de paroles dénuées de sens. Mais là non. Je préfère réfléchir. Et tourner sept fois la langue dans ma bouche avant de parler, histoire de peser mes mots et de ne pas dire des choses que je pourrais regretter. J'hésite. Quel comportement devrais-je adopter ? Je ne sais même pas si je dois haïr ma mère – devrais-je l'appeler Abby maintenant ? – ou si je dois la respecter encore plus qu'avant. Ses yeux amandes, qui fondent sur moi comme une cuillère de nutella me fait réaliser que je ne pourrais jamais la détester. Je l'aime beaucoup trop. Et puis, elle reste ma mère, saperlipopette. Et Alice est toujours ma soeur, quoi qu'on en dise. Peu importent les gènes, j'ai le même rire qu'elle, et ça, ça prouve que c'est ma maman. D'ailleurs, je remarque que j'ai la même expression qu'elle quand j'angoisse. Ce qui est son cas maintenant. Je préfère ne rien dire, et garder le silence. Je me lève, fais le tour de la table pour aller la serrer dans mes bras. Fort, très fort. J'oserai bien dire que même lorsque j'étais petite je ne la serrais pas comme maintenant mais je n'en ais aucun souvenir donc je ne m'aventurerai pas en terrain inconnu. •• Je t'aime, maman. ••

Juillet 2012, Christchurch
♫♫♫

•• Et ben… Bon débarras ! •• J’dis en claquant la porte d’ma chambre. J’en ai marre, c’tout. Dès que j’commence à m’attacher, il arrive forcément une connerie pour que les gens m’quittent. C’qui l’prochain ? Simon ? Il va partir entrainer une autre patineuse blonde de Wellington qui a plus de chances de gagner qu’moi ? Je sais bien qu’j’suis pas l’élève dont il a rêvé, qu’il en a marre, et que je n’arrive pas à atteindre ses exigences. C’pas faute d’essayer pourtant. Mais malgré les efforts, les résultats ne sont pas là et c’est frustrant. Autant pour lui qu’pour moi. Probablement que j’étais pas à la hauteur en tant qu'amie non plus, pour que Lou réussisse à m'oublier comme ça, en un clin d'oeil. L’amnésie n’est qu’une excuse toute trouvée ! Bon, d’accord, l’accident c’était pas joli-joli. Mais est-ce que ça l’oblige m'oublier totalement, à oublier nos fêtes endiablées, tous nos fous rires ? On commençait tout juste à se connaître, tout juste à se rapprocher. Enfin, c’est ce que je pensais. Etant donné que là, je passe complètement à la trappe. Elle ne se souvient pas, probablement. D’accord, admettons. Mais elle aurait pu essayer, faire un effort. On peut toujours essayer de refaire connaissance, mais ce n'était déjà pas une mince affaire la première fois, de se faire une place. Alors maintenant, alors qu'elle a d'autres chats à fouette, un bébé à sa charge dont elle ne se souvient même plus être la mère... Comment pourrait-elle avoir du temps pour moi au milieu d'tout ça ? Mais j’suis prête à prendre mon mal en patience et retenter le coup. C’est la première fois que j’avais une amie, fille, dont j'puisse m'venter d'être aussi proche sans qu'ça tourne au vinaigre, ou sans qu'on ait l'patinage en commun. On avait d'autres choses. Notre joie d'vivre, notre bonne humeur, notre humour vaseux, et notre langage d'merde. Outre Elia, j'avais vraiment l'sentiment d'avoir une amie, une âme soeur. Avec Elia, c'pas pareil. On a pas l’même sexe, pas les mêmes discussions, pas la même complicité. On ne se connait pas depuis longtemps, mais elle compte déjà beaucoup. Enormément même. C’est injuste ce qu'il lui arrive. J’en suis là d’mes réflexions quand j’entends du bruit à la fenêtre. Je prends la batte de base-ball dans mon armoire et je vais voir c’qui s’passe. La boule au ventre, j’ai peur qu’un cambrioleur s’en prenne à moi et ne finisse par me tuer. •• Jordan ? Tu m’as fais peur ! Mais qu’est-ce que tu fiches là ? T’as pas fugué au moins ? •• Nan mais... Sérieusement?! A quelques mois de sa remise en liberté, c'est pas le moment de faire le con. Et puis ma maison, c'pas un refuge non plus. Je veux pas être la complice d'un voleur. Si ma mère venait à l'apprendre. Non, si elle l'apprend je suis morte. Mais ça, j'aurais du y penser avant de faire ami-ami avec lui, forcément. C'est la première fois que je le vois depuis qu'il a été inculpé, seul à seule, dans une autre pièce que celle du parloir de la prison, ou plus anciennement assis à la barre au tribunal. Et je suis intimidée, clairement. Avec notre passé commun, c'était loin d'être gagné, au début. Je ne sais pas trop ce qui m'a poussé dans un premier temps à lui écrire, à le soutenir. Mon côté bonne samaritaine, sans doute. Quand Oli m'a chassé de chez lui, après son accident, j'étais vraiment dévastée. J'en ai pris pour mon grade il m'a blessé. Il ne fallait pas s'attendre à mieux de sa part. Abruti. Et c'est Jordan qui, contre toute attente, s'est montré d'un soutient insoupçonné. J'aurai presque dit un ami, si notre passé commun ne m'obligeait pas à le considérer comme un sale porc, éternel gamin sans aucune maturité. Mais il m'a prouvé que les gens sont capable de changé. Tout comme Oli est devenu un sale con égoïste. Et quand ce fut à son tour d'avoir besoin de mon aide, je su être présente. Mais on a beau s'être écrit de nombreuses lettres, tout le temps de son incarcération, et j'ai beau connaître son histoire de fond en comble, l'avoir en face de moi, ce n'est pas la même chose. Mais devant sa mine déconfite, je réalise bien vite qu'il n'est pas question d'être effrayée. Au contraire, Jordan a besoin de moi, de se confier, comme il le fait si souvent par écrit, mais de vive voix cette fois.

•• Viens entre, ne reste pas à la fenêtre. •• Je le fais entrer et asseoir sur mon lit, faute d’autre place. Si ma mère nous entend… Mais je ne me pose pas plus la question. Et il ne lui faut pas longtemps pour déballer toute son histoire avec Cristie. Ce n’est pas une fille bien. Je le sais depuis la primaire, depuis que nous avons été ensemble dans la classe de madame Swann et qu'elle cherchait déjà à m'humilier. Mais cette sale blonde était du genre à avoir du succès et à se mettre tout le monde dans la poche. Les garçons en particulier. Jordan n'a pas fait exception. Mais elle ne le mérite pas. Et ne plus vouloir lui parler depuis sa libération... Alors quand tout va bien elle est heureuse mais soudainement dès que quelque chose cloche il n'y a plus personne. Et moi je suis probablement stupide pour l'épauler et le soutenir, me direz vous. Mais je sais ce que j’encoure au moins. Quelques coups frappés à la porte m’indiquent une présence inopportune. •• Aubrey, tout va bien ? A qui tu parles ? •• Je met une main sur la bouche de mon ami pour le faire taire, et je crie une réponse à l’encontre de maman. •• Je discute avec Elia, par Skype.Dis lui bonjour de ma part. •• Oulala, mon adrénaline est monté d’un coup en flèche. Heureusement qu’elle n’est pas entrée et qu’elle respecte encore un peu mon intimité. Mais pour ce qui se passe ensuite, je n’y comprends plus rien. Et cela vaut-il sans doute mieux. Je ne suis plus tout a fait consciente de ce que je fais. Ou plutôt de ce que je le laisse faire, serait plus juste. Parce que sincèrement, si j'avais toute ma tête, j'aurai mis le holà il y a des siècles. Au moment même où il m'enlève mon haut. Nan, même avant. Comme je l’avais fait avec Oliver, des années lumières auparavant. Mais voilà, je n'y arrive pas. Alors je me laisse faire, pour cette nuit tant attendue, si ardemment rêvée. Mais rien de ce que j'ai imaginé ne peut être comparé à ce que je vis. Je n'aurais jamais pensé à quel point cela pouvait être aussi effrayant, passionnel, envoûtant et complètement fou.

Décembre 2013, Christchurch
♫♫♫

Les premiers mois, je n’osais pas m’éparpiller, m’installer, sachant que le poste n’était que provisoire et que ça n’durerait pas. Mais peu à peu, à mesure que j’prenais mes marques, j’ai commencé par ramener deux trois trucs. Des stylos avec des têtes d’animaux accrochés sur l’bout. Des cadres avec des photos. Des livres que je finissais par laisser au bureau. Plein de babioles qu’il me fallait mettre aujourd’hui dans un carton pour les ramener chez moi. Enfin, chez Simon puisque c’est chez lui que je crèche en c’moment. Heureusement qu’il était là, pour me soutenir à un moment où j’en avais le plus besoin, et m’héberger quand je ne savais plus où aller. Je n’en veux pas à maman, je sais qu’elle a eu ses raisons et que je l’ai déçue. Mais j’aurai aimé qu’elle soit présente à mes côtés dans cette épreuve, au lieu de me mettre à la porte. 2013 fut une succession d’épreuves indésirables, et j’espère que la roue tournera enfin en 2014. Pour le moment, il paraît que c’est plutôt bien partie. Après des mois sans poser le pied sur la glace, je reprends doucement les entraînements, aux côtés de Simon. Le verdict est tombé, et je peux reprendre ma vie en toute quiétude. Ou presque. Les sélections sont dans une semaine et je n’ai plus une minute à moi. C’est à peine si mon entraîneur me laisse souffler cinq minutes. Mais je ne m’en plains pas. J’ai du retard à rattraper et c’est ma faute. Et si je veux me défaire de cette réputation de droguée que je me suis forgée, je dois donner le meilleur de moi et prouver que je n’ai pas besoin de ça pour réussir. D’ailleurs j’n’en ai jamais eu besoin. On m’a traité de tricheuse, mais je n’m’en suis jamais servie pendant les compétitions. Elles étaient juste jalouses que la médaille leur soit volée par une fille arrivée de nulle part, une petite rousse tout juste sortie de sa cambrousse et qui a fait des merveilles grâce à un miracle. Mais je suis bien déterminée à prouver que ce n’est pas un miracle. C’est du travail, de la persévérance, une grosse dose de passion, aussi et c’était amplement mérité, c’est tout. Si jamais je ne parviens pas à me qualifier, je n’aurai qu’à persévérer pour quatre ans de plus, c’est tout.

Je devrai être contente de ranger mes affaires. Je ne suis plus astreinte à revenir ici, travailler en tant que secrétaire. Ça veut dire que j’ai gagné, que je peux patiner à nouveau, que je peux réaliser mon rêve… Et partir d’ici. Mais je réalise que j’ai du mal à quitter un lieu où je suis restée pendant presque six mois. De même que l’avocat qui m’a aidé à me sortir de cette épreuve et que j’ai pris l’habitude de côtoyer. Même si je m’en plains, ce n’était pas un calvaire. Et contre tout attente, j’ai beaucoup appris. Je suis consciente que je lui dois énormément. J’ai l’espoir fou que ça ne s’arrête pas là, que nous gardions contact. Mais je suis réaliste, je sais parfaitement que je n’ai toujours été qu’une cliente à ses yeux, ou seulement sa secrétaire. Et il ne mélange jamais vie privée et vie professionnelle. Je ne ferai pas l’erreur de croire le contraire. Je vais retourner à ma vie d’avant, en toute tranquillité. C’est tout ce que je puisse faire. Une fois ma boîte prête, je frappe deux coups discret à la porte de son bureau, comme j’avais l’habitude de le faire si souvent, avec toujours la même peur de le déranger. •• Marshall ? J’ai fini. Je voulais juste… Vous dire au revoir. Et merci, pour tout. •• Il s’est donné beaucoup de mal pour me faire acquitter, alors que je ne pouvais rien lui offrir en retour. Du moins, rien d’autre qu’un peu d’mon temps. •• J’espère que je n’ai pas été un fardeau… •• Que j’ai au moins remplie la seule condition du contrat avec brio, étant donné que lui a réussi sa part. Je ne peux qu’espérer qu’au moins, il a été satisfait de moi. Tout ce que je peux dire, c’est que je me suis donnée du mal pour. •• Ca va me manquer ! •• Même si je sais que j’n’aurai pas le temps de penser à autre chose qu’au patinage… Mais c’est vrai, ça va me manquer. J’expédie les « au revoir », de peur de finir par craquer. J’attrape mon carton et je me dépêche de sortir du cabinet, une boule dans la gorge qui ne veut pas partir.

Février 2014, Sotchi (Russie)
♫♫♫

J’attends patiemment mon tour. Ou p’t’être pas si patiemment qu’ça. Je trépigne, je souris, je suis aveuglée par les flash des journalistes et intimidée par les caméras tout autour. Mais je regarde droit devant moi, essayant de m’concentrer sur tout autre chose. J’imagine que j’suis chez moi, en Nouvelle Zélande. Dans ma patrie, en sécurité, entourée et supportée. Chez moi à cette époque de l’année, c’est l’été. Y’a du soleil et après chaque entrainement j’finis à la plage. Alors qu’ici, ici j’me les pèle. Y’a de la neige partout, il fait froid. Mais j’m’en moque. J’m’en moque parce que dans quelques secondes, je vais être médaillée. A l’annonce des résultats, j’ai du regarder l’écran trois fois, et relire mon nom encore et encore avant d’être certaine que l’un et l’autre soient bien associés. Maman m’a pris dans ses bras, m’faisant tomber à la renverse. Et j’ai bien vu dans les yeux d’Simon qu’il était ému. Il a juste posé une main sur mon épaule avant d’m’enlacer à son tour. Le plus dur était d’attendre la fin des derniers passages, d’être certaine que personne ne ferait mieux, que je conserverai ma place. La Russe est passée en tête du classement. Résultat controversée mais impitoyable. Je dois me contenter de l’argent. Enfin, entre nous, j’m’en fou un peu. Le principal, c’était d’participer. Être sur le podium, en soi, c’n’est que du bonus. Accompagné d’une immense fierté. La Coréenne est la première à être appelée. Le président de cérémonie s’approche, et lui fait la bise, accrochant autour de son cou une somptueuse médaille en bronze. Une jeune patineuse s’avance également, un bouquet de fleurs à la main. Intervention brève qui me semble pourtant durer une éternité, tant je suis impatiente que mon tour soit là. Et quand enfin on clame mon nom, mon pays et ma place, je n’peux qu’être fière. J’monte sur la marche qui m’est attribuée. La deuxième. A un poil d’la réussite totale. J’me baisse pour qu’le président m’passe la corde au cou. Enfin, la vraie. Pas la métaphorique. V’voyez. J’baisse les yeux, vers la médaille en argent, qui scintille. Celle là, sur et certain qu’elle va être accrochée à ma tête de lit sitôt que j’suis rentrée à la maison.

J’prends le bouquet d’fleurs qu’on m’tend et j’salue le public d’la main. Puis là, j’oublie tout l’reste. C’est à peine si j’entends l’hymne Russe qui fait écho dans toute la patinoire, et ma camarade, à ma gauche, qui couvre la musique part sa propre voix. L’or c’est surfait. L’or, j’m’en fou. C’est déjà un miracle que j’sois arrivée jusque là. Et d’ailleurs, il m’suffit de voir la fierté dans l’regard de Simon pour savoir que j’ai tout gagné. La fierté d’mon pays avec. Il y a une polémique, sur la gagnante, qui aurait soit disant des liens d’affinité avec l’un des juges. C’est sur que ça a l’air vraiment suspect, dis comme ça, mais son programme était à couper l’souffle et j’sais reconnaître ma défaite. C’la coréenne qui râle. Ils sont jamais content ces asiatiques.

©aslinn.


Dernière édition par Aubrey Keller le Mer 5 Mar - 9:47, édité 10 fois
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Louisianna Inch-Conrad

∾ Incantations : 897
∾ Avatar : Emily Browning
∾ Job : Infirmière en pédiatrie


Infos supplémentaires
Relation du perso:

MessageSujet: Re: Aubrey ☼ Seul un acte de pur amour pourra faire fondre un coeur glacé.   Mar 4 Fév - 10:48



WELCOME NAMOUUUUUUUUUUUUUUR !
Chocolat et bonbon sur toiiiii !

Revenir en haut Aller en bas
http://mistymorning.forumgratuit.fr
avatar
Oliver O'Reilly

∾ Incantations : 55
∾ Avatar : Christian Antidormi
∾ Job : Au chômage


MessageSujet: Re: Aubrey ☼ Seul un acte de pur amour pourra faire fondre un coeur glacé.   Mar 4 Fév - 11:32

La plus belle   
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Louisianna Inch-Conrad

∾ Incantations : 897
∾ Avatar : Emily Browning
∾ Job : Infirmière en pédiatrie


Infos supplémentaires
Relation du perso:

MessageSujet: Re: Aubrey ☼ Seul un acte de pur amour pourra faire fondre un coeur glacé.   Mar 4 Fév - 11:32

La plus belle à Iollan (a)
Revenir en haut Aller en bas
http://mistymorning.forumgratuit.fr
avatar
Oliver O'Reilly

∾ Incantations : 55
∾ Avatar : Christian Antidormi
∾ Job : Au chômage


MessageSujet: Re: Aubrey ☼ Seul un acte de pur amour pourra faire fondre un coeur glacé.   Mar 4 Fév - 11:40

Louisianna Inch-Conrad a écrit:
La plus belle à Iollan (a)

La plus belle à Oliver, UH.   
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Louisianna Inch-Conrad

∾ Incantations : 897
∾ Avatar : Emily Browning
∾ Job : Infirmière en pédiatrie


Infos supplémentaires
Relation du perso:

MessageSujet: Re: Aubrey ☼ Seul un acte de pur amour pourra faire fondre un coeur glacé.   Mar 4 Fév - 12:03

NAN A IOLLAN    
Revenir en haut Aller en bas
http://mistymorning.forumgratuit.fr
avatar
Oliver O'Reilly

∾ Incantations : 55
∾ Avatar : Christian Antidormi
∾ Job : Au chômage


MessageSujet: Re: Aubrey ☼ Seul un acte de pur amour pourra faire fondre un coeur glacé.   Mar 4 Fév - 12:12

  
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Louisianna Inch-Conrad

∾ Incantations : 897
∾ Avatar : Emily Browning
∾ Job : Infirmière en pédiatrie


Infos supplémentaires
Relation du perso:

MessageSujet: Re: Aubrey ☼ Seul un acte de pur amour pourra faire fondre un coeur glacé.   Mar 4 Fév - 12:13

 NA IOLLAAAAAAN
Revenir en haut Aller en bas
http://mistymorning.forumgratuit.fr
avatar
Oliver O'Reilly

∾ Incantations : 55
∾ Avatar : Christian Antidormi
∾ Job : Au chômage


MessageSujet: Re: Aubrey ☼ Seul un acte de pur amour pourra faire fondre un coeur glacé.   Mar 4 Fév - 12:28

À Oliver.

Tu le vois quelque part, Iollan ? Contrairement à Oliver, non je ne le vois pas.

  
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Louisianna Inch-Conrad

∾ Incantations : 897
∾ Avatar : Emily Browning
∾ Job : Infirmière en pédiatrie


Infos supplémentaires
Relation du perso:

MessageSujet: Re: Aubrey ☼ Seul un acte de pur amour pourra faire fondre un coeur glacé.   Mar 4 Fév - 13:02

ATTEND QUE JE LE RAMENE TU VAS VOIR ! IL ... IL ... IL ... IL HACKERA TON ORDI *sors*
Revenir en haut Aller en bas
http://mistymorning.forumgratuit.fr
avatar
Oliver O'Reilly

∾ Incantations : 55
∾ Avatar : Christian Antidormi
∾ Job : Au chômage


MessageSujet: Re: Aubrey ☼ Seul un acte de pur amour pourra faire fondre un coeur glacé.   Mar 4 Fév - 13:15

Vas-y, j'ai peur. Il ne doit pas y avoir grand chose de compromettant sur le pc d'Oli !   
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Louisianna Inch-Conrad

∾ Incantations : 897
∾ Avatar : Emily Browning
∾ Job : Infirmière en pédiatrie


Infos supplémentaires
Relation du perso:

MessageSujet: Re: Aubrey ☼ Seul un acte de pur amour pourra faire fondre un coeur glacé.   Mar 4 Fév - 13:42

kiss my ass J'saurais m'en rappeler
Revenir en haut Aller en bas
http://mistymorning.forumgratuit.fr
avatar
Aubrey Keller

∾ Incantations : 395
∾ Avatar : Jane Levy
∾ Job : Patineuse Artistique


Infos supplémentaires
Relation du perso:

MessageSujet: Re: Aubrey ☼ Seul un acte de pur amour pourra faire fondre un coeur glacé.   Mar 4 Fév - 18:52

L'écoute pas Mamour, y'a des photos de cul sur le PC d'Oli. Depuis que sa main est devenue sa plus fidèle amie, forcément.
Z'êtes folles mais j'vous aime. Aubrey se coupera en deux. Un aura droit à l'avoir dans la vie réelle, l'autre dans la vie alternative. Si c'pas merveilleux, un nouveau moyen de contenter tout l'monde o/
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité


MessageSujet: Re: Aubrey ☼ Seul un acte de pur amour pourra faire fondre un coeur glacé.   Mar 4 Fév - 21:32

Bon ben si c'est comme ça je tranche pour vous : Aubrey c'est ma mienne, alors PAS TOUCHE   
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Freddie Lee Conrad

∾ Incantations : 386
∾ Avatar : Charlie H.


MessageSujet: Re: Aubrey ☼ Seul un acte de pur amour pourra faire fondre un coeur glacé.   Mer 5 Fév - 0:25

AUBREY - Notre amour fleurira un jour  norah  moi, mes disquettes et les vieilles rimes du dimanche     FRED CONTENT ? Content de revoir la petite gouinette qui a failli lui piquer  SA Lou ? ( peut-être un chouïa rikiki)         

Bienvenue chez toi, ça fait boom-boom dans mon p'tit coeur, sérieusement.

Pour la forme : si tu as des questions, n'hésites pas, Yorah est là pour y répondre  norah 

Revenir en haut Aller en bas
avatar
Aubrey Keller

∾ Incantations : 395
∾ Avatar : Jane Levy
∾ Job : Patineuse Artistique


Infos supplémentaires
Relation du perso:

MessageSujet: Re: Aubrey ☼ Seul un acte de pur amour pourra faire fondre un coeur glacé.   Mer 5 Fév - 0:47

Mais pour un plan à trois, c'est quand tu veux si t'es si jaloux norah
Merci Norah, ça me fait trop plaisir d'nous retrouver *-* Puis ça va dépoter. J'le sens I love you
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Louisianna Inch-Conrad

∾ Incantations : 897
∾ Avatar : Emily Browning
∾ Job : Infirmière en pédiatrie


Infos supplémentaires
Relation du perso:

MessageSujet: Re: Aubrey ☼ Seul un acte de pur amour pourra faire fondre un coeur glacé.   Mer 5 Fév - 16:41

Plan à trois ? p'tite joueuse !
PARTOUZE avec tout l'fofo moi j'dis   
Revenir en haut Aller en bas
http://mistymorning.forumgratuit.fr
avatar
Vaughn O'Shanahan

∾ Incantations : 228
∾ Avatar : Nick Roux
∾ Job : Etudiant en dernière de stylisme


Infos supplémentaires
Relation du perso:

MessageSujet: Re: Aubrey ☼ Seul un acte de pur amour pourra faire fondre un coeur glacé.   Mer 5 Fév - 23:57

God yorah c'est une merveilleuse idée   
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Marshall Schrödinger

∾ Incantations : 141
∾ Avatar : Michael Fassbender
∾ Job : Avocat de la défense au criminel


Infos supplémentaires
Relation du perso:

MessageSujet: Re: Aubrey ☼ Seul un acte de pur amour pourra faire fondre un coeur glacé.   Jeu 6 Fév - 1:06

Vaughn Ackerley a écrit:
God yorah c'est une merveilleuse idée   

C'est surtout très wrong quand tu dis ça et que son idée comporte ta soeur. Je dis ça, je dis rien.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Vaughn O'Shanahan

∾ Incantations : 228
∾ Avatar : Nick Roux
∾ Job : Etudiant en dernière de stylisme


Infos supplémentaires
Relation du perso:

MessageSujet: Re: Aubrey ☼ Seul un acte de pur amour pourra faire fondre un coeur glacé.   Jeu 6 Fév - 1:07

Elle je la file à yorah je prend le reste XD
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Briac Shakelton

∾ Incantations : 89
∾ Avatar : Bill Skarsgard


MessageSujet: Re: Aubrey ☼ Seul un acte de pur amour pourra faire fondre un coeur glacé.   Mer 5 Mar - 3:41


Tu fais parti des nôtres


Le gif ? L'Fred en moi qui t'envoie son salut, d'sa petite cellule d'prison.  norah 
POUAH LA VIE ALTERNATIVE VEND DU REVE. IOX/AUBREY.OMG   
Je te parle même pas des parties caractères version interview   
toi a écrit:
C’la coréenne qui râle. Ils sont jamais content ces asiatiques.
Bien d'accord   sinon, l'histoire est parfaite, fluide ( j'vais pas t'faire un éloge mais, j'pourrai).
Sinon : c'fut un plaisir de te lire sale fausse rousse   

Tu es maintenant validée et membre à part entière de cet asile hum ce forum !

☪ Si ce n'est pas déjà fait, tu peux lire les annexes concernant  le monde alternatif ou la Nouvelle-Zélande, ça peut toujours être utile. N'oublie pas de faire un tour du côté des intrigues pour te tenir au courant de ce qui se passe sur le forum

☪ Tu peux poster ta fiche de liens pour te trouver des partenaires aussi tarés que toi. C'est par ici. Tu peux aussi lister tes rp en te rendant

☪ Tu peux recenser le métier de ton personnage ici et si tu veux pas qu'il dorme dans un carton dans la rue, tu peux lui attribuer une maison par là-bas

☪ Tu peux désormais poster tes scénarios en les balançant là-bas

☪ Tu as une semaine pour poster ton premier RP

☪ N'oublies pas de signaler si tu dois t'absenter ! Sinon c'est la fessée ! Même si on sait que t'aime ça

Merci de remplir ton profil et surtout ta feuille de personnage qui peut s'avérer être super méga utile !

☪ Amuse-toi bien, petit membre ! Et si tu rencontres le moindre soucis, n'hésite pas, le staff est là
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Aubrey Keller

∾ Incantations : 395
∾ Avatar : Jane Levy
∾ Job : Patineuse Artistique


Infos supplémentaires
Relation du perso:

MessageSujet: Re: Aubrey ☼ Seul un acte de pur amour pourra faire fondre un coeur glacé.   Mer 5 Mar - 5:27

Je sais au fond d'toi à quel point tu l'aimes, t'peux pas t'en empêcher (a)
D'ailleurs, Laura, si tu me lis, j'ai laissé Iox pour l'moment mais j'éditerai quand tu seras décidée si tu veux lui donner un autre patronyme I love you

Aller, occupons nous du beau gosse maintenant !
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: Aubrey ☼ Seul un acte de pur amour pourra faire fondre un coeur glacé.   

Revenir en haut Aller en bas
 

Aubrey ☼ Seul un acte de pur amour pourra faire fondre un coeur glacé.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Aubrey ☼ Seul un acte de pur amour pourra faire fondre un coeur glacé.
» ♠ Tout est relatif, seul la Vodka est Absolut
» Par Amour
» Comment créer un ennemi qui tire et se déplace tout seul ?
» Changer la couleur de fond d'un seul sujet

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Misty Morning :: II. ECUME DES JOURS ::  Bouteille à la mer :: 
Welcome Home
-