Partagez | .
 

 shaw | tame the ghosts in my head that run wild and wish me dead

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Maxen Shaw

∾ Incantations : 12
∾ Avatar : dan feuerriegel


MessageSujet: shaw | tame the ghosts in my head that run wild and wish me dead   Sam 10 Mai - 12:17


Maxen Idris Shaw
"I have only two emotions; careful fear and dead devotion."



Nom ∞ Shaw ; Prénoms ∞ Maxen Idris ; date & lieu de naissance ∞ réponse ici. ; âge ∞ Vingt-neuf ans ; nationalité & origines ∞ De nationalités et d'origines canadiennes et australiennes ; métier ∞ Policier-patrouilleur ; orientation sexuelle ∞ Homosexuel ; Situation amoureuse ∞ Divorcé célibataire. ; dans ton ipod ∞ Sour. ; groupe ∞ réponse ici.; crédit ∞ header – fydanfeuerriegel @ tumblr ; célébrité ∞ Dan Feuerriegel


Caractère
Malheureusement pour moi, je suis quelqu’un d’assez – trop – fonceur. Je n’ai jamais peur de rien, ma sécurité physique ou mentale ne m’importe pas vraiment, ce qui est assez merdique avec le job que j’ai. Je dois préciser que je ne souhaite pas mourir, non, au contraire, seulement, mon impulsivité a le don de me laisser me noyer dans les ennuis. Pour la plupart de mes collègues, l’on m’a souvent traité de tête brûlée ou de cowboy. Mais bon, je ne peux pas vraiment faire grand-chose pour cela puisque c’est bien plus fort que moi. Au moins, j’ai tout de même un semblant de tête sur les épaules. Il m’arrive d’être capable d’analyser les situations et prendre une décision appropriée… Par contre, il ne m’est pas difficile de voir rouge et de perdre contrôle. Un tempérament explosif est tout à fait moi. Je m’impose, je prends la place qui me revient de droit. Je dois dire que j’ai du mal à accepter l’aide et les idées des autres. Il me faut, habituellement, pratiquement un plan détaillé de A à Z sur le pourquoi et le comment j’ai tort.

Je suis, après tous ces « défauts, » un être relativement sociale, libre de plusieurs préjugés (sauf envers moi-même) et fidèle. Ma fidélité ne se résume pas qu’à la fidélité amoureuse. Elle s’étend sans problème jusqu’à l’amitié et envers la protection de ma ville et de ses habitants. Je crois d’abord et avant tout aux actions plutôt qu’aux paroles, puisque celles-ci peuvent être très facilement manipulées. J’offre ma confiance assez facilement – à moins que l’on me donne une sale bonne raison de vous détester – et la reprend tout aussi rapidement. La récupéré est possible, seulement, je sais être assez têtu là-dessus. Bref, je suis quelqu’un qui ne donne pas sa parole à la légère et sur qui l’on peut compter si l’on arrive à supporter mes éclats de colères et frustrations.

Aimant, Arrogant, Ambitieux, Audacieux, Bienveillant, Coléreux, Confient, Compétitif, Dévoué, Énergique, Excessif, Ferme, Fidèle, Fier, Franc, Généreux, Loyal, Imposant, Impulsif, Imprudent, Ironique, Observateur, Paternel, Persévérant, Ponctuel, Protecteur, Résistant, Sanguin, Susceptible, Téméraire, Têtu, Violent.


Manies
•• Il s’est quelque peu assagit lorsque sa copine lui annonçant qu’elle était enceinte lorsqu’il avait vingt ans •• Il est trois fois père : Marcus, 9 ans, Trinity, 7 ans et Erik 4 ans. Depuis quatre ans, il est séparé et divorcé de la mère de ses enfants. Ces gosses lui manque et c’est au bord de le tuer. •• Il s’est fait admettre aux Urgences à 23 ans avec un couteau de boucher à un centimètre de son cœur, juste sous sa clavicule. Une femme en état de panique avait appelé les flics pour régler une dispute conjugale et la femme, sous un élan de frustration et de colère, a manqué son mari. Il a passé un mois à l’hôpital sous observation intensive avant d’être libéré, finalement, après quatre semaines •• Il s’est fait suspendre durant un mois après avoir péter un câble et avoir frappé un délinquant en plein poste de police. Au moins, il n’était pas en fonction •• Peu de temps après son coming out, Anya a débarqué dans le pub que tous les flics fréquentaient pour faire une véritable scène de ménage à Max, révélant à pratiquement tout le poste, par le fait même, qu’il était gay. •• Pour passer le temps, il s’entraine constamment pour les compétitions d’Ironman néo-zélandaises et australiennes. L’an passé il s’est qualifié en quarante-neuvième position. C’est ça où extériorisé la colère sur des gens •• Il est maniaque de hockey et retourne régulièrement au Canada pour un match de son équipe favorite. Chaque fois que les Sénateurs d'Ottawa font partis des séries éliminatoires, il est obligatoirement dans les gradins ••


Vie alternative
Dans sa vie alternative, il est un hétéro pur. Un vrai de vrai, virile et avec tout ce qui va avec. Il est toujours avec Anya et ils sont toujours mariés et ont encore leur trois enfants. En fait, sa vie est tout à fait ce qu'il aurait espéré de sa véritable existence. D'autant plus que son boulot est plus dans ses cordes et mieux pour son moral. C'est pas mal pour un homme très physique et très sanguin come Max d'être un combattant d'MMA plutôt connu. Surtout dans les circuits asiatiques et américains. Il n'est pas encore considéré comme un futur champion, cependant, il y travaille ridiculement fort. Il commence à être de plus en plus connu et il se fait une saleté de bonne réputation. Bien qu'il ne soit pas particulièrement enchanté, dans la cage, on le surnomme le Canuck et plusieurs trouvent amusant d'un canadien d'origine soit tant agressif lorsqu'il n'y est pas question de hockey.

Bref, il est père de famille, mène la vie rêvée. Sauf qu'il ne parle plus beaucoup à sa soeur parce qu'il aurait peut-être passé à ça d'envoyer son beau-frère à l'hôpital. Beau-frère qui ne porte plus ce titre parce que ce connard ose lever la main sur sa soeur. Si les circonstance lui en donne la chance, très certainement qu'il n'aurait aucun remord à le tuer.  



You, behind your computer
prénom/pseudo ∞ dey. ; âge ∞ il me manque trop de dents pour que ça fasse du sens ; Comment es-tu arrivé là ? ∞ troupidou. ;  Je suis un ∞ inventé ; Que penses-tu du forum? ∞ pénis ici  ; Un dernier truc à dire? ∞ pénis ici ; 
Merci de remplir le code ci-dessous  
Code:
<span class="bottin">Dan Feuerriegel</span> ☪ <span class="pris">Maxen Shaw</span>
 

©aslinn.


Dernière édition par Maxen Shaw le Mar 20 Mai - 8:54, édité 8 fois
Revenir en haut Aller en bas
Maxen Shaw

∾ Incantations : 12
∾ Avatar : dan feuerriegel


MessageSujet: Re: shaw | tame the ghosts in my head that run wild and wish me dead   Sam 10 Mai - 12:18


This is my story
"Oh, but your love is such a swamp ; you're the only thing I want."


« Oi Shaw ! Comment va l’épaule ?
- Aussi bien que ça peut aller. »

Je passai pour la première fois au poste depuis ma sortie officielle de l’hôpital. Mes mouvements dans mon bras gauche n’étaient pas encore tout à fait revenus à ce qu’ils étaient auparavant – ce qui était tout à fait normal, après tout – cependant, n’empêche que je me portai déjà tellement mieux depuis que j’avais quitté les confins de cette chambre moche, hautaine et stérile. J’y étais resté durant pratiquement un mois complet, sous observation, jusqu’à ce que mon docteur me déclara prêt pour la réadaptation physique. Sincèrement, je n’avais jamais réalisé à quel point enfiler un chandail par soi-même pouvait être si gratifiant. Depuis mon « incident, » la plupart de mes collègues avaient parfois passé en coup de vent me voir, mais la plupart n’avaient jamais été très à l’aise dans l’établissement de santé. Au moins, ils étaient venus me souhaiter un prompt rétablissement tandis que Bennett passait à tous les deux jours. J’imagine qu’il se sentait mal – pas qu’il ne me le laisserait jamais savoir – mais il avait été là. Mon partenaire avait été là, avec moi, à me traiter sans cesse de tous les noms possibles jusqu’à ce que l’ambulance et les renforts se pointent. Si je dois avouer quelque chose, ce serait que j’ai énormément apprécié ses millions d’insultes. Elles me distrayaient fort bien du couteau de boucher qui transperçait le côté gauche de mon torse, mais ça, je ne le lui dirai pas. Comme Bennett ne m’avouerait jamais qu’il avait paniqué à me voir étendu dans mon propre sang, à essayer stupidement de déloger la lame… J'étais en état de choc, normal que je ne pensais pas rationnellement. Je me souviens que je voulais simplement que ce couteau sorte de moi le plus rapidement possible. Heureusement, Bennett m'avait empêché de faire cette énorme connerie.

Donc, à ma première visite en ville, j’avais avec moi ma gamine de trois ans qui trottinait fièrement devant moi. Elle adorait venir au poste et l’attention qu’elle y recevait. Ça ne devait vraiment pas être sain… J’allais très certainement avoir des problèmes avec elle lorsqu’elle serait adolescente… Nécessairement, toute cette attention allait lui montrer à la tête… Bennett m’offrit un demi-sourire, claquant sa large paume contre mon dos, toujours quelque peu anxieux de ma condition. J’imitai son expression, le saluant officiellement à mon tour, terminant ma phrase d’une insulte comme nous le faisions constamment. Je vis, du coin de l’œil, Katrina, ma collègue avec qui j’avais passé les examens d’entrés, se précipité vers nous. Elle m’enlaça avec un peu trop s’enthousiasme. Discrètement, je tentai de ravaler un sifflement douloureux avant que les souvenirs de ma blessure lui reviennent en tête. Rapidement, elle me relâcha, complètement horrifiée, gardant ses mains levées entre elle et moi. Je ne pus m’empêcher de lever les yeux au ciel devant sa tête lorsque ma petite décida qu’il était temps que l’on pense à elle plutôt qu’à moi. Définitivement, j’allais éprouver des problèmes plus tard. Katrina sourit à s’en fendre le visage en deux, oubliant sur le coup que je sortais fraîchement de l’hôpital et s’agenouilla devant Trinity qui sourit, fière d’elle-même.

« T’as ta petite puce avec toi en plus ? Si elle n’est pas mignonne ! C’est quoi ton nom ma belle ?
- Moi, c’est Trinity ! Et toi, madame ?
- Enchantée, ma belle Trinity. Je suis Katrina. Seigneur, elle est trop chou, Max ! »

Je souris alors que ma toute dernière se dandinait d’un pied à l’autre, faisant quelque peu tournoyer les pans de sa jupe. Katrina l’observait comme l’on observe des chiots ou des chatons, m’ayant déjà complètement remisé loin derrière ses priorités. Toujours mieux faire la gaga devant ma gamine qui ne demandait que ça. Bon, peu importe : Bennett préféra reprendre mon attention en me parlant des derniers changements administratifs et m’annonça fièrement qu’il était présentement considérer pour le futur poste de sergent qui allait s’ouvrir sous peu lorsque McIntyre allait lui-même obtenir une promotion. J’allais ouvrir la bouche lorsque j’entendis cette voix que je saurai reconnaître n’importe où transpercer la clameur habituelle du poste.

« Hey ! Hey, mais c’est Shaw ! Shaw ! Oh hé Shaaaaaw ! »

Je lançai un regard à Bennett, ne prenant même pas la peine de me retourner pour reconnaître Elia Waihaki. À la tête que je me faisais, Bennett balaya d’un mouvement de la main la question silencieuse que je lui demandais. Mon ancien partenaire m’annonçant, sans grand étonnement, que le gamin avait encore fait du grabuge avec l’autre taré blond et que la demoiselle, comme toujours, venait les sortir de taule. Encore et toujours le même scénario. Sincèrement, quand allaient-ils tous comprendre que ce cercle vicieux n’allait pas s’arrêter ? Que ces deux tarés allaient devoir apprendre leur leçon avant de réellement se trouver dans de véritables emmerdes pires que les nombreuses conneries pour lesquelles je les avais si souvent embarqués ?

« Shaaa-Aaa-Aaaaaw ! T’étais où ? Ça un bail que je t’ai pas vu ! »

Parce que j’étais en civil, je me permis de simplement lever ma main en sa direction et lui envoya mon doigt, préférant garder ma langue puisque ma gamine faisait encore des yeux doux à Katrina qui s’esclaffait pour je-ne-sais-quoi. Sûrement des trucs de filles. Trinity se recula jusqu’à pouvoir s’appuyer contre ma jambe, levant sa petite main potelée pour s’agripper à mon chandail. J’entendis Katrina échapper un long « Awe » charmé alors que Bennett préféra grogner et jeter un regard noir par-dessus mon épaule. Non, lui non plus n’appréciait vraiment pas ce connard qui se donnait en spectacle.

« J’en conclu que c’est encore toi qui l’a embarqué ?
- Je dois vraiment répondre à ça ?
- Tu peux me regarder, oui ? Shaaa-Aaaw ! »

Trinity commença à s’énerver pour je ne sais quelle raison. Apparemment, l’attention de Katrina n’était pas assez et elle voulait que Bennett et moi-même se mettent de la partie. La petite tête blonde décida qu’elle devait absolument utiliser mon chandail comme s’il s’agissait de l’une de ses doudous et qu’elle pouvait bien en faire ce qu’elle voulait. Au départ, je n’en avais rien à faire qu’elle entortille ses doigts dans le tissu, mais plus ça allait, plus elle perdait patience et tentait – vainement – de m’enlever mon t-shirt en le montant le long de mon ventre ou de le tirer le plus bas possible. À ma grande honte, ma collègue décida qu’il était particulièrement approprié d’user un sifflement approbateur et impressionné lorsque ma gamine exposa mon ventre à tout le monde qui prenait la peine de regarder en notre direction. Rapidement, je baissai mon chandail contre moi, servant un regard sérieux à ma gamine, me forçant à ne pas m’emporter. Chose plus ou moins facile avec l’autre con qui se faisait présentement libérer.

« Trinie… Arrêtes. Arrêtes ça, s’il te plait. C’est pas drôle : tu déranges papa. »

Mais la petite ne voulait rien entendre. Elle jouait toujours avec le bas de mon chandail, le levant, le tirant, le tordant et s’y pendant. J’inspirai profondément, la forçant, finalement, à lâcher prise. Du regard, j’implorai ma collègue de distraire ma fille alors que je m’occupai encore de quelques affaires avec Bennett. Katrina, d’une vivacité incroyable, sourit largement à ma gamine, lui prit les mains en lui annonça qu’il était temps de faire des nouveaux dessins pour décorer mon casier. Toutes les deux disparues dans le couloir, je me retournai enfin vers Elia qui osa me servir le plus grand et le plus mange-merde des sourires que je n’avais jamais vu. Connard.

« Peu importe ce que tu as à me dire, Waihaki, ça va attendre à la prochaine fois que ton cul se fait mettre en taule : je travaille pas aujourd’hui et j’en ai rien à faire de toi.
- Arrête, d’ici ce temps-là, t’as grandement le temps de t’ennuyer de mon cul. Il va énormément te manquer. »

Et il éclata de rire, comme s’il venait de faire la meilleure blague du monde. Je préférai serrer la mâchoire, lui envoyant un regard noir, celui que j’abordai en permanence lorsque j’avais à faire aux tarés dans son genre. Bennett, à mes côtés, devait très certainement avoir la même idée que moi, mais se retenait fort bien de rajouter quoique ce soit. Lâcheur. Le maori ne perdit pas son temps et renchérit pratiquement sur le champ.

« C’est de l’encre d'un tatouage que j’ai vu sur ta hanche ?
- C’est pas de tes affaires, Waihaki.
- Tu le remontres ? J’ai pas bien vu.
- Ta gueule.
- C’est tout à fait sexy. Un tribal. Mmmh... »

Inconsciemment, je m’étais avancé en direction de l’adolescent à peine majeur. J’étais énervé ma patience ne tenait qu’à un fil, l’ayant toute utilisé lors de mon mois d’hospitalisation. J’étais sincèrement éreinté et je me serais très bien passé de ce p’tit taré. Une pression sur mon bon bras et je détournai la tête vers Bennett qui avait redirigé son regard noir d’Elia à moi. La tension m’avait gagné, raidissant mes épaules et mon dos, atteignant ma mâchoire et mes poings. Mon ami me fixait, s’efforçant de m’écraser visuellement avant que je pète un plomb et me crée des ennuis de plus. Avec ma réhabilitation, je ne devais pas me pourrir la vie avec des petits voyous qui se croyaient plus malins que tout le monde. N’empêche, Elia O’Keefe avait cette putain de facilité à se glisser sous ma peau et d’y rester accroché bien fermement. Seulement, le gamin n’en démordait pas non plus, sale merde.

« En passant, tu remercieras ta p’tite : sans elle je n’aurai pas cru que tu savais être coquin. Cacher de l’encre aussi bas, c’est à se demander si tu n’as pas d’autre dessins cacher ailleurs sous ses jeans. Hmm ? »

La clameur monta d’un cran lorsque je réalisai ce que je venais de faire. Mon bras droit vibrait toujours de l’impact alors que je me faisais plaquer contre le mur par une vague massive composée des policiers présents. Quelques-uns retenaient Elia qui ne demandait rien de mieux que de me rendre la pareille alors que je pris conscience de la rougeur qui prenait de plus en plus d’ampleur sur sa joue. Je rageai, essayant tant bien que mal de ravaler le pourquoi je pétai ainsi un plomb. Que des paroles lancées en l’air, ce n’était que des paroles de p’tit con qui voulait simplement me faire salement chier.

« Ça suffit ! Shaw ! ÇA SUFFIT ! »

McIntyre venait de faire son entrée et mon sergent n’avait jamais eu de difficulté à attirer l’attention sur lui qu’avec un seul de ses puissants rugissements. Pas pour rien que c’était lui qui commandait le poste. Cependant, je voyais rouge. Je ne pouvais m’empêcher de continuer à me débattre contre tout le monde, ma seule envie était de démolir ce mioche qui ne demandait rien de mieux. Je montrai les dents, grognant de frustration contre la marée humaine qui m’empêchait d’atteindre mon putain d’objectif. J’allais l’écraser, ce satané moucheron.

« MAX, Y’EN A MARRE, DÉCROCHE ! »

McIntyre dirigea son regard vers ma gauche et je sentis mes genoux fléchirent d’un coup. Ma vision périphérique se brouilla et la douleur se répandit d’un coup dans mon corps. Le rire grave et carrément amusé du patrouilleur Clare parvint à mes oreilles et, lentement, je réalisai que celui-ci appuyait fermement son pouce contre ma blessure sur ma poitrine. Je serai les dents, usant de toute ma volonté pour ne pas laisser le noir prendre le dessus. Des bras m’agrippèrent fermement – Bennett, très certainement – supportant mon poids qui semblait être de trop pour mes propres jambes. L’intervention de Clare avait eu un effet ravageur puisque j’avais cessé de me débattre et ma vision commençait à réellement à m’échapper. L’autre taré qui avait son pouce contre ma blessure continuait de glousser avant de finalement me lâcher et d’aider Bennett à me supporter jusqu’au bureau de notre Sergent. Des points noirs dansaient devant moi et la sueur perlait contre ma peau… J’étais en piteux état et j’avais pété un câble sur mon lieu de travail… McIntyre m’attrapa sans cérémonie par le bras et me poussa dans l’une des chaises avant de refermer la porte derrière nous, chassant ainsi les deux autres patrouilleurs. Je m’écroulai sans grâce dans la chaise, mon bras gauche complètement engourdit par ce coup de salaud. J’appuyai mon bon coude contre mon genou et enfouit mon visage dans ma main, laissant échappé un grognement profond de douleur. McIntyre n’en avait clairement rien à foutre puisqu’il se mit d’un coup à gueuler. J’étais tellement dans la merde.

« IL EST OÙ MON PAPA ?! PAAAA-PAAAAAA ! »

Définitivement dans la merde. Fuck.

{ ... }
Comment lui expliquer ? Je n’en avais pas la moindre idée. J’avais, pourtant, le combiner contre mon oreille et j’attendais qu’elle décroche la ligne de son côté. J’espérai, sincèrement, qu’elle ne réponde pas. Que d’entendre la voix de chacun de mes enfants suivit de la sienne qui m’informaient qu’ils n’étaient pas présent pour le moment et que je pourrai laisser un message à la fin de la tonalité. Je crois que même si j’entendrai ce message préenregistré, mon cœur allait arrêter de battre. Autrefois, j’avais ma place, sur ce message, mais déjà, le surlendemain de mon déménagement hâtif, j’avais été effacé. J’avais été remplacé par la voix de mon cadet qui baragouinait son prénom. « Bonjour ! Vous avez bien rejoint Anya… » « Marcus ! » « Trinie ! ! » « Eriiie ! ! » « Nous ne sommes pas disponible en ce moment, mais s’il vous plait, laissez-nous un message et nous vous reviendrons le plus rapidement possible… » « Meeziiiii ! » Je forçai mes paupières close, inspirant profondément alors que la tonalité raisonnait dans mon oreille, me laissant finalement comprendre que je pouvais parler. J’inspirai difficilement et laissai ma voix tremblante résonnée dans mon appartement pratiquement vide. « Anya, c’est… Moi. Euh, Max… Je dois te parler. Si tu peux me rappeler… Je… Je dois vraiment te parler. C’est urgent, s’il te plait. En fait... Non, C’est pas si urgent, mais oui en même temps… En tout cas : rappelles-moi. » J’appuyais sur le bouton pour couper la communication et me retournai vers mon appartement vide. Je passai lentement une main contre ma barbe rêche jusqu’à m’en couvrir les yeux. Sa comparse l’y rejoignit et, ensemble, elles se pressèrent fermement contre mes paupières. Ça faisait du bien, parce que je sentais le feu gagner du terrain à l’arrière de mes yeux. Le talons de mes paumes s’y enfoncèrent jusqu’à ce que la douleur physique prenne le dessus et que je décidai de relaisser mes bras tomber le long de mon corps. Le jeu de l’attente, maintenant. C’était tout ce que je pouvais faire… Et si je me fiais à l’heure que me projetai mon réveil matin, Anya devait être en train de coucher les enfants. Peut-être aurai-je droit à un appel lorsque nos enfants allaient être chacun dans leur lit, tranquille. Peut-être devrait-elle leur lire une histoire ou deux. Autrefois, c’était mon boulot, de tous les mettre au lit.

Non, je ne devais pas penser à ça.

Trois ans s’étaient passés depuis que l’on avait révoqué la quasi-totalité de mes droits de père et que l’on avait comprimé ceux qui restaient en un total de cinq heures supervisées par deux semaines. Ça ne servait à rien de me détruire l’esprit avec ces pensées. Je ne pouvais pas rien y faire tant et aussi longtemps que je ne faisais pas le ménage dans ma vie. Et ça, ça semblait être beaucoup plus compliqué que préalablement planifié. Je dus attendre trois jours avant de finalement avoir son appel. J’avais commencé à perdre sincèrement espoir. Je ne m’étais pas pointé au boulot… Je n’avais simplement pas été capable de me sortir du lit, craignant de manquer son appel puisque l’on avait nouvellement déconnecté mon portable et il était hors de question que je parle à mon ex-femme au bureau, alors que n’importe qui pourrait surprendre nos propos. Du moins, les miens. J’avais aussi omis de me présenter à mon rendez-vous chez le psychologue… J’avais bien mieux préféré converser avec le fond de mon Canadian Club.La bouteille, d’ailleurs, roula, vide, sur le sol à mes côtés lorsque mes sens perçurent le bruit lointain de la sonnerie de mon téléphone. Sortant à peine du brouillard, ma main, à tâtons, trouva le combiné que je pressai contre mon oreille, grognant ma salutation. Sa voix distante, froide, parvint à se faire un chemin jusqu’à mon cerveau embrouillé. Elle retournait mon appel… Okay.

« J’attends depuis trois jours.
- J’avais d’autres choses à faire avant de t’appeler, Max. Qu’est-ce que tu veux ?
- Les enfants sont dans leur lit ? »

Je préférai la distraire en parlant des enfants… Nos enfants avaient toujours été le point sur lequel nous nous entendions à merveille. Seulement, dû à mon état volatile, la cour avait jugé préférable de laisser la garde à mon ex-femme, me permettant quelques heures supervisées une fois par deux semaines. Écouter Anya me parler de notre trio de razmoket, réussis à me redonner le courage que j’avais osé chercher dans le fond d’une bouteille de whisky. Seulement, le courage m’avait abandonné et, je sentais plutôt la panique tranquillement monté en moi. Je connaissais assez bien Anya pour savoir qu’elle ne me faisait plaisir qu’en racontant le dernier match de football de notre aîné. Je devinais qu’elle allait éventuellement changer de sujet à sa voix qui devenait quelque peu hésitante.

« … Erik commence à être vraiment stable sur ses pieds. Tellement qu’il essaie de suivre Marcus partout sur le terrain. Max… Enfin, je sais que tu ne m’as pas appelé que pour parler des enfants. Qu’est-ce qui était urgent ?
- Tu as quand même prit trois jour avant de retourner mon appel.
- Commences pas, Max. Tu sais que je suis débordée avec le boulot et les enfants.
- Je sais… Vous me manquez.
- Les enfants te manquent… Pas moi.
- Et j’en suis franchement désolé.
- Si c’est pour me faire perdre mon temps, je te retiens tout de suite, j’en suis pas d’hu–
- Je pense que je suis gay. »

Aussitôt que les mots avaient échappés mes lèvres, une longue plainte m’échappa. Ce n’était pas comme ça que je voulais le dire. C’était la faute de l’alcool. BORDEL ! C’était quoi cette idée de merde, hein ? Boire à m’embrouiller les idées n’était pas mon plan initial, malgré que je m’étais quand même laisser appâter misérablement. Le silence se fit dans mon appartement et au bout de la ligne. Après un moment, je dus regarder le combiner, m’assurer que l’appel n’avait pas été coupé. Non, toujours connecté. Je replaçai le plastique tiède contre mon oreille, fermant à nouveau mes paupières. Du talon de ma main libre, j’écrasai, pour la millième fois en trois jours, mes yeux pour contrer la moindre larme qui oserait rouler le long de ma joue. Je tentai de reprendre contrôle le plus possible, puis m’aventurai à murmurer faiblement le prénom de mon ex-femme.

« Comment ça tu penses être gay ?
- J’en sais rien, Anya.
- Vas te faire voir ! Comment tu peux ne savoir ? C’est évident pourtant ! Non ?
- Je sais, mais, c’est pas simple…. J’arrive pas à—
- On a été ensemble pendant huit ans, Max. Tu penses pas que tu aurais pu t’en rendre compte plus tôt ? Du genre avant que tu me fasses trois gosses ? Avant que l’on se mari ? Oh, je sais pas : peut-être la première fois que tu m’as touché, non ? Tu t’es pas rendu compte que des seins c’est pas ce qui t’allument ? Putain, Max ! C’est quoi cette histoire !
- J’sais pas quoi te dire. Je pensais pas que l’on terminerait comme ça.
- Tu pensais quoi ? Qu’on allait devenir vieux ensemble alors que tu souhaiterais baiser le voisin ?
- Bordel, Anya !
- NON ! Vas te faire voir ! C’était quoi l’espoir que tu avais en me disant que t’es gay ? Que j’allais me mettre à sauter de joie PARCE QUE TU ES MAINTENANT GAY ? EST-CE QUE TU T'ES FOUTU DE MA GUEULE TOUT CE TEMPS ?

Je ne savais pas quoi lui dire. Non, je ne m’étais pas moqué d’elle durant toutes ses années…. Elle avait seulement eu la chance de tomber sur le mauvais gars qui était avec elle pour les mauvaises raisons. Je m’étais accroché à elle parce qu’elle m’offrait tellement d’opportunités, elle m’offrait tellement d’amour que je n’avais pu faire autrement. J’avais abusé de sa confiance à mon propre insu… Insu… Disons plutôt que je m’étais activement voilé la face depuis tellement longtemps… Voilà, j’exposai ma théorie à voix haute pour la première fois de ma vie. Cependant, Anya continua de crier au téléphone, m’insultant sans cesse, trainant dans la boue tout ce que nous avions bâti ensemble. Puis, j’entendis les hurlements de notre benjamin à l’arrière. Normal : avec elle qui m’engueulait sans ménager sa frustration, il ne fallait que quelques temps que nos gamins se réveillent. Erik fut rejoint par les pleurs de Trinity. Anya s’arrêta, me permettant finalement de placer un mot :

« Anya, je suis désolé.
- TU VOIS CE QUE TU ME FAIS FAIRE ? J’VIENS DE RÉVEILLER NO— MES ENFANTS ! J’ESPÈRE QUE T’ES FIER DE TOI, HEIN ? Étouffes-toi avec ta prochaine grande folle ! Vas te faire voir, Max, sincèrement : vas te faire voir. »

Et elle raccrocha. La tonalité se mit à résonner dans mon appartement. Je laissai mon bras tombé en croix et fixai mon plafond. Faiblement, je coupai la ligne à mon tour. J’inspirai profondément une fois, deux fois. Oh seigneur, qu’est-ce que j’avais osé faire ? Pourquoi j’avais fait sortir le chat du sac ? Pourquoi ne l’avais-je pas simplement noyé ? Je me débrouillais si bien, pourtant.

{ ... }
Anya.
J’ai qu’à fermer les yeux et je vois encore son visage. Il est gravé dans ma rétine, gravé dans ma mémoire. C’était la rage qui l’animait. De la rage pure et simple. De la rage qui consume et qui brûle. Ses yeux bleus, habituellement chaleureux et accueillants, s’étaient transformés en pointes d’iceberg. Son regard aurait pu tuer. Et, dans un certain sens, je crois que j’aurai préféré m’y laisser périr. Je n’aurai pas à gérer la suite. Je n’aurai pas à gérer quoique ce soit. La honte, le dégoût, le mépris. Je n’aurai à rien sentir de tout ça. Oui, je perdrais tout d’un coup, mais est-ce que j’allais vraiment m’en rendre compte ? Je serais mort, après tout, et les morts, ils ne se soucient de rien. Ils sont morts. Ils ne sont plus.

Je n’aurai pas à me pointer sur le seuil de chez Sebby. Je n’aurai pas besoin de m’y pointer la nuque courbée, les épaules affaissées et la mort à l’âme. Sebby, il est mon sauveur. Il m’a refilé son apparte sans rien me demander. Il a remarqué mon sac et il m’a fait entrer. Il m’a laissé mettre mes choses dans la chambre qui servait aussi de bureau pour sa mini compagnie de design de site web. Il m’a laissé revenir vers lui, l’air hagard, et il m’a tendu une bouteille de bière et l’on s’est assis devant la télé. On a rien dit. On a bu lentement et on a regardé absentement un film. Il n’a rien demandé, ce qui est rare pour lui. Toujours le premier à sauter sur les mots et à parler. Sebby, il m’a réellement impressionné.

Je devais m’y attendre, mais quand je lui ai dit bonne nuit et que j’ai été me coucher, je l’ai entendu prendre son téléphone. Je l’ai entendu murmurer, mais je n’ai rien compris de ce qu’il disait. Je l’ai entendu marcher à gauche et à droite avant de finalement m’endormir et de me laisser avaler par le néant. Le lendemain, je me suis réveillé à un appartement vide. Sebby m’avait laissé une note sur la table, disant qu’il avait un meeting avec des futurs clients et qu’il allait revenir que tard en soirée. J’ai trainé les pieds toute la journée, tournant en rond sans pouvoir me poser. Je me suis même mis à faire le ménage. Laver la minuscule cuisine, laver la salle de bain, passer l’aspirateur dans tout l’appartement jusqu’à ce qu’on cogne à la porte. Je me suis arrêté et j’ai été ouvrir.

Eireann est là. Petite mais immense devant moi qui me sent microscopique malgré ma taille. Ma semi nudité me parait étrangement déplacé. J’aime le corps que je me suis sculpté suite aux heures passées à m’entrainer, mais aujourd’hui, dernièrement, je déteste tout de moi. Mal à l’aise, je tente de me cacher derrière mon bras, en marmonnant que Sebby n’est pas là. Eireann hausse les épaules, l’air aucunement concernée par l’annonce. Elle entre, prend sa place dans l’appartement et retrousse son nez. L’odeur chimique des produits nettoyant qui lui grillent les neurones. Je ne sais pas pourquoi, mais je m’en excuse. Je m’excuse de l’odeur que je sais qu’elle déteste. « Je vais prendre une douche. » Je me fous de la laisser toute seule. C’est que je dois me trouver une excuse pour disparaitre un moment. Elle me sourit et je me sauve dans la douche.

Quand j’en sors, propre et vêtu de la tête aux pieds, je la rejoins sans grande envie avant de m’asseoir sur le fauteuil qu’elle n’occupe pas. Comme hier, on reste assis en silence, buvant de la bière pêchée dans le frigo de Sebby. J’en suis venu à arracher lentement l’étiquette de la marque de la bouteille lorsque j’entends ma soeur changer de position contre le fauteuil. Elle ne dit rien et j’inspire longuement. « C’est Sebby qui t’a dit de venir ? » Je fais tapoter mes ongles contre le verre de la bouteille, grattant de temps en temps les résidus de papier qui y sont toujours collés. « Oui. Et puis, je voulais savoir comment tu allais… » Je bouge le coin de mes lèvres vers le haut, tentant d’imiter le mieux possible un sourire. Ça doit plutôt être triste comme résultat parce que je la vois du coin de l’œil vouloir s’approcher. Je la laisse faire, me disant, qu’après tout, si je peux faire confiance à quelqu’un… Je peux faire confiance à Eireann.

Ma soeur s’installe à mes côtés et appui sa tête contre mon épaule. On reste tous les deux à fixer le vide, en prenant des gorgées de bières de temps en temps. Je n’ai pas envie de parler. Je n’ai pas envie d’ouvrir la bouche et de faire semblant que je peux fonctionner normalement. Autant en finir. Après tout, Anya sait. Anya le sait et la Terre n’a pas complètement arrêté de tourner. Elle a fait un soubresaut, mais elle tourne toujours. Sebby me le prouve. Bennett me le prouve. Eireann me le prouve. Tout le monde me le prouve. Moi, je reste assis et je regarde la Terre tournée. Une chance que maman et papa ne me voient pas en ce moment. Parce que leur fils n’est pas aussi droit et vertueux qu’il le prétend depuis toutes ses années. Non, il ment, il abuse et il manipule les gens les plus proche de lui. Pas de quoi être fier. Je n’ai pas de quoi être fier.

« Je suis gay. »

Un murmure pas plus haut qu’une prière faite pour Dieu en qui je ne crois plus. Je me raidis, attendant la filée d’insultes que je mérite. La filée d’insultes que je connais par cœur parce que je me la récite depuis plusieurs mois déjà. Depuis qu’Anya et moi battions de l’aile. Un an avant Erik. Un an avant Erik et malgré tout, nous avons fait Erik ensemble. Je suis répugnant, je suis odieux. Eireann, je la sens se tendre. Je le sais parce que moi je le suis au point tel que je vais casser en deux. Je refuse de la regarder parce que je ne veux pas voir la moindre émotion traverser son visage. C’est mieux fixer droit devant. C’est mieux comme ça.

« Sebby ne sait pas. Personne ne sait. Sauf Anya et toi. Et je veux que ça reste comme ça. »

J’entends un sanglot étouffé et je me déteste davantage. Elle a le cœur sur la main, Eireann. Au travers de son visage, elle vit et montre tout. C’est pourquoi je m’efforce de fixer le cadre sur le mur d’en face. Je ne l'ai pas regardé du reste de la journée. Même quand Sebby est revenu et nous a trouvé assis sur le sofa, les bras de ma sœur autour de mes épaules. Il n'a rien dit. Il est aller chercher de nouvelles bouteilles de bières et s'est assis sur l'autre sofa. On a fixé le vide en famille.

{ ... }
Le soleil peinait à pointer le bout de son nez que j’entamai déjà ma deuxième heure de course. Finalement, les premiers rayons matinaux parvinrent à percer les larges nuages vidés de pluie et à les disperser. J’étais trempé jusqu’aux os – par ma sueur, par la pluie – mais je continuai malgré tout. Je ne voulais pas rentrer chez moi, je ne voulais pas voir qui que ce soit. J’allais courir jusqu’à ce que je vomisse le rien que j’avais dans mon estomac, s’il le fallait. Je n’en avais absolument rien à faire. C’était mon anniversaire, mes vingt-huit ans, et un samedi où mes frères, mes sœurs et mes parents allaient débarquer chez moi pour prendre un coup, m’offrir des sourires et des cadeaux, me trainer au restaurant et me ramener à la maison trop saoul pour être capable de penser à autre chose qu’au confort qu’allait me donner mon lit. Cette dernière perspective était alléchante, mais j’allais devoir m’y rendre… Chose qui était loin d’être fait. Enfin, j’avais encore deux heures avant de pouvoir redouter l’arriver soudaine de mon aîné et l’entrée tonitruante de ma cadette. Alors je courais. Peu importe sur mes jambes brûlaient douloureusement à chaque enjambé, peu importe si j’avais un goût métallique en bouche et peu importe si je perdais la sensation dans mes doigts et mon visage : je m’étais déjà pousser bien plus et une toute petite pluie n’allait pas me tuer.

Une voiture ralenti à mon rythme à mes côtés et je ne pris même pas la peine de tourner la tête pour voir de qui il s’agissait. Malgré la réticence de mes muscles endoloris, j’accélérai le pas passant d’un rythme décontracté à un véritable sprint. Ma respiration devint de plus en plus difficile, rauque et superficielle, mais je n’en avais rien à faire. Je reconnaitrai le bruit de ce moteur n’importe où et, sincèrement, aujourd’hui je préfèrerai me refaire poignarder plutôt que de lui parler. Je crois même que ça serait plus agréable de rester étendu dans ma marre de sang une deuxième fois à sentir l’acier tranquillement frotter le dessous de ma clavicule à chacune de mes inspirations que d’échanger le moindre mot de plus avec mon ex-femme. Encore moins si tôt le matin, alors que les gens normaux ne se sont même pas encore tirer du lit et avant même ma première tasse de café. La voiture remonta jusqu’à ma hauteur, fenêtre côté conducteur baissée. Je devais regarder en face de moi, droit devant, pas sur le côté. Courir, toujours courir. Un pas devant l’autre et l’on recommence.

« Max !
- Dégages ! »

Ma cadence ralentie, malgré ma volonté. Mes muscles cessèrent de me porter à une telle vitesse et je me remis à marcher, les mains sur les hanches, la nuque légèrement inclinée vers l’avant, forçant l’air à entrer dans mes poumons ardents en – trop – grande quantité. Anya arrêta la voiture en travers de mon chemin avant de sortir et de se mettre face à moi. Du revers de la main, j’essuyai la sueur et l’eau de pluie qui perlaient sur mon front, ayant de la difficulté à seulement poser mon regard sur elle. Joyeux anniversaire, Max, profites de ta journée… Mon cul oui.

« J’ai pas envie de te parler. Tu peux me laisser aller, s’il te plait.
- Non.
- Évidemment. Qu’est-ce que tu veux ? Je crois que tu as été assez claire la dernière fois que l’on s’est vu. J’ai compris le message. »

Finalement, l’émeraude de mes yeux se posa dans l’onyx des siens et je la vis raidir quelque peu. Je n’avais pas vu mon ex-femme depuis la scène cauchemardesque qu’elle m’avait lancée au visage il y a deux ans. Elle avait débarqué sans prévenir au pub où la plupart des policiers trainent toujours à la fin d’un quart de travail. J’y étais présent et buvais ma pinte sans déranger personne lorsqu’Anya, comme une furie, avait explosé. Depuis l’Appel, nous n’avions pas eu d’autre contact et la voilà qui débarque en bombe, gueulant que j’essayais de mettre les enfants contre elle et que j’avais insinué qu’elle était une mère merdique devant tous mes collègues. Sincèrement, cette journée-là, Anya m’avait vraiment foutue la trouille. Elle ne ressemblait en rien à la femme que j’avais cru connaitre durant nos huit années communes. Elle était enragée contre la vie et plus particulièrement contre moi alors que je n’avais, à ma connaissance, rien fait de mal. Anya avait continué à extérioriser ses frustrations jusqu’à ce qu’elle lâche que je l’avais complètement ruiné pour une prochaine relation avec un autre homme. À cela, tout le monde avant cesser de parler et s’était retourné vers elle, à l’affut. Et puis, comme une folle, elle lâcha qu’elle ne pouvait pas s’empêcher de se demander si son prochain homme n’allait pas se servir d’elle pour oublier le fait qu’il était gay. Celle-là, je l’avais encore sur le cœur, deux ans plus tard.

« Je regrettes, Max.
- J’en ai rien à faire.
- Ouais, je vois ça.
- Donc, pourquoi t’es là ? »

Elle croisa ses bras contre sa poitrine, plantant son regard dans le mien, autoritaire comme au premier. Incapable de prendre le moindre commentaire sarcastique lorsqu’elle était en mission. Restait plus qu’à savoir ce qu’était cette mission.

« Pourquoi tu as été dire à Erik que t’es malheureux ?
- C’est pas évident ? »

Je levai les bras de chaque côté de moi, lui faisant comprendre, par ce geste, de me regarder de la tête aux pieds. Je n’avais pas besoin de dire plus, je n’étais plus que l’ombre de l’homme que j’avais autrefois été. Je repris la parole, la coupant sans même prendre la peine de m’en excuser.

« Je lui ai simplement expliqué que, non, je n’étais pas heureux.
- Pourquoi tu lui as dit ça ? C'est qu'un gamin bordel !
- Parce qu’il m’a carrément demandé d’arrêter d’être heureux pour que l’on puisse revenir ensemble. »

Ça m’avait brisé le cœur que mon petit dernier m’avait regardé avec ses grands yeux foncés m’avait dit qu’il avait trouvé le moyen pour que Anya et moi redevenions un couple : Je n’avais qu’à cesser d’être heureux et le tour serait jouer. J’avais dû tourner ma langue sept fois dans ma bouche avant de lui répondre. Nécessairement, Erik avait surpris une conversation « d’adultes » et avait compris ce que son cerveau d’enfant pouvait comprendre. C’était une discussion que je n’étais pas prêt d’avoir avec eux. D’abord, faudrait-il que je m’assure réellement. C’était pas gagné.

« T’aurais dû le voir. Il m’a carrément supplié d’arrêter d’être heureux, d’être ‘gai.’ Tu veux que je lui dise quoi ? Il a trois ans, merde !
- Il t’a vraiment demandé ça ?
- Oui. Et merci à toi, hein. Comment tu veux que j’explique à nos trois gamins alors que je passe le plus clair de mon temps à ne pas y penser ! »

Je la vis hésiter. Elle avait fait un pas vers moi alors que j’en faisais un vers l’arrière. Je n’avais pas envie de sa pitié, je n’avais pas envie d’un contact physique ou l’espérance d’un. Nous étions divorcés depuis trois ans, alors, j’avais su faire sans sa présence à mes côtés, sans ses mains contre ma peau. Je savais faire sans, je n’aimais pas cette femme. C’était une illusion que je m’étais forcé à croire depuis trop longtemps… mais je n’aimais pas Anya. Je l’avais apprécié, elle avait été ma meilleure amie… Mais je ne l’avais pas aimé. Elle se recomposa à la vitesse de l’éclair, fourrant ses doigts gelés dans les poches de son manteau, expression calme et en contrôle.

« Je viens t’offrir ton présent.
- Mon quoi ?
- Ton présent. J’ai pas oublié, c’est ton anniversaire, aujourd’hui. »

Je la regardai, suspicieux, fronçant quelques peu mes sourcils. Anya haussa les épaules, inébranlable. Elle respirait la confiance que je lui enviais, dernièrement.

« Ça reste entre toi et moi... Mais si tu veux les enfants pour le weekend… Ils sont à toi.
- Ma famille débarque chez moi dans une heure.
- S’ils ne te déclarent pas, il est où le problème ?
- Je te les ramène dimanche avant ou après le dîner ?
- C’est toi qui vois. Tu veux que je te ramène chez toi ?
- Non, ça va, ça va. Je vais courir.
- T’es tout bleu, Max. Arrête de faire le mâle farouche et embarques. »

J'hésitai encore un bon moment, avant de finalement céder. Je ne peux pas dire que me retrouver si près d'elle après tout ce temps fut si agréable... La route se passa dans le silence des plus profond. Pas de musique, que le vrombissement du moteur et ma respiration toujours un peu haletante. J'essaie de rester concentré sur l'essentiel : j'allais passé le weekend avec mes enfants. Un weekend complet. Je n'y croyais pas...

{ ... }

©aslinn.


Dernière édition par Maxen Shaw le Mar 20 Mai - 5:02, édité 3 fois
Revenir en haut Aller en bas
Marshall Schrödinger

∾ Incantations : 141
∾ Avatar : Michael Fassbender
∾ Job : Avocat de la défense au criminel


Infos supplémentaires
Relation du perso:

MessageSujet: Re: shaw | tame the ghosts in my head that run wild and wish me dead   Sam 10 Mai - 12:26

MAXEN Y'ER LÀ.



Muhahahahaha    

   (ce smiley est vraiment là deux fois, c'est pour qu'on en abuse)







PLEIN D'AMOUR DE NAGRON      
Revenir en haut Aller en bas
Louisianna Inch-Conrad

∾ Incantations : 897
∾ Avatar : Emily Browning
∾ Job : Infirmière en pédiatrie


Infos supplémentaires
Relation du perso:

MessageSujet: Re: shaw | tame the ghosts in my head that run wild and wish me dead   Sam 10 Mai - 12:34

BOOYAAAAAAAAAH

_________________
Sharing different heartbeats

We had a promise made ; We were in love. Both under influence, we had divine scent to know what to say. Mind is a razor blade

Revenir en haut Aller en bas
http://mistymorning.forumgratuit.fr
Invité
Invité


MessageSujet: Re: shaw | tame the ghosts in my head that run wild and wish me dead   Sam 10 Mai - 17:04

Huhuuuuuu Maxen   
Revenir en haut Aller en bas
Louisianna Inch-Conrad

∾ Incantations : 897
∾ Avatar : Emily Browning
∾ Job : Infirmière en pédiatrie


Infos supplémentaires
Relation du perso:

MessageSujet: Re: shaw | tame the ghosts in my head that run wild and wish me dead   Jeu 22 Mai - 19:08

TRINIIIIIIIIIE *-*
Quand son fils lui dit d'arrêter d'être gai ... FEELS ! c'triste T-T
Bref, tu es validéééééééé   
Tu connais la maison, ma lampe   

_________________
Sharing different heartbeats

We had a promise made ; We were in love. Both under influence, we had divine scent to know what to say. Mind is a razor blade

Revenir en haut Aller en bas
http://mistymorning.forumgratuit.fr
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: shaw | tame the ghosts in my head that run wild and wish me dead   

Revenir en haut Aller en bas
 

shaw | tame the ghosts in my head that run wild and wish me dead

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Mon premier jeux: Basket Head!!!!!!
» cold-fx/gratuit limited edition don cherry bobblehead
» [CLIP] Blockhead - The Music Scene
» où insérer du javascript dans phpbb3
» HELP! Ou est la Boite à outils? Rubrique effacée par erreur...

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Misty Morning :: II. ECUME DES JOURS ::  Bouteille à la mer :: 
Welcome Home
-